Coupe de France : son annulation serait "catastrophique" pour les clubs amateurs

Le football amateur dans la confusion. Il ne connaît toujours pas la date officielle de reprise des entraînements pour les adultes. Et la Coupe de France pourrait être annulée. Une catastrophe sportive et financière pour des clubs comme Libourne Libourne, Trélissac ou encore le FC des Graves. 
Le FC des Graves espère pouvoir reprendre l'entraînement et se préparer à la coupe de France.
Le FC des Graves espère pouvoir reprendre l'entraînement et se préparer à la coupe de France. © F3 Aquitaine
La finale était prévue pour le 24 avril. Le graal pour les nombreux clubs aquitains encore en lice pour la coupe de France 2020. Comme le FC Libourne, qualifié pour le 6e Tour. Mais hier, le 2 décembre, le Premier ministre aurait-il sifflé la fin de la partie ?  Invité sur BFMTV,  Jean Castex a annoncé que le foot amateur chez les adultes ne reprendrait pas le 15 décembre comme supposé. Et quand Jean-Jacques Bourdin l'interroge sur "la mort" de la Coupe de France" le chef du gouvernement répond "oui"
"Ce serait catastrophique d'un point de vue sportif et financier" redoute Serge Desport, co-vice président du FC Libourne. 

Les joueurs et les entraîneurs n'attendent que çà. Se mesurer à des clubs supérieurs. La coupe de France, c'est la cerise sur le gâteau. Comme la coupe d'Europe pour les pros. 

Le préjudice serait aussi financier. Les clubs amateurs vivent grâce aux entrées dans les stades et aux buvettes. Depuis que les matches se jouent à huis clos, ils n'ont fait aucune recette. Or, ils ont engagé des frais, rappelle Serge Desport. L'inscription à la coupe de France, les déplacements pour les rencontres qui se sont disputées. Le co-président du FC Libourne ne se voit pas, en plus, devoir renoncer à la manne que représente la Coupe de France. 

Le nombre de spectateurs varie selon le club adverse mais c'est chaque fois plusieurs milliers d'euros.  "3000 euros minimum" estime-t-il. "20 000 euros face à Lyon, Lille ou le Mans". Des adversaires que le club a affrontés par le passé. 

Christophe Champeaud est le président du FC des Graves qui réunit les  villages de Cérons et Podensac. Lui-aussi aimerait bien pouvoir compter sur la coupe de France et ne pas voir "réduite à néant" cette ressource supplémentaire en pleine crise sanitaire et sociale.  "Dans nos clubs ruraux on a besoin de rentrées financières telles que celle là." insiste Christophe Champeaud.

En 32es de finale, la cagnotte grimpe à 30 000 euros. Il peut s'y ajouter les recettes de billeterie que les équipes professionnelles laissent traditionnellement aux amateurs. 
 
© F3 Limousin

Trélissac, le club périgourdin de N2 avait atteint ce niveau de sélection, l'an dernier. Il avait résisté face à l'ogre marseillais à Limoges et s'était incliné aux tirs aux buts. Le match avait rapporté 180 000 euros évalue son président, Fabrice Faure, invité de notre journal du 19/20, ce 3 décembre. Presque 14% de son budget annuel qui s'élève à 1,3M. 

Quant à la date de reprise des entraînements, Christophe Champeaud la souhaite la plus avancée possible. 
"J’espère qu’au 15 décembre, des décisions fermes soient prises pour se préparer à la coupe de France au plus vite".

"On ne sait pas du tout si la coupe de France sera annulé. On attend un éclaircissement" renchérit Patrick Faure qui alerte sur la nécessaire remise en forme de certains joueurs : 

 En N2, les joueurs ont eu 15 jours de coupure. Ils ont repris fin novembre avec des protocoles sanitaires très stricts.  Les autres clubs  ne se sont pas entraîné  depuis moins un mois et demi. Il faut refaire toute la préparation physique. Les joueurs ne seront pas en capacité de rejouer avant mi-janvier. 


A supposer qu'ils reprennent le 15 décembre. C'était la date qui avait été arrêtée si la situation sanitaire ne se dégradait pas. C'est d'ailleurs la date affichée hier, 2 décembre, par la FFF qui a détaillé sur son site les modalités pratiques de la reprise. Une date reportée par le Premier ministre au même moment. Or, le calendrier, très serré avant la finale en avril, serait très dur à tenir remarquait Noël Le Graët, président de la Fédération française de football dans un entretien accordé à nos confrères de F3 Bretagne

" Si j’écoute bien ce qui a été dit hier soir, on ne pourra pas reprendre l’entraînement avant le 20 ou le 21 janvier, ça fait démarrer en février. C’est presque cuit. Je ne vois pas comment disputer cette compétition dans les dates sauf à jouer jusqu’à fin juillet. "

 Noël Le Graët qui ne lâche par l'affaire. Selon nos confrères de l'Equipe (dans un article réservé aux abonnés), il aurait sollicité un rendez-vous après d'Emmanuel Macron. 




 
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