"L'exercice chez nous devient effrayant" : la pénurie de dentistes s'aggrave en Creuse

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Le docteur Pierre Adant à Aubusson suit six mille patients, soit le double de la moyenne nationale. ©Marielle Camp / Louis Claveau - France Télévisions

En un an, la Creuse a perdu quatre dentistes. Une situation extrêmement préoccupante qui pèse sur les particuliers et sur les professionnels restants, obligés de refuser tous les nouveaux patients. Certaines parties du département sont même dépourvues de praticiens.

En Creuse, le nombre de dentistes se réduit comme peau de chagrin... Encore trente-six l'an dernier, ils ne sont plus que trente-deux cette année, et la situation va encore empirer puisque le docteur Reynaud et son épouse, installés à Guéret, prennent leur retraite à la fin de l’année et ne trouvent pas de repreneur.

Dans leur cabinet situé près de la gare, on trouve deux salles de soin, une plateforme de stérilisation, un outil de radio… et malgré cela, impossible de trouver un successeur. Une mauvaise nouvelle pour leurs six mille patients : "Pour eux, c'est une catastrophe que nous partions, et cette catastrophe est malheureusement amplifiée par la perspective de ne pas retrouver un autre praticien pour s'occuper de leur bouche."

C’est aussi une mauvaise nouvelle pour les dentistes restants. Tous plafonnent à trois mille patients, soit le double de la moyenne nationale. C'est le cas du Docteur Pierre Adant, président du Conseil de l'ordre, installé à Aubusson, dépité quand il nous montre son emploi du temps.

"Mardi matin, j'ai trois patients en plus de mon planning... Il y a un moment où ça devient incompressible. (...) On ressent la pression supplémentaire.", se désole le praticien. 

Toute la journée, on a une dizaine d'appels de patients qu'on est obligé de refuser.

Pierre Adant

Président du Conseil de l'ordre des dentistes de la Creuse

Des zones sans dentiste

Trente-deux cabinets aujourd’hui, alors qu'il en faudrait soixante-douze pour absorber la patientèle creusoise. Certaines zones, à l’est et au nord du département, n’ont même plus un seul praticien. Difficile dans ces conditions d’attirer de jeunes dentistes. "Ça se sait chez les autres dentistes qu'on a une pression énorme, que la demande est énorme et que l'exercice n'est pas évident. Donc aujourd'hui, l'exercice chez nous devient effrayant", se désole Pierre Adant. 

Reste le projet de pôle dentaire de l’hôpital de Guéret. Aucune certitude sur la date d’ouverture, mais cette structure de sept praticiens aura vocation à accueillir des internes et des stagiaires. Avec l’espoir, bien sûr, d’en retenir quelques-uns en Creuse.