100 manifestants contre les coupes rases sur le plateau de Millevaches

Une centaine d’habitants du plateau de Millevaches ont exprimé leur ras-le-bol contre ce qu’ils considèrent être une mauvaise gestion de la forêt par les propriétaires. 

Les manifestants commencent à arriver au hameau de Turfy
Les manifestants commencent à arriver au hameau de Turfy © Margaux Blanloeil

Les manifestants se sont donné rendez-vous au hameau de Turfy, tout près de Faux-La-Montagne. Ils se sont ensuite rendus sur une parcelle de forêt où il ne reste plus aucun arbre. Une véritable catastrophe pour François-Xavier Drouet, habitant des environs et réalisateur du documentaire "le temps des forêts" : "Les coupes rases c’est d’abord l’éradication de toute la vie qu’il y a sur une parcelle. La mise à nu du sol qui libère le carbone dans l’atmosphère. C’est une pratique qui ne répond qu’aux besoins à court terme de l’industrie." 

Parmi les manifestants aussi, le maire de Villedieu. Thierry Letellier réclame une sylviculture intelligente. Quand elles font moins de 4 hectares, les coupes rases ne sont soumises à aucune autorisation. Il souhaite que ce seuil soit abaissé. 

“S’ils défrichent tout à la pelleteuse dans le sens de la pente comme ils ont l’habitude de le faire, et replantent du douglas, la biodiversité disparait. La monoculture n’est pas une bonne chose. On n'est pas à l’abri de l’arrivée de parasites avec le réchauffement climatique” 

Thierry Letellier, maire de Villedieu 

L'exemple d'une coupe rase
L'exemple d'une coupe rase © Pascal Coussy

 

L’avis d’un sylviculteur 

Gilles de Boncourt, est le directeur général d’Unisylva, une importante coopérative forestière. Il nous explique qu’en France, la loi interdit de couper une forêt sans la régénérer.  Reste à savoir avec quelles espèces.

S’il y a destruction de la forêt, c'est qu'on a fait une mauvaise exploitation. Dans ce cas, il faut être contre. Une mauvaise exploitation, ce serait défricher pour introduire de l’agriculture, comme au Brésil. On en est pas du tout là en France. 

Gilles de Boncourt, directeur général d’Unisylva 

Selon le directeur général d’Unisylva, il n’y aurait pas plus de coupes rases cette année :  “il y a un volume de marché. On ne peut pas couper plus que ce que l’industrie est capable de consommer. Par contre, on peut avoir un effet visuel qui donne cette impression.” 

Car en limousin les forêts des résineux arrivent à maturité. Elles ont été plantées il y a une cinquantaine d’année et le bois commence à être récolté. 

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