"On se sent abandonnés" : six mois après le séisme en Charente-Maritime, les sinistrés en larmes face au préfet

Le 16 juin 2023, un séisme frappait la Charente-Maritime et causait d'importants dégâts matériels. Ce samedi 20 janvier 2024, un point de situation était organisé ce samedi matin à la mairie de Cram-Chaban par la préfecture. Objectif : faire le point avec les sinistrés, écouter leurs témoignages, et présenter les actions engagées pour les accompagner.

Dans la salle des fêtes de la mairie de Cram-Chaban, l'émotion est vive. Brice Blondel, le préfet, faisait face ce samedi matin à des familles à bout, des victimes du séisme du 16 juin 2023. Pour rappel, trois tremblements de terre avaient secoué le Poitou-Charentes ce jour-là. En quelques heures, Une centaine de bâtiments avait été rendue inhabitable par les secousses. Un drame pour les habitants du secteur.

Maud est une victime du séisme. Elle et sa famille ne peuvent plus habiter dans leur maison depuis le 16 juin, un véritable crève-cœur pour son mari et leurs quatre enfants. Derrière, les démarches administratives n'aboutissent pas. "Le premier expert de l’assurance n’a comptabilisé que la moitié de la maison. Un bureau d'études est passé, mais ça n'avance pas. On ne nous écoute pas, on aimerait que la maison soit rasée et reconstruite aux normes sismiques."

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Des témoignages bouleversants

Maud et sa famille attendent désespérément une aide financière de la part de l'État et des assurances. "On est six dans un mobile home avec quatre enfants. À partir du 25 mars, on va devoir payer le prêt de la maison et le loyer. Ma grande fille est à l'internat à La Rochelle, et ça coûte 600 euros par trimestre. Je fais quoi ? Je n'aurais jamais cru arriver dans une région et descendre aussi bas", craque Maud.

Quand on met toutes nos économies pour acheter une maison et mettre en sécurité notre famille, et en trois secondes tout est mis par terre, c’est compliqué à gérer. 

Maud

Victime du séisme du 16 juin 2023

"Ce sont des traumatismes pour notre famille. Psychologiquement, les enfants et nous prenons des claques. En plus d’être dans un 40 m² à cinq, ce n'est pas simple tous les jours." "J’essaye d'être sereine, mais c'est difficile. Je ne peux pas me projeter, on vit au jour le jour et c'est pénible", confient des sinistrés.  

"Vous n'êtes pas des oubliés"

Pendant trente minutes, les témoignages s'enchaînent. Le préfet écoute avec attention les habitants, avant de prendre la parole. "Je comprends votre émotion. Cela fait six mois que vous êtes dans l'incertitude, c'est assez normal de craquer, c'est humain. Vous n’êtes pas oubliés", répond Brice Blondel.

Au micro de France 3 Poitou-Charentes, le préfet assure que l'État est aux côtés des sinistrés depuis ce 16 juin 2023. "Les gens expriment leur désarroi devant nous, ils ne savent pas comment se projeter. Leur situation actuelle n'est pas confortable, ils ont besoin qu’on les accompagne."

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La préfecture a mis en place 30 nouveaux mobil-homes pour loger temporairement les sinistrés, et des efforts financiers ont également été promis. "On va baisser la facture de ceux qui n'ont plus de prises en charge assurance, ni droits au fond d’aide au relogement d’urgence. On veut leur apporter des réponses concrètes, essayer de répondre aux difficultés financières pour les crédits que les banques n'ont pas voulu suspendre."

"On va monter une cellule pour réunir les assurés et les assureurs, pour être capable de répondre au plus vite et au mieux à la situation de chacun. On a su répondre à l’urgence, on doit maintenant s'inscrire dans la durée et faire du cas par cas. Je prends le pari que dans deux mois, on aura su apporter aux gens des réponses concrètes et qui répondent à leurs besoins dans la durée", promet Brice Blondel.

Une nouvelle réunion est prévue le 10 février prochain entre les sinistrés, la préfecture et les élus. Elle servira à faire le point sur les aides financières et fiscales dont peuvent bénéficier les sinistrés de Cram- Chaban et de La Laigne.