Théoline, passionnée de brebis laitières, candidate à Miss France agricole pour représenter la Creuse

Théoline, 19 ans, future éleveuse de brebis laitière, se porte candidate à Miss France agricole 2021. Elle revendique sa différence, sa passion pour les bêtes, et son amour pour le terroir creusois, malgré son jeune âge. En janvier, elle réalisera son rêve : s'installer à son compte, à Maison-Feyne.
Le 1er janvier 2021, Théoline sera officiellement installée comme éleveuse de brebis laitière bio à Maison-Feyne
Le 1er janvier 2021, Théoline sera officiellement installée comme éleveuse de brebis laitière bio à Maison-Feyne © DR
Grand sourire et cheveux bleus sur fond de drapeau arc-en-ciel, la photo de Théoline Mathez se démarque dans le flux des autres profils issus du monde agricole. Cette jeune passionnée de 19 ans est l'une des rares candidates à représenter la Creuse au concours de Miss France agricole 2021.

Ce concours en ligne, qui élit également un Mister France agricole chaque année, a pour but de promouvoir les jeunes du milieu, et de donner une nouvelle image, plus positive, des agriculteurs et agricultrices. Et c'est bien pour cette raison que Théoline a souhaité participer "Même si je ne suis pas élue, je veux montrer aux gens que les agriculteurs font au mieux pour s'occuper de leurs animaux, malgré de nombreuses critiques", écrit-elle dans sa candidature. Car pour elle, une autre agriculture, et en l'occurrence, une autre manière d'élever les animaux, est possible.
 

La Creuse, "c'est cool"

Basée à Maison-Feyne, la très jeune Creusoise se lance à son compte en janvier 2021 en tant qu’éleveuse de brebis laitières, pour faire du fromage et des yaourts, en bio et en vente directe. Un rêve qui devient réalité, pour cette amoureuse des bêtes.

Depuis toute petite, j’ai toujours voulu faire ça. J'ai été harcelée au collège, donc je me suis encore plus rapprochée des animaux, et j'ai eu un coup de cœur pour les brebis. Je ne me voyais pas faire un autre métier, dans un bureau. Même si parfois c’est compliqué, car il faut savoir décrypter ce que les bêtes nous disent.

Ses parents, éleveurs de bovins en bio, l'ont aidée et épaulée dans son projet d'installation, qu'elle a longtemps mûri. D'abord au lycée des Vaseix, à Limoges, puis en certificat de spécialisation "ovin lait", en Aveyron, où elle a pu faire ses armes dans un élevage à taille humaine. Aujourd'hui, c'est une fierté pour elle de revenir en Creuse.
 

Ça me tient à cœur, car c’est mon terroir, je suis née ici. On est beaucoup moqués par les gens, qui disent qu'on est tous "consanguin", parce que c'est un territoire délaissé. Mais j’ai cette envie de montrer qu'il y a des jeunes qui restent et qui s’installent en Creuse, là où soi-disant il n’y a rien à faire, et qui veulent redynamiser leur territoire.

Petite ferme, beaucoup d'amour

Théoline se rapproche du but, et a déjà acquis son premier cheptel de cinq béliers et 50 agnelles. "C’est stressant, car je prends de grosses responsabilités, mais c’est un bon sentiment." Elle leur a déjà donné des noms : Réglisse, Pepsi, et même Ronflex, en référence à un célèbre animé japonais. Elle détaille l'avancée de son parcours sur sa page Facebook La Ferme de Théoline
 

Mes bêtes ont toutes des prénoms , et pas juste un numéro. Ce sont des êtres vivants et elles sont traitées comme tels.

 
Pour la future éleveuse, il est important d'affirmer sa différence et son éthique dans un milieu aujourd'hui largement critiqué, notamment à cause des élevages industriels, accusés de ne pas respecter le bien-être animal. "J'ai candidaté aussi l'année dernière à Miss France agricole et j'ai été agressée par une végan par message. Mais on ne maltraite pas forcément les animaux. Il y a des éleveurs, de grosses industries, qui devraient changer mais qui ne le font pas, car ça coûte trop d’argent d'investir. Mais le consommateur ne veut pas non plus payer le vrai prix, il veut de la bonne qualité au prix bas et ce n'est pas possible", constate sagement Théoline.

La jeune fille a par exemple décidé qu'elle ne couperait pas la queue de ses brebis, pour leur bien-être. Une pratique corrante chez les éleveurs pour des raisons sanitaires : "Ça leur déplace le bassin, et elles vivent comme ça ensuite toute leur vie. Je ne le ferai pas, quitte à passer plus de temps à m'en occuper."
 
Excitée par cette nouvelle aventure, Théoline se dit fière de faire partie des femmes qui font de plus en plus leur place dans un milieu qui leur était autrefois fermé, et de pouvoir fièrement affirmer son identité LGBT. Pour lui donner un coup de pouce, vous pouvez voter jusqu'au 10 décembre pour l'élire Miss France agricole en cliquant ici. Les profils qui auront le plus de "likes" seront départagés par un jury composé des lauréats de l’an passé et d'acteurs du milieu. 
 
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