Contournement de Beynac : les opposants claquent la porte de la première réunion de concertation publique

Comme ils l'avaient annoncé, les opposants à la déviation de Beynac ont sapé la première réunion de concertation publique sur le nouveau projet de déviation de Beynac du Conseil départemental. Ils ont quitté la salle avec fracas au bout de quelques minutes seulement.

C'est au théâtre de Périgueux, devant un parterre de 200 personnes, que s'est jouée la scène prévue par les opposants à la déviation de Beynac, ce lundi 2 octobre en fin de journée. La réunion publique qui y avait lieu était la première étape de la concertation publique à l'initiative de la Préfecture de Dordogne, qui doit se dérouler pendant un mois et demi.

Contournement de Beynac V2

On y présentait non pas le projet de déviation de Beynac définitivement retoqué par la justice, mais un nouveau projet de "boucle multimodale" censé contourner les erreurs qui ont coûté la vie à la première version. 

Sauf que, comme elles l'avaient annoncé, les associations d'opposants ont claqué la porte quelques minutes seulement après l'ouverture de la séance. En préalable à toute discussion, elles demandent l'application la loi : la décision de justice exigeant la démolition des piles du pont existantes et la remise en état du site.  "Je pense que les tribunaux sont faits pour nous écouter, pour dire le droit, ils sont faits en sorte pour qu'ensuite ce droit soit exécuté" lancera comme un ultimatum Philippe D'Eaubonne, l'un des plus fervents opposants. Pour lui, ce nouveau projet n'est qu'une "mascarade".

Ce prétendu nouveau projet est en réalité toujours la déviation de Beynac, avec un peu de greenwashing et de dépenses en plus.

Communiqué des associations d'opposition au projet

À la recherche d'un consensus

Avec cette nouvelle concertation, le préfet de Dordogne Jean-Sébastien Lamontagne souhaite obtenir un nouvel état des lieux, apaisé et impartial. Le travail est mené par Brigitte Fargevieille et Roland Peylet, deux garants nommés par la commission nationale du débat public. Leur rôle est de s'assurer que la concertation se passe dans les conditions de transparence et d'équité de traitement des différentes parties. Leurs conclusions et recommandations peuvent être prises en compte dans le dépôt de la nouvelle demande du conseil départemental auprès de la Préfecture. "C'est une opportunité à saisir par tous ceux qui ont un avis à donner", plaide Jean-Sébastien Lamontagne.

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Jean-Sébatien Lamontagne, préfet de Dordogne sur la concertation publique et son boycott par les opposants ce deux octobre ©France télévisions

Je ne peux que le regretter puisque, encore une fois, ils font partie des associations qui m'ont saisi pour demander cette concertation préalable. Mais j'ose espérer que, d'une manière ou d'une autre, ils pourront y contribuer

Sébastien Lamontagne, Préfet de la Dordogne

Écouter les critiques

S'il veut assurer ses chances de réussites, le Conseil Départemental devra tenir compte de la synthèse des délégués de la commission nationale du débat public pour faire évoluer son projet. Après cela, le Département pourra déposer formellement son dossier en vue de son instruction par les services de l'État. Ces derniers devront se prononcer sur la conformité du projet à la réglementation en vigueur. "Ce ne sera plus le temps de juger sur l'opportunité du projet, mais sur sa régularité" précise Jean-Sébastien Lamontagne.

Tous les périgourdins concernés

Près de 320 000 personnes, tous les périgourdins majeurs, sont invités à s'exprimer, si possible ouvertement et sans anonymat.

On est sur un projet local, et c'est important que ce soit la population locale qui s'exprime. L'anonymat est possible, mais on regrettera aussi s'il y a trop de contributions anonymes, je pense que c'est bien aussi d'assumer ses choix

Brigitte Fargevieille, garante nommée par la commission nationale du débat public

Quatre axes majeurs

Depuis un mois, un travail de fond a été mené pour cadrer cette concertation publique. Il a permis de dessiner quatre enjeux principaux : économie et tourisme, sécurité des personnes et des falaises, environnement et paysage, et les mobilités individuelles ou collectives.

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Beynac : les quatre piliers de la concertation publique vus par Brigitte Fargevieille l'une des deux garants nommés par la commission nationale du débat public ©France 3 Périgords - Émilie Bersars & Pascal Tinon

Un combat à recommencer

On peut comprendre que les associations d'opposants campent sur leur position face à ce nouveau projet. Elles qui étaient parvenues à enterrer le projet précédent, vont devoir repartir en guerre face à un conseil départemental qui a pris bien soin d'éviter autant que possible les chausse-trappes précédentes. Car, comme le précisait la préfecture plus haut, si la concertation publique est menée à bien et que le conseil départemental parvient à contourner les oppositions dans son nouveau projet, on ne jugera plus l'opportunité, mais uniquement la faisabilité du projet.

J-37

En attendant, les périgourdins ont six semaines (jusqu'au 9 novembre 2023 inclus), pour se prononcer et s'informer, ils peuvent le faire en passant par le site du département, par celui du registre dématérialisé et pour les collectivité et personnes morales, sur le cahier d'acteur du garant roland.peylet@garant-candp.fr.

Une première réunion publique sur le thème du tourisme et de l'économie est organisée le 4 octobre à La Roque-Gageac, une deuxième sur la mobilité à Castelnaud le 11 octobre, l'environnement et le paysage sera débattu à Vézac le 18 octobre, et enfin la sécurité sera le thème de la réunion à Beynac le 25 octobre. Autant d'occasions d'apprendre et de débattre, d'une manière constructive si possible.

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