Deux-Sèvres : des maires en tête de la résistance aux compteurs Linky

Michel Pelegrin, maire de Vautebis (79) et Jean-Michel Menant, maire de Chantecorps (79) font partie des maires en lutte contre les compteurs Linky. / © Marine Rondonnier
Michel Pelegrin, maire de Vautebis (79) et Jean-Michel Menant, maire de Chantecorps (79) font partie des maires en lutte contre les compteurs Linky. / © Marine Rondonnier

Les compteurs connectés Linky, en majorité fabriqués dans la Vienne, suscitent l'inquiétude de nombreux consommateurs. Des associations d'opposants se constituent un peu partout et quatre communes du Poitou-Charentes s'insurgent contre la pose de ces compteurs sur leur territoire.

Par Christine Hinckel et Marine Rondonnier

Vautebis, Chantecorps et Coutières, trois petites communes des Deux-Sèvres partagent le même combat anti-compteurs Linky avec Tonnay-Boutonne en Charente-Maritime. Les conseils municipaux de Vautebis (120 habitants) et Chantecorps (330 habitants) ont voté à l'unanimité contre l'installation de ces compteurs "intelligents". Les maires s'expliquent sur les motivations qui ont poussé leurs concitoyens et eux-même à adopter cette position.


Pourquoi être contre les compteurs Linky ?

  • Un motif d'économie avant tout : pour eux, les anciens compteurs fonctionnent très bien, font-ils remarquer.
  • La santé ensuite, avec la peur des ondes émises en continu par ces compteurs. C'est la raison la plus souvent avancée par les opposants.
  • La protection de la vie privée enfin. Les données personnelles de consommation d'électricité collectées grâce à ces compteurs peuvent renseigner sur le mode de vie et le nombre de personnes présentes au domicile. Elles pourraient aussi être transmises à des fins commerciales.

110 communes françaises opposées aux compteurs Linky

En France, 110 communes prennent position contre ces compteurs Linky, notamment en Dordogne où elles sont les plus nombreuses. Les maires de Vautebis et Chantecorps, comme les autres, savent cependant qu'ils ne pourront pas s'opposer à leur installation, qui est obligatoire et gratuite, mais ils aimeraient que leur décision fasse des émules et que le débat soit relancé. D'ici 2021, les 35 millions de compteurs existants en France seront remplacés.

Le reportage de Marine Rondonnier, Marine Nadal et Thierry Cormerais :
Deux-Sèvres : exemple de deux communes opposées au compteur Linky
Reportage de Marine Rondonnier, Marine Nadal et Thierry Cormerais

Comment ERDF défend les compteurs Linky

Face aux craintes, ERDF s'explique et tente de rassurer les consommateurs en réfutant les principaux arguments émis par les opposants aux compteurs Linky.

  • Les dangers pour la santé : les compteurs sont connectés à internet via le réseau électrique et pas en Wifi. Les rayonnements au niveau des câbles existent mais ils sont faibles comparativement aux fours à micro-ondes ou aux lampes à faible consommation par exemple. Ils ne sont considérés que comme "cancérogènes possibles" par l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé).
  • La protection de la vie privée : la Commission Nationale Informatique et Libertés a donné son accord pour la collecte et la transmission des données de consommation en temps réels dans chaque foyer et le client devra donner son consentement pour la transmission à l'opérateur.
  • Ces compteurs Linky doivent favoriser la baisse de la consommation d'énergie. Un argument cependant réfuté par l'association Que Choisir qui craint plutôt une hausse de la facture d'électricité dans chaque foyer. Que Choisir explique que ces compteurs ne feront que permettre à ERDF de mieux répartir les charges de la demande de consommation sur les différents moyens de production. 

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