Rétro Sports : 10 août 2012, le jour où Renaud Lavillenie a touché les étoiles olympiques

Il y a huit ans, le Charentais décroche l'or aux Jeux de Londres. A l'issue d'un concours incroyable où il a montré son talent et sa force de caractère.
© AFP ImageForum
Ce matin du dix août, lorsqu'il se réveille dans sa chambre du village olympique, Renaud Lavillenie ne le sait pas encore même s'il en rêve. Dans quelques heures, il va devenir le troisième champion olympique français après Pierre Quinon en 1984 à Los Angelès et Jean Galfione en 1996 à Atlanta. La France attend depuis seize ans.
Renaud n'a que dix ans lors de la dernière médaille d'or tricolore.
A Londres, il vole sur ses vingt-six ans, le 18 septembre. Avec un mois d'avance, l'enfant de Barbezieux-Saint Hilaire en Charente, va s'offrir sur le plus beau de tous les cadeaux.

Un début de concours parfait


Le sauteur charentais s'est qualifié en finale avec son compatriote Romain Mesnil.
Il est le grand favori mais en saut à la perche, cela ne veut rien dire. Car tout se joue sur un fil, encore plus dans un concours olympique où la pression est colossale.
Il faut du cran, du tempérament et le meilleur mondial n'en manque pas. 
Renaud le sait. A ce niveau, il faut mettre la pression sur ses adversaires d'entrée.
Il réussit 5m65, 5m75 et 5m 85 à son premier essai. 
Derrière, les rangs commencent à s'éclaircir. Désormais, ils ne sont plus que deux à pouvoir le priver du titre. Les Allemands Björn Otto et Raphael Holzdeppe. 
Le dernier français en lice est assuré d'être au minimum en bronze. Mais il n'est pas à Londres pour ça.

A 5m91, ça se complique


Mais Renaud Lavillenavie va trembler. Il rate son premier essai à 5m91, ce qui plombe l'ambiance dans le camp tricolore. Car les Allemands passent tous les deux. 
Alors avec son coach Philippe d'Encausse assis en tribunes près de la course d'élan du sautoir, il décide de faire l'impasse sur cette hauteur. 
Le saut à la perche est une partie d'échecs, où il faut jouer avec sa tête et les nerfs de ses adversaires. "Il faut être capable de faire le bon saut, au bon moment" dit-il souvent. 
Alors il conserve ses deux derniers essais et demande la barre à 5m97. La tension monte encore d'un cran.

Le saut de l'or

Ses concurrents ratent, lui aussi. 
Il ne lui reste plus qu'une seule tentative pour être champion olympique.
La pression est maximale. Le camp français est en apnée. 
La course d'élan est parfaite, l'impulsion également et le Charentais passe la barre!
Le stade, qui soutient le français, exulte. Il hurle sa rage, les poings serrés. 
Ses adversaires sont K.O debout. 
Renaud le sait, il vient de frapper un grand coup, probablement décisif.

Champion olympique


Otto et Holzdeppe échouent. Le Français est champion olympique, record des J.O à la clé. Les larmes coulent dans le camp tricolore. Il peut savourer son exploit:
"c'est un moment extraordinaire. J'avais de bonnes sensations, le concours était incroyable. J'étais dos au mur lors de mon dernier saut. C'est un sentiment indescriptible". 
Seize ans après Jean Galfione, un tricolore décroche l'or aux J.O.
Renaud entre dans l'histoire du sport français et mondial.
Encore un peu plus deux ans plus tard le 15 février 2014 lorsqu'il franchit 6m14 à Donetsk pour battre le record du monde de la légende Sergeï Bubka.
Aux Jeux Olympiques de Rio en 2016, il perd certes son titre mais obtient tout de même une belle  médaille d'argent dans un concours marqué par les sifflets du public brésilien à son encontre.

Un palmarès aussi long qu'un été sans les Jeux



Le report à l'été 2021 des Jeux de Tokyo oblige Renaud Lavillenie à patienter avant de relever le dernier défi de son immense carrière. 
Le Charentais a tout gagné, sauf les Mondiaux en plein air:
1 titre olympique, trois du monde en salle, trois d'Europe en extérieur, quatre en salle... Il est aussi le premier athlète, toutes disciplines confondues, à avoir remporté les sept premières éditions de la Ligue de Diamant, qui regroupe les compétitions du circuit international, de 2008 à 2016. 
Sans oublier la Légion d'Honneur pour cet immense champion














 
Renaud Lavillenie champion olympique à Londres
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