Un front commun de parlementaires au secours des abeilles

Plus d'une centaine de députés et de sénateurs, regroupés en comité de soutien, ont exigé mardi une application stricte de l'interdiction des néonicotinoïdes à partir de cet automne, en limitant au maximum les dérogations.

© Maxppp
À partir du 1er septembre 2018, les néonicotinoïdes seront interdits en France. C’est ce que dit la loi sur la biodiversité de 2016.
Les néonicotinoïdes sont une classe de produits toxiques utilisée principalement en agriculture pour la protection des plantes (produits phytosanitaires).
Ces substances s'attaquent au système nerveux des insectes, désorientent les pollinisateurs, contribuant au déclin spectaculaire des colonies d'abeilles.

La filière apicole emploie environ 100000 personnes en France. Par ailleurs, l’apiculture en France représente 133 millions d’euros de chiffre d’affaires et environ 3 milliards d’euros engendrés par l’action pollinisatrice des abeilles.
En France, depuis 1995, près de 30 % des colonies d’abeilles disparaissent chaque année.
En 10 ans, 15 000 apiculteurs ont cessé leur activité. De 1995 à 2016, la production nationale a été divisée par trois et les importations ont triplé.

C'est donc cette filière qu'entend défendre ce front de parlementaires, 135 élus députés et sénateurs, qui s'élèvent en particulier contre les dérogations possibles :
 

Il y a tout un lobying pour qu'il y ait des dérogations généralisées. On n'est pas d'accord. Ca serait trahir l'esprit de la loi qui est une loi d'interdiction des néonicotinoïdes.

Delphine Batho, députée PS des Deux-Sèvres, ambassadrice du comité de soutien

Deuxième cheval de bataille de cette levée de boucliers : une meilleure traçabilité des miels.
La législation européenne prévoit de mentionner sur l'étiquette des pots de miel le pays d'origine de récolte, sauf pour les miels mélangés provenant de plusieurs pays. Or les miels mélangés importés représentent 75% des miels consommés en France, selon ce comité. Il faut "faire en sorte que les consommateurs sachent ce qu'ils consomment", a souligné Henri Clément, porte-parole de l'Union nationale de l'apiculture française.

Les élus ont donc écrit un amendement pour une meilleure traçabilité. Il a été adopté la nuit dernière en commission développement durable. C'est une première étape : il faudra attendre le mois de mai pour qu'il soit soumis au vote des députés.

Les explications d'Anne-Marie Baillargé

Les parlementaires au secours des abeilles

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