Corrèze : l'idée de supprimer les sapins de Noël à Bordeaux inquiète les pépiniéristes locaux

Les sapins qui décorent habituellement la ville de Bordeaux pendant la période de Noël sont des "arbres morts" pour le maire Pierre Hurmic. Il n'en veut plus sur les places. Une décision qui a de quoi inquiéter les producteurs corréziens qui fournissent la ville.

Les sapins de Bordeaux viennent très souvent des forêts corréziennes.
Les sapins de Bordeaux viennent très souvent des forêts corréziennes. © Pierre Gauthier - France Télévisions
La décision du maire de Bordeaux, Pierre Hurmic, de supprimer le sapin de Noël agite la Haute-Corrèze. Surtout Philippe Mauss, propriétaire forestier réputé sur le plateau de Millevaches, qui avait pour habitude de fournir la ville en sapins. 

"J'ai été surpris par cette décision, réagit-il. Cette décision est prise en méconnaissance totale de la filière." Selon lui, la culture du sapin est faite de "la manière la plus écologique possible" "En Corrèze, on n'utilise pas d'engrais, pas de pesticides, pas de désherbants, détaille le producteur. Quand on vend un million d'arbres, on plante dix fois cette quantité pour avoir une rotation puisqu'il faut 10 ans pour faire un arbre de Noël d'à peu près un mètre."

Un des sapins qui devait s'imposer sur une place bordelaise avait déjà été choisi. La décision de Pierre Hurmic ne va malheureusement pas changer son destin : "Ce sapin, s'il ne finit pas en arbre de Noël, il finit dans la filière bois : soit en palette, soit en poutre soit en pelé pour le chauffage." 

30% de la clientèle en péril ?

La rupture du contrat avec ce Corrézien inquiète les éleveurs du plateau qui ont trouvé dans le marché des arbres de Noël un nouveau débouché. "Si cette décision fait effet boule de neige, ça va compromettre beaucoup de revenus de beaucoup d'agriculteurs", avance Philippe Mauss. Romain Bunisset, éleveur et producteur de sapins de Noël, estime en effet que les collectivités représentent 30% de sa clientèle. Plus qu'un complément, c'est aujourd'hui la base de son revenu. Il craint que la décision du maire de Bordeaux n'influence d'autres édiles.

Une décision qui n'est pas gravée dans le marbre

Pour cette année, Philippe Mauss est toujours en relation avec la ville de Bordeaux. Il est prêt pour la livraison, en décembre, de 300 sapins de Noël aux écoles - à moins que d'ici-là, la mairie préfère, là aussi, rompre le contrat.

La décision du maire EELV de Bordeaux pourrait toutefois être modifiée d'ici la fin de l'année. Une pétition a été lancée pour la contester. Elle compte ce mardi 15 septembre plus de 12 000 signatures. L'équipe municipale va "prendre en compte la dimension de la pétition, elle émet un signal fort, il faut l'entendre, et s'il y a une demande qui paraît importante, on va lancer une consultation plus large de tous les Bordelais et pas uniquement les signataires, avec des propositions alternatives", a indiqué Didier Jeanjean, l'adjoint au maire chargé de la nature en ville, à l'AFP.
 
RAPPEL : le sapin artificiel n'est pas plus écolo que le sapin naturel
Si effectivement l'achat d'un sapin artificiel peut s'avérer plus "pratique", il est souvent composé de matières plastiques issues de produits pétroliers. La majorité de ces sapins provient d'Asie, autant vous dire que l'empreinte carbone est importante. Pour compenser son impact sur l'environnement, il faudrait le garder au moins 20 ans.
Surtout, si vous ne pouvez pas faire autrement, essayez de le choisir sans neige artificielle, sans peinture car il s'agit de produits chimiques qui libèrent des molécules polluantes dans votre habitat.

Le sapin naturel, lorsqu'il est planté et qu'il grandit, favorise le stockage du C02. Une fois coupé, il peut être recyclé, ou replanté s'il a été acheté en pot.  
 
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