"Des poivrons jaunes... qui viennent d'Espagne !" : à Melle, les agriculteurs contrôlent les camions de transports venant de l'étranger

Des agriculteurs ont mis en place un barrage filtrant sur un rond-point de Melle (Deux-Sèvres), ce mercredi 31 janvier. En ouvrant les remorques de certains camions de transports, ils dénoncent l'arrivée de marchandises étrangères dans l'Hexagone au profit de produits français.

Dans les Deux-Sèvres, plusieurs barrages filtrants ont été mis en place, ce mercredi 31 janvier. À Melle, plusieurs agriculteurs contrôlent les coffres des camions étrangers de transports de marchandises. En regardant l'étiquette, les agriculteurs ne sont pas surpris. "Des poivrons jaunes... qui viennent d'Espagne !", constate Luka Chollet, étudiant et membre des Jeunes Agriculteurs de Melle. "On contrôle essentiellement les camions étrangers et la marchandise qu'ils transportent. Poivrons, tomates, choux-fleurs... plein de produits étrangers qui vont à Rungis", et qui ne sont pas forcément des produits de saisons. Pour Luka, l'idée derrière l'ouverture des remorques de ces camions, "c'est de dénoncer l'arrivée de ces produits alors que l'on pourrait produire français".

Produire français pour que les consommateurs achètent français

Un sentiment partagé par Romain Auzanneau, vice-président des Jeunes Agriculteurs des Deux-Sèvres. "Quand on vend un litre de lait à 35 centimes et qu'il est vendu 1,50 € dans le commerce, on se demande où est la marge, donc on n'a pas le choix que de se poser des questions". Les paysans présents sur place ont pu échanger avec les gérants de deux magasins de grandes distributions de la ville. Au cœur de leur débat, la concurrence déloyale de certains pays européens, mais également le non-respect de la loi Egalim, qui assure la juste rémunération des agriculteurs.

Un échange qui ne mène à pas grand-chose selon Romain Auzanneau. "C'est bien joli, mais on est dans les Deux-Sèvres. Ce n'est pas eux qui vont prendre les décisions, en tant que simple directeur d'un magasin de Melle. Il faudrait voir les patrons tout en haut".

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De nombreux camions étrangers sont contrôlés par les agriculteurs présents sur le rond-point de Melle. ©France télévisions

"Répondre à la demande des consommateurs"

Pourtant, les deux gérants des supermarchés de Melle proposent de nombreux produits locaux dans leurs rayons. Eric Poupelin, gérant du Super U de Melle, vend du lait local. "Elle vient de la laiterie Sèvre et Belle, implanté à côté de Celles-sur-Belle. Cela fait partie de nos approvisionnements locaux. Système U privilégie, en complément des assortiments régionaux et nationaux, un approvisionnement local, de manière à pouvoir répondre à la demande des consommateurs".

Si Eric Poupelin comprend la colère des agriculteurs, avoir une marge est nécessaire pour la pérennité de son entreprise. "Nous sommes des commerçants et des chefs d'entreprises indépendants. Une partie du problème qu'ils ont, nous le connaissons et le subissons aussi, surtout au niveau de l'augmentation des coûts énergétiques. Il faut aussi qu'on puisse avoir un certain niveau de rentabilité pour maintenir nos entreprises et honorer nos engagements".

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