Corrèze : un éleveur devient autonome en eau pour faire face à la sécheresse et réduire ses factures

Publié le Mis à jour le
Écrit par Justine Salles et Julie Chapman
durée de la vidéo : 02min 01

Cet été, la France a manqué d’eau. Et la Corrèze (19) n’a pas fait exception. Pour réduire ses factures et s'armer contre la sécheresse, un agriculteur de Saint-Angel a choisi de devenir entièrement autonome.

Une eau avec un certain goût de liberté qui a su séduire ses limousines. Frédéric Breuil est éleveur au Bouchaud à Saint-Angel, en Corrèze (19).

Il a recréé, il y a trois ans, un cours d’eau à partir d’une source souterraine. "Le ruisseau arrive du bois et il descend jusqu’au fond de la vallée qui rejoint le Viamont", explique-t-il.

Et ce cours d’eau a pour objectif d’abreuver la centaine de bovins qu’élève Frédéric Breuil sur ses 250 hectares.

Une vache mange 15 kg de foin et boit une cinquantaine de litres d’eau, et jusqu’à 100 litres quand il fait très chaud. C’est donc le premier aliment et ça se répercute sur les charges vétérinaires, qui ont baissé depuis qu’on a de l’eau de meilleure qualité. Si l’eau n’est pas bonne (pleine de parasites) ou qu’elle est sale, vous pouvez donner tout le foin que vous voulez, la qualité de l’eau compromettra cela.

Frédéric Breuil, éleveur

L’éleveur possède deux bâtiments qui consomment beaucoup d’eau : 2700 m3 pour l’un et 1500 m3 pour l’autre, pour lesquels il utilise là aussi la source souterraine. Ainsi, l’homme ne dépend plus du réseau d’eau traditionnel aujourd’hui. L’eau est directement filtrée dans des citernes avant de passer sous une lampe UV. "Dès qu’elle sort de la lampe UV, elle est propre et exempte de toute bactérie. Par sécurité, on a ajouté un traitement au chlore très léger par rapport à l’eau du réseau", assure-t-il.

Une autonomie qui a un coût

Pour ce chantier, l’éleveur a dû faire un emprunt. Car malgré les aides reçues, le coût reste conséquent : 20 000 euros. Mais François Breuil réalise plusieurs centaines d’euros d’économies chaque mois. Un calcul accueilli par l’agriculteur avec un soulagement mêlé d’une certaine liberté. 

Actuellement tout flambe, avec l’eau en plus ce serait une catastrophe. Au moins on est serein de ce côté-là. Cette année, les terrains sont secs et malgré tout notre source coule encore, on est soulagé. C’était un pari qu’il fallait tenter et il va falloir en tenter de plus en plus de ce genre.

Frédéric Breuil, éleveur

Cet été encore, le département a restreint la consommation d’eau des agriculteurs. François Breuil, lui, anticipe les nouveaux épisodes de sécheresse avec plus de sérénité.

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