A Bordeaux, des paniers de légumes "moches" offerts aux étudiants

L'entreprise Josette anti gaspi, spécialisée dans la revalorisation des invendus alimentaires, distribue des paniers de fruits et légumes aux étudiants les plus précaires. 

Les paniers de légumes des producteurs locaux sont offerts aux étudiants dans le besoin
Les paniers de légumes des producteurs locaux sont offerts aux étudiants dans le besoin © Solenne Loustalan

Une balade en trottinette = un coup de pouce pour des étudiants en situation de précarité. Certes, l'équation ne paraît pas évidente au premier abord, mais, depuis quelques semaines, le résultat est bien là.
Onzième thèse , les Carabins de Bordeaux , le comptoir d'Aliénor… plusieurs associations ou épiceries solidaires bénéficient de paniers de fruits et légumes de saison, qu'elles distribuent aux étudiants dans le besoin. 

Distribution de paniers auprès des étudiants

Une aide bienvenue en cette période de crise, et rendue possible grâce notamment à l'action de l'entreprise bordelaise "Josette Anti Gaspi". Celle-ci récupère des fruits et légumes invendus auprès de producteurs locaux pour en faire des paniers, distribués via le relais d'associations.

Et c'est dans le financement de l'opération que la trottinette intervient. Josette a noué un partenariat avec Tier mobility, opérateur de location de trottinettes électriques. "Pour chaque location, un euro est utilisé pour financer cette opération, ce qui nous permet ensuite de distribuer les paniers gratuitement, précise Anne-Laure Mazzia, co-fondatrice de Josette Anti Gaspi.
Beaucoup de clients de Tier mobility sont des étudiants. Ils se sont dit que ce serait juste de les soutenir et les aider à manger davantage de produits sains". 
L'entreprise de location met également à disposition une camionnette électrique pour la livraison, et leur prête une partie de leur entrepôt. Depuis début mars, une centaine de kilos ont ainsi été distribués chaque semaine.

Des fruits et légumes moches, mais de "super bonne qualité"

En décembre 2019, Anne-Laure Mazzia a fondé Josette Anti gaspi avec Antoine Mathis, un ami rencontré dans son école de commerce. "Nous étions tous les deux en quête de sens, Antoine se posait beaucoup de questions sur notre alimentation, il était sensibilisé à la question du gaspillage. Moi, je tenais à ce que les producteurs soient rémunérés de façon juste", se souvient Anne-Laure. 
L'idée voit le jour : racheter, dans un rayon de 200 kilomètres autour de Bordeaux, des fruits et des légumes voués à la destruction : trop petits, trop gros, trop tordus, ou produits en trop grande quantité… Les deux entrepreneurs visent "des produits de super bonne qualité, mais déclassés car ils n'ont pas trouvé d'acheteurs". Le nom, lui, s'inspire du prénom de la grand-mère d'Antoine, "un clin d'œil aux anciens, qui nous ont toujours appris à cuisiner les restes et à ne pas gaspiller". 
Dans un premier temps, ces produits sont proposés aux restaurants partenaires, dont le café solidaire Wanted Cafe Bordeaux, 

ADN solidaire

"Lorsqu'avec le Covid, tout s'est retrouvé à l'arrêt, nous avons proposé des paniers de fruits et de légumes, poursuit Anne-Laure. Nous avons des points relais dans les entreprises, ce qui permet aux gens d'être livrés sur leurs lieux de travail". Compter 12,90 euros pour un panier bien garni, de cinq kilos environ. 

Quand nous avons créé Josette, on a envisagé en faire une association. Puis on s'est dit que c'était bien aussi de montrer qu'on pouvait créer une entreprise, qui fait de l'argent, qui va créer de l'emploi, mais qui a un ADN solidaire.

Anne-Laure Mazzia, co-fondatrice Josette

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"On a fait une école de commerce pour finir primeurs"

Les deux trentenaires, qui ont également créé l'association Collectif Solidaire, espèrent maintenant développer des partenariats avec 
de nouveaux restaurants, voire ouvrir leur propre enseigne. Le projet, envisagé au printemps 2020, a été reporté au vu du contexte, mais pas abandonné. "On a fait une école de commerce pour finir primeurs, et on en est très heureux !, sourit Anne-Laure. C'est une belle aventure et on est content de pouvoir proposer des actions assez simples pour les consommateurs afin qu'eux aussi, participent au changement. Et on espère bien avoir de nouveaux projets à développer d'ici la fin de l'année ! "

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