Arbitre de foot agressé, il témoigne

Publié le Mis à jour le
Écrit par Cécile Gauthier
Vincent Caron ne souhaite plus jamais arbitrer de matchs de district
Vincent Caron ne souhaite plus jamais arbitrer de matchs de district © Jean-Marie Arnal - France Télévisions

Le 7 novembre 2021, Vincent Caron, un arbitre fédéral, a été agressé à l'issue d'un match de district par un joueur de l'équipe d'Allassac (Corrèze). Après une semaine il accepte de témoigner. Le joueur pour sa part, pourrait être radié à vie des terrains de football.

Dimanche dernier à Saint-Germain-les-Vergnes (Corrèze), Vincent Caron arbitrait la rencontre qui opposait le club local à celui d'Allassac (Corrèze).
Au coup de sifflet final, il a été victime de violences de la part d'un joueur d'Allassac. "Les joueurs commencent à me serrer la main et puis tout à coup, il y a un joueur d'Allassac, l'agresseur, qui m'attrappe par le col et qui conteste. Il commence à contester un peu tout, même les hors-jeu. Je lui dit "reculez Monsieur", parce qu'on ne touche pas un arbitre, et je prend le carton rouge, enfin j'ai même pas eu le temps de le sortir, il m'a donné un coup de poing, vraiment un bon coup de poing. J'ai été projeté au sol."

Une agression pour laquelle il a déposé plainte. En 15 ans d'arbitrage, Vincent Caron n'avait jamais vécu cela. 11 jours d'intérruption de travail et du mal à s'en remettre émotionnellement. "Physiquement ça va mieux, mais c'est moralement, psychologiquement c'est très difficile. Je peux paraître un peu gaillard comme ça mais psychologiquement c'est difficile quand on reçoit un coup comme ça. Je pensais que ça n'arrivait qu'aux autres vraiment. Je pensais que ça n'allait jamais m'arriver."

"Cela fait 15 ans que j'arbitre, j'ai arbitré 10 ans en France et 5 ans en Angleterre, pourtant en Angleterre les supporters sont réputés pour être virulents, mais je n'ai jamais eu de problème. C'est la première fois.". "L'arbitre représente l'autorité, c'est comme les forces de l'ordre, comme le professeur à l'école, c'est un phénomène de société, on s'attaque à l'autorité. Les agresseurs n'ont plus peur de rien."

Corentin, 16 ans, jeune arbitre assistait Vincent Caron lors de ce match. Il dit lui aussi avoir été victime de violences verbales de la part de supporters d'Allassac : "Quand il y avait un but pour Allassac au début du match, je le mets hors-jeu, parce que le joueur était hors-jeu. Le but a été refusé et des supporters d'Allassac, m'ont insulté 3, 4 fois, j'étais un peu choqué, j'étais un peu déçue, j'avais un peu peur. Cela fait 3 ans que je suis arbitre, c'est la première fois que je vois ça." Après cet évènement, le jeune homme, remet même en question la poursuite de sa passion de toujours : "Je n'arrive pas à oublier cette agression, j'y pense toujours, je vais essayer de continuer l'arbitrage, mais si ça recommence, peut être que j'arrêterai."

Quand à Vincent Caron, il a pris une décision radicale et souhaite prendre du recul par rapport à sa fonction. Il est arbitre en Régional 1 et fédéral pour le futsal, ce match, il l'a arbitré pour rendre service au district, c'était la dernière fois.  "J'ai envoyé un e-mail au district pour leur dire que je ne voulais plus arbitrer en district. C'est terminé. Même pour leur rendre service, je ne le ferai plus. En revanche, je continuerai à faire du bénévolat en allant voir les jeunes qui débutent l'arbitrage. Concernant la ligue et la fédération, j'ai pris 15 jours d'arrêt, pour réflechir, comprendre tout ce qui se passe, et puis parce que je ne suis pas capable de reprendre tout de suite."

A l'issue du match, l'agresseur a immédiatement été exclu de son club.  Des faits rares mais suffisamment violents pour que la Ligue de Nouvelle Aquitaine vote la possible radiation à vie de ce joueur. Une sanction qu'elle est la seule à appliquer en France.

"Le principe, quand les faits sont avérés, c'est la possible radiation à vie. 10 ans, 15 ans de radiation, ce sont des peines que l'on connait, mais au sein de notre ligue on souhaite vraiment bannir ce genre d'agissements. Il y a la présomption d'innocence, la commission de discipline doit faire son travail. Si jamais elle établit clairement que le fautif n'a absolument aucune excuse, voilà la position de la ligue," précise Saïd Ennjimi, président de la Ligue de Football de Nouvelle-Aquitaine et ancien arbitre international. 

Le principe, quand les faits sont avérés, c'est la possible radiation à vie.

Saïd Ennjimi, président de la Ligue de Football de Nouvelle-Aquitaine

Dans quelques semaines, la commission de discipline s'exprimera sur le sort du footballeur. En attendant, les deux présidents de clubs présents dimanche dernier appellent à l'apaisement.

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