Dordogne : les efforts d'autonomie fourragère des éleveurs ruinés par le froid et la sécheresse

Pour réduire leur empreinte carbone, et ne pas acheter à l'étranger les éleveurs ont été conduits à produire eux-mêmes l'alimentation de leurs élevages. Frappés de plein fouet par le froid et la sècheresse, ils en appellent à la préfecture pour ne pas être les oubliés des aides d'urgence

Agriculture plus verte et vertueuse

Ils se définissent comme des agroécologistes. Regroupés depuis 2017 au sein de l'association Zéro Clivage, ces agriculteurs de Dordogne veulent promouvoir une agriculture durable, basée sur de faibles émissions de carbone, une utilisation moindre d'OGM et de produits phytosanitaires, et l'autonomie fourragère. 

Ne plus nourrir le bétail français aux protéines étrangères

L'autonomie alimentaire et protéinique des élevages suppose de ne plus dépendre d'achat d'alimentation animale à l'extérieur en les produisant en interne. En clair, arrêter d'importer des tourteaux de soja du Brésil, le colza ou le maïs d'importation, et les remplacer par ses propres céréales et fourrages, une solution de bon sens qui rejoint l'objectif environnemental et sociétal affiché par le gouvernement. 

Les vignes, les fruits... et l'herbe

Suite à l'épisode de gel qui a touché les surfaces agricoles il y a peu, le gouvernement a décidé de débloquer un milliard d'euros, notamment pour la viticulture et l'arboriculture. Mais les éleveurs se disent également touchés : le froid et la sècheresse de ces dernières semaines ont engendré des pertes de fourrage, et ils ont peur d'être oubliés. Ils ont adressé une lettre ouverte au Préfet de Dordogne pour l'alerter sur l'impasse où ils se trouvent aujourd'hui. 

Le gel a laminé les méteils, luzernes, trèfles ray-grass, dactyles et autres espèces. Envolés les espoirs de faire d’encore mieux en autonomie !  Le problème est très grave car d’un côté les pouvoirs publics nous encouragent à cette méthode et le prix des matières première nous y contraint. Bien sûr que l’autonomie c’est formidable quand tout va bien mais là, Dame Nature nous ramène à la dure réalité !

Patrice Brachet, responsable association Zéro Clivage

Perte sèche

Selon eux, la perte de production de leur fourrage, destinée à l'alimentation de leurs animaux, sera cette année de l'ordre de 40 à 80%. Certains éleveurs assurent qu'ils ont du vendre une partie de leur cheptel pour faire face. 

À la demande de l'association, une réunion avait lieu à Azerat ce mardi, en présence d'agriculteurs, de techniciens, du président régional des producteurs de lait et de la Député LREM Jacqueline Dubois. Elle aussi, se dit inquiète pour ces agriculteurs

Je voulais m'assurer à la fois des dégâts sur le terrain et de pouvoir les relayer, afin qu'on puisse les inclure aussi dans les mesures d'urgence qui vont être apportées et les aides exceptionnelles. Notre rôle à nous députés, c'est de faire remonter des difficultés particulières...

Jacqueline Dubois, députée LREM

Logique d'avenir

Un point de vue que la députée devrait d'autant mieux pouvoir défendre que d'après elle cette pratique d'autonomie est "complètement dans la bonne direction pour l'évolution de l'agriculture aujourd'hui."

Les productions de protéines alimentaires et fourrages des agriculteurs-éleveurs touchées par le gel devraient elles aussi faire l'objet d'indemnisation.