Assises de la Creuse : à la veille du verdict, la défense commune des accusés se fissure dans l'affaire Kevin Gentil

Aux assises de la Creuse, Adhémar Vialle et Jessy Fatowiez sont jugés pour assassinat et complicité d'assassinat sur la personne de Kevin Gentil, dans la nuit du 14 juillet 2016. A l'approche du verdict, leur stratégie de défense commune s'est fissurée ce jeudi 15 octobre, 4e jour d'audience.

© Isabelle Rio - France Télévisions
Coup de théâtre dans le procès aux Assises de la Creuse d'Adhémar Vialle et Jessy Fatowiez ce jeudi 15 octobre. Les jeunes hommes sont jugés respectivement pour assassinat et complicité d'assassinat sur la personne de Kevin Gentil, 24 ans au moment des faits, tué d'un tir de fusil de chasse dans la tête le 14 juillet 2016, place Bonnyaud en plein coeur de Guéret. Au 4e jour du procès, les accusés ont cessé de faire défense commune, stratégie qu'ils avaient adoptée depuis le soir du drame. 

Depuis le début de l'enquête les jeunes hommes assurent tous les deux avoir voulu faire peur à Kevin Gentil en pointant un fusil sur lui. Hier, le tribunal s'était intéressé au déroulé précis des faits le 14 juillet, ainsi qu'au trafic de stupéfiants auxquels se livraient les trois hommes. Adhémar Vialle, auteur du coup de feu avait pu alors aparaître comme le bras armé de son comparse Jessy Fatowiez, la tête pensante. 

Jusqu'à ce matin, 4e jour du procès, le motif du crime restait tout de même flou. La cour a questionné les accusés sur les rivaltés qui pouvaient exister entre Jessy Fatowiez et la victime, autour de voitures, de leurs compagnes ou de leurs trafics. Mais rien qui puisse véritablement expliquer leur geste, ni les propos d'Adhémar Vialle quelques minutes avant le drame, "je vais le fumer"
   

Kevin est mort "pour des embrouilles futiles"

Mais cet après-midi une déclaration de Jessy Fatowiez change la donne. "Ce que j’ai à dire je le dois à la famille de Kevin que je connais bien, a-t-il commencé. C’était le 14 juillet, on voulait se montrer, faire les beaux, il y avait de la musique, le toit de la voiture était ouvert. On a commencé à se chauffer sur Kevin. Adhémar m'a dit de passer chez lui prendre une arme qu’il avait. Jamais je n'aurais pensé qu'il s'en serait servi pour tirer sur quelqu'un, c'était juste pour faire peur"

Face à la menace d'une lourde peine à l'approche du verdict, le complice présumé a sans doute voulu convaincre les jurés qu'il n'était pas le meuneur du duo et rappeler que celui qui tenait l'arme, celui qui a tiré, ce n'était pas lui mais bien Adhémar Vialle. Ce dernier, en larmes, dit avoir entendu son ami Jessy lui dire "vas-y, vas-y, il arrive". "Le fusil était pointé sur Kevin, mais jamais je n'ai voulu le tuer", a-t-il assuré. 

"Pourquoi il est mort Kevin ?", a alors demandé la présidente à Jessy Fatowiez. "Pour des embrouilles futiles, a-t-il répondu. Je regrette tellement. C'est moi qui l'ai mené à l'arme, c'est moi qui n'ai rien fait pour l'arrêter... Mais Adhémar a dû paniquer"
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