Il reconnaît avoir frappé son ancienne compagne avec un marteau avant de l'étrangler

Un homme de 44 ans est suspecté d'avoir tué son ancienne compagne le 7 juin à Périgny près de La Rochelle. Condamné à 19 reprises pour des délits routiers et des violences aggravées, il était sorti de prison le 2 juin.

Un panneau lors du lancement du Grenelle contre les violences conjugales en 2019
Un panneau lors du lancement du Grenelle contre les violences conjugales en 2019 © Thomas Padilla/MAXPPP

Un homme de 44 ans a été mis en examen ce mercredi pour le meurtre de son ex-compagne, selon le procureur de la République de La Rochelle qui précise que le suspect a fait des aveux.

Il a reconnu qu'il avait perdu tout contrôle et avait frappé son ancienne compagne avec un marteau avant de l'étrangler avec sa ceinture" dans l'appartement de Périgny qu'ils avaient occupé au cours de leur relation de près de quatre ans,
Laurent Zuchowicz, procureur de la République de La Rochelle

Le corps sans vie de Barbara Besey, 47 ans, a été retrouvé le 8 juin dans l'ancien appartement conjugal, situé à Périgny, près de La Rochelle en Charente-Maritime. Le meurtre se serait déroulé la veille, le dimanche. La victime avait annoncé à son ex-concubin son intention de rompre.

Libération conditionnelle

"La victime lui avait annoncé qu'elle mettait un terme à leur relation et qu'elle venait de rencontrer une autre personne, mais elle avait tout de même été le chercher à la prison", détaille le procureur qui précise que le quadragénaire, incarcéré à Poitiers, bénéficiait d'une "libération conditionnelle un mois avant" sa fin de peine.

Le suspect sorti de prison le 2 juin, vivait très mal l'annonce de cette rupture, il se serait rendu le 4 juin chez le nouveau compagnon de son ex-compagne. Il s'était alors montré "véhément" selon le parquet de La Rochelle.

L'ex-couple a finalement convenu d'un rendez-vous le dimanche 7 juin afin que la femme puisse récupérer des clés. La victime ne donnant plus de nouvelles, sa disparition a alors été signalée le lendemain au commissariat de La Rochelle.

Un passé judiciaire

Le suspect a été condamné à 19 reprises entre 2002 et 2019, principalement pour des délits routiers mais aussi pour violences aggravées, il venait de purger trois condamnations pour des infractions routières, pour un total de huit mois de prison, au centre pénitentiaire de Poitiers-Vivonne.

L'ex-compagnon a été interpellé, ivre, dans sa voiture stationnée sur le parking du commissariat de La Rochelle.

Un dispositif pour prévenir les féminicides

En 2019, au moins 126 femmes ont été tuées par leur compagnon ou ex, soit une femme tous les trois jours en moyenne.

Pour tenter de prévenir les féminicides dont le bilan est impressionnant, le parquet de Saintes en Charente-Maritime, a lancé en septembre 2019, un dispositif innovant de "contrôle renforcé" des auteurs de violences conjugales (voir encadré).

Moins d'un an après le lancement de cette expérimentation inédite en France, cette méthode de prévention va être étendue à l'échelon départemental et proposée à d'autres parquets.

Nous sommes en train de modéliser ce dispositif à l'échelon national, je sais déjà que le parquet de Dax va le mettre en place, d'autres juridictions pourront aussi l'adopter.
Nicolas Septe, procureur de Saintes

Selon le procureur de Saintes, le bilan est positif.

Nous avons pu mesurer l'efficacité du contrôle renforcé. Il permet une grande réactivité pour prendre en charge l'auteur de violences conjugales et éviter les féminicides.
Nicolas Septe, procureur de Saintes

L'expérimentation a pu être évaluée à l'aune d'une période marquée par une recrudesence des violences au sein des familles. "Pendant la période de confinement, on a enregistré une résurgence de 30% des violences conjugales" avertit le procureur de Saintes. 

Eviter le passage à l'acte

L'objectif du parquet est que l'auteur se sente pris en charge dans ses problématiques de soins et d'emploi. Il doit respecter les interdictions de rencontrer la victime et de paraître à son domicile, 

Sur les 40 auteurs de violences conjugales identifiés sur un bassin de population de 300.000 habitants, 20 ont été intégrés dans le dispositif, 4 ont été incarcérés pour ne pas avoir respecté les interdictions d'approcher la victime.

"Il y a eu 4 incarcérations qui ont pu éviter le passage à l'acte", certifie Nicolas Septe, "l'auteur est ainsi incarcéré avant le jugement".

Le procureur de Saintes vient de recevoir le feu vert de la chancellerie pour pérenniser le dispositif en Charente-Maritime avec une dotation de l'Etat de 270.000 euros. 

Le drame s'est déroulé rue de Chagnolet à Périgny en Charente-Maritime.

Reportage de  Frédéric Cartaud, Pascal Simon et Alexia Rouy :

 

Le dispositif de suivi renforcé, comment ça marche ?
Le dispositfi de contrôle renforcé intervient avant le jugement dans le cadre de l'enquête classique suite à une plainte d'une victime ou d'un signalement. A l'issue de la garde à vue, la personne est déférée au Parquet. Le procureur en concertation avec le juge fixe alors des obligations à respecter dans le cadre d'un contrôle judiciaire. Cette phase d'observation qui intervient avant le jugement dure six mois.

Les clés du dispositif
  • Le public visé est celui des délinquants récidivistes qui passent à l’acte violent très régulièrement sous l’influence de l’alcool et ou des stupéfiants.
  • Ce suivi renforcé est proposé par le Parquet, avec l’accord du délinquant, dans le cadre d’un déferement et d'un placement sous contrôle judiciaire d'une durée maximum 6 mois avant son jugement par la juridiction correctionnelle.
  • Lors de l’audience de jugement, le tribunal correctionnel dispose d'un rapport précis sur le suivi renforcé et peut en tenir compte lors du prononcé de la peine.
  • Si elles le souhaitent, les victimes qui se sentent en danger, peuvent se faire remettre un "téléphone d'urgence" pour signaler les incidents.
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