Neuf mois après les explosions, Eurenco reprend sa production de nitrocellulose, très attendue par les militaires

À Bergerac, l'activité du site de production d'explosif était à l'arrêt depuis le 3 août 2022, et une explosion qui avait fait huit blessés. Eurenco produit des matériaux utilisés dans des armements, un produit stratégique très attendu dans le contexte de la guerre en Ukraine

L'usine Eurenco, la "poudrerie de Bergerac", produit des matériaux énergétiques, poudres, explosifs, objets combustibles et additifs. Elle emploie une soixantaine de personnes. Sa production est utilisée dans le secteur de la défense et de la sécurité, dans le spatial, l'extraction pétrolière ou la fabrication d'additifs pour carburant.

Un produit stratégique pour les armées

Un tiers environ de la nitrocellulose est utilisée dans le civil, les 2/3 restants sont destinés à l'artillerie et la propulsion militaires, têtes militaires, missiles, bombes, armes sous-marines et munitions pour petit, moyen et gros calibre. Clients principaux, les armées d'Europe et des États-Unis vers lesquels partent l'essentiel de la production de nitrocellulose. Dans le contexte de la guerre russo-ukrainienne, ces armées ont besoin de la production bergeracoise pour assurer leurs stocks.

Des explosions, et 8 blessés

Le site est classé Seveso « seuil haut » et fait l'objet d'un plan de prévention des risques technologique (PPRT) qui limite l'urbanisation à proximité. Le 3 août 2022, à 13 h 50, un incendie causait trois explosions dans les installations de stockage de nitrocellulose énergétique (NCE) de l’entreprise Manuco, filiale d'Eurenco, alors en maintenance, faisant huit blessés, dont un grave, et endommageant les installations. Le site contenait près d'une tonne de résidus de nitrocellulose. Heureusement, le sinistre est resté localisé aux bâtiments de stockage, sans impact sur l'extérieur. La préfecture ordonnait alors une enquête et la fermeture du site en conditionnant la reprise d'activité à une série de mesures.

Lente remise en état

Le chantier aura donc duré près de dix mois, pendant lesquels Eurenco a évacué les équipements endommagés, remis en état les installations et obtenu les autorisations administratives nécessaires à une reprise d'activité normale. Durant ce temps, une partie du personnel avait été mis en activité partielle ou redirigé vers d'autres postes. Les autorisations obtenues et le site à nouveau fonctionnel, Eurenco assure qu'il retrouve dès à présent un rythme de production équivalent à ce qui se faisait auparavant. Les premières livraisons reprendront début juin