Affaire Robert Hendy-Freegard : les 25 chiens de l’escroc britannique surchargent la SPA

Publié le Mis à jour le
Écrit par Nina Santi avec Fréderic Cano
durée de la vidéo : 01min 40
Les 25 Beagles du "puppet master" ont été recueillis par la SPA de Creuse mais sont un fardeau pour l'association. ©Louis Claveau/ France Télévisions

Depuis le 25 août 2022, la SPA de Creuse est contrainte d'accueillir les 25 beagles de l'escroc britannique Robert Hendy-Freegard. Une situation qui plombe la trésorerie du refuge, déjà en difficulté.

Souvenez-vous : le 25 août 2022, les gendarmes creusois se rendent au domicile de la compagne de Robert Hendy-Freegard pour un contrôle sanitaire de leur élevage canin clandestin. C'est ce qui déclenchera la cavale de l'escroc britannique, arrêté une semaine plus tard, le 2 septembre 2022, en Belgique.

Depuis ce contrôle, la SPA de Creuse est contrainte d'accueillir les 25 Beagles du "puppet master" en ses murs, ce qui surcharge ses box et plombe son porte-monnaie, en pleine période de crise financière

"Les Beagles ne sont pas à l'adoption"

Ces chiens, très marqués par leurs conditions de captivité dans l'élevage illégal de Robert Hendy-Freegard, auraient déjà dû retourner en Angleterre.

Cependant, depuis le 25 août 2022, les animaux sont recueillis par la SPA de Guéret. Une situation vécue comme un fardeau par les bénévoles de l'association, car aujourd'hui les espaces qu'ils occupent, 12 box au total, auraient dû être utilisés par des chiens en pension, ce qui représente un manque à gagner de près de 3000 euros pour l'association :  

On a de gros problèmes d'argent suite à la rénovation du refuge qui nous a coûté 1,2 millions d'euros de notre poche, donc la partie pension devait servir à faire rentrer de l'argent pour le fonctionnement quotidien du refuge. 

Sarah*

Bénévole à la SPA de Creuse (23)

Une situation qui pèse aussi du côté du personnel. "On n'a pas les employés qu'il faudrait pour 25 chiens supplémentaires, il faut être réaliste. C'est aussi au détriment de nos autres chiens, au niveau du temps et de l'argent" souligne Nathalie*, la responsable de la SPA de Creuse.

En outre, ces chiens ne sont pas adoptables car la femme de l'escroc britannique, Sandra Clifton, a demandé, au moment de la saisie de ces chiens, vouloir que ces derniers soient pris en charge par une association anglaise. Mais pour l'heure, l'association concernée n'a donné aucune nouvelle.

Autre problème. "Ces chiens ont été récupérés sans papier, on ne sait pas où ils en sont au niveau vaccination. Donc de toute façon, avant de repartir en Angleterre, ils auront besoin d'être mis en règle" rappelle Sarah, bénévole de l'association. 

Traces de maltraitance

Les chiens ont souffert de leurs conditions de détention. Tous sont obèses en raison du manque d'exercice, et certains ont des escarres en raison des positions inconfortables de captivité. Les bénévoles ont aussi tout de suite remarqué le manque d'hygiène des canins, ils font leurs besoins sur eux-mêmes ou dans leurs panières. Tous les soins sont réalisés aux frais de l'association. 

Ils ne connaissaient pas l’herbe, ils avaient des problèmes pour marcher dans les hautes herbes. On voit que les chiens étaient couchés en permanence, car il y a des points d'appui où il n'y a plus de peau.

Nathalie*

Responsable de la SPA de Creuse

Que deviendront ces Beagles ? 

À ce jour, les responsables de la SPA de Creuse n'ont aucune information de la part des services vétérinaires de l'Etat, ni de la part de l’association anglaise qui voulait récupérer ces chiens. 

*Les personnels de la SPA de Creuse ont demandé à taire leur nom de famille.

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