Deux-Sèvres : pourquoi les eaux de la Sèvre Niortaise sont-elles devenues rouges ?

La Sèvre Niortaise comme vous ne l'avez jamais vue. Ses eaux rouges ont surpris beaucoup de monde ce jeudi, matin mais pas d'affolement car il ne s'agissait pas d'une polution, mais d'une opération d'analyse du parcours de l'eau jusqu'aux points de forages.
La Sèvre Niortaise a été colorée en rouge pour mieux connaître le circuit de l'eau jusqu'aux orages dans les nappes phréatiques.
La Sèvre Niortaise a été colorée en rouge pour mieux connaître le circuit de l'eau jusqu'aux orages dans les nappes phréatiques. © Stéphane Bourin/ France Télévisions

Cette opération de traçage hydrogéologique est particulièrement spectaculaire mais elle ne représente aucun danger pour l'environnement ou la santé humaine. Les techniciens avaient injecté un colorant rouge à proximité du moulin de Saint-Maxire, au nord de Niort, il s'agit de sulforhodamine B, un produit qui est biodégradable et inoffensif pour la faune, la flore et les hommes, assure le Syndicat des eaux du centre ouest, à l'origine de l'étude.

Des eaux rouges qui ont intrigué beaucoup de promeneurs ce matin dans les environs de saint-Maxire dans les Deux-Sèvres.
Des eaux rouges qui ont intrigué beaucoup de promeneurs ce matin dans les environs de saint-Maxire dans les Deux-Sèvres. © Stéphane Bourin/ France Télévisions

Mieux connaître le parcours de l'eau sous terre

Pour les promeneurs, c'était ce matin l'occasion de faire des photos inédites mais tous avaient la même idée en tête : s'il ne s'agit pas d'une pollution, à quoi cela sert-il ? Cela permet tout simplement d'étudier le tracé de l'eau, répondent les techniciens. Le colorant permet de connaître le cheminement de l'eau sous la terre.

On veut savoir si l'eau qui est dans la rivière peut se rendre jusqu'au captage d'eau potable et donc en colorant l'eau, si on récupère le colorant au niveau des forages, on saura qu'il y a une relation d'alimentation par la rivière et on pourra quantifier la quantité d'eau qui arrive au forage depuis la rivière.
Hélène Geairon, ingénieure hydrogéologue

Pourquoi le Syndicat des eaux du Centre-Ouest a-t-il besoin de connaître ce temps de parcours ? En fait, il s'agit d'un élément déterminant pour adapter les moyens à déployer et protéger les captages d'eau potable, en cas de pollution de la rivière.

La connaissance du temps de transfert de l'eau jusqu'au forage, ça permet d'adapter les distances de protection.
Hélène Geairon, ingénieure hydrogéologue

Si le colorant se rend très vite au captage, il faut une réaction plus rapide du côté de l'exploitation des forages.

Le temps de réaction peut varier entre un déversement qui aurait lieu dans la rivière et l'arrêt des forages, on peut savoir que l'on a une heure, que l'on a une journée ou que l'on a trois jours. Ça permet d'adapter le temps de réaction en cas de pollution de la rivière.
-Hélène Geairon, ingénieure hydrogéologue

Préserver l'eau potable et lutter contre les pollutions

Ces opérations de traçage hydrogéologiques permettent de quantifier la part de la contribution de la rivière dans l'alimentation des forages destinés à l'alimentation en eau potable des habitants. On peut ainsi savoir quelle quantité d'eau de rivière est présente dans le verre d'eau que vous buvez si vous habitez dans le secteur de Saint-Maxire et Echiré, dans les Deux-Sèvres.

Ces études permettent également de proposer des alternatives aux pratiques les plus polluantes. Pour le Syndicat des eaux du centre-ouest, c'est un outil important pour mieux expliquer les menaces qui pèsent sur la ressource en eau potable de qualité et pour accompagner des changements de pratiques afin d'éviter une pollution de la nappe.

On travaille beaucoup avec les agriculteurs. Par exemple, on met à leur disposition du matériel de désherbage mécanique pour éviter le recours au désherbage chimique. On travaille aussi à sensibiliser les habitants et les scolaires.
- Nicolas Moreau, Syndicat des Eaux du Centre-Ouest

Les ingénieurs et techniciens de CPCF-Horizon, en charge des analyses, ont prévu de rester plusieurs jours sur place pour récolter un maximum d'informations car le trajet du colorant jusqu'à la nappe souterraine peut dans certains cas prendre beaucoup de temps.

Reportage d'Anne-Marie Baillargé et Stéphane Bourin :

 

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