Colère des agriculteurs bio face à la réforme de la PAC : manifestation ce 2 juin pour ne pas se retrouver à poil

La Fédération nationale de l’agriculture biologique (FNAB) lance un appel à une journée de grève mercredi 2 juin. Dans plusieurs départements de la Nouvelle-Aquitaine, les agriculteurs seront aussi dans la rue.

Irène Carrasco, prunicultrice du Lot-et-Garonne (47) se met à nu pour protester contre la baisse des aides pour l'agriculture bio.
Irène Carrasco, prunicultrice du Lot-et-Garonne (47) se met à nu pour protester contre la baisse des aides pour l'agriculture bio. © Irène Carrasco

Entre choc et colère. “Le gouvernement met les agriculteurs bio à poil”, c’est sous ce slogan que la fédération nationale de l’agriculture biologique (FNAB) monte au créneau après l’annonce des nouveaux arbitrages concernant la politique agricole commune (PAC). 

La colère gronde

Les agriculteurs bio de la région Nouvelle-Aquitaine battront eux aussi le pavé, à Paris ou sur tout le territoire, le 2 juin, pour signifier leur crainte de voir les aides au bio baisser avec les nouveaux arbitrages de la PAC (politique agricole commune) 2024-2027.

Dans le département du Lot-et-Garonne, la colère gronde chez les exploitants agricoles biologiques.

Irène Carrasco, présidente d’AgroBio47,  est choquée par la baisse des aides à venir. Elle aussi a souhaité poser “nue”, avec une pancarte, pour signifier le sentiment de vouloir mettre l’agriculture bio à poil. 

Le territoire du Lot-et-Garonne est fortement engagé dans l’agriculture biologique alors il était important de montrer l'exemple et expliquer le manque à gagner à venir.

 

Beaucoup de producteurs bio ont fait des photos pour expliquer la perte des aides et nous n’atteindrons pas les 15 % de bio en 2022, comme c’était l’objectif du Ministre de l’Agriculture

Irène Carrasco, présidente d’Agrobio47

Selon AgroBio, la baisse des aides serait de 66 %. “A titre personnel, je vais perdre 17.000 euros d’aides” s’insurge Irène Carrasco, présidente d’AgroBio47.

Je suis choquée que l’on puisse nous faire une telle proposition.

Irène Carrasco, présidente d’AgroBio47

Travailler pour des prunes

C’est selon la productrice villeneuvoise “un coup de frein au bio et un coup de pouce à l’HVE (la Haute Valeur Environnementale)” précise Irène Carrasco.
Cette certification environnementale est accordée aussi bien aux agriculteurs biologiques qu’aux autres. “Ca c’est inacceptable, il n’y a pas de comparaison entre nous, même s’il y a un effort de fait de leur côté” ajoute-elle.

Elle lance un cri d’alarme face à l’avenir préoccupant : “les conversion (en agriculture biologique, ndlr) vont ralentir. Il y a déjà tellement de contraintes que les producteurs en conventionnel n’iront pas vers la conversion” s’indigne la prunicultrice.

Nous sommes bien loin d’atteindre les 25 % en agriculture bio en 2030 dans l’Union européenne.

Irène Carrasco, présidente d’AgroBio47

Le mouvement prend de l’ampleur et pour se faire entendre, de nombreux agriculteurs bio du Lot-et-Garonne posent à leur tour en “tenue d'Eve” sur les réseaux sociaux via la page Facebook d'AgroBio47 .

La productrice de prunes de Villeneuve-sur-Lot demande aussi à être entendue par la Préfecture de son département. Une délégation ira le 2 juin à Agen pour rencontrer le préfet du Lot-et-Garonne.

Un poil choquée !

Direction Vianne, toujours dans le Lot-et-Garonne. Autre lieu, autre métier mais toujours en agriculture biologique. Ici, c’est une viticultrice qui a posé nue derrière une affiche pour la bonne cause. “Je suis agricultrice bio et je vais perdre en moyenne - 66 % d’aides par an” peut-on lire sur l’écriteau. 

Elle aussi sera présente sur la manifestation du 2 juin pour soutenir l’agriculture biologique. Elle ne sera pas du cortège parisien  "on agit en local, on reste en local" présice la viticultrice qui rejoindra ses collègues à la Préfecture d'Agen si elle le peut.

Audrey Chassenard, domaine Salisquet à Vianne (47), viticultrice bio.
Audrey Chassenard, domaine Salisquet à Vianne (47), viticultrice bio. © Audrey Chassenard

Son engagement est plus coup de gueule par souci de cohésion avec les agriculteurs biologiques ."A la base, je n'ai pas beaucoup d'aides donc c'est par solidarité" explique la viticultrice bio.

Je possède 10 hectares, la PAC me donne 150 euros par hectare.

Audrey Chassenard, viticultrice bio

En colère, elle voudrait bien comprendre la raison pour laquelle les aides sont diminuées. "Pourquoi réduire notre budget à nous agriculteurs bio ?" s'insurge-elle.

Des Périgourdins en colère

En Dordogne, les agriculteurs bio battront aussi le pavé à Périgueux, pour protester contre la réforme de la Politique agricole commune (PAC). AgroBio Périgord et la Confédération paysanne de Dordogne seront ensemble pour montrer leur désapprobation face aux arbitrages ministériels dans la cadre de la PAC 2024-2027.

Ils montrent déjà eux aussi leur mécontentement de manière très singulière, certains posant “nus” sur les réseaux sociaux pour marquer les esprits et ainsi dénoncer la baisse à venir des aides à l'agriculture biologique.

Avec les hashtag #LabioApoil ou encore #LaBioPourTous dans plusieurs départements, les agriculteurs veulent montrer leur désapprobation et le sentiment d’être bientôt dépouillés selon eux.

Les salariées d’Agrobio Périgord ont aussi souhaité symboliser la perte des aides au bio.

Une mise à “nu” pour montrer leur colère au Ministre de l’agriculture, Julien Denormandie.

Les agriculteurs bio de Dordogne seront dans la rue le 2 juin devant la Préfecture de Périgueux dès 13 heures avant d’être reçus par le Préfet à 14 heures.

La fédération nationale de l’agriculture biologique (FNAB) appelle aussi à manifester à Paris le 2 juin sous les balcons du Ministre de l’Agriculture Julien Denormandie.

 

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