Arès : une pétition contre la flambée de la redevance des corps-morts

Ces Arèsiens demandent au maire de négocier auprès du Syndicat mixte des ports du bassin d'Arcachon cette nouvelle redevance 2021, qui "est le double de ce que nous avons payé les années précédentes". Pour des bateaux qui, pour certains, ne pourraient naviguer qu'à marée haute...

La zone de mouillages à Arès est particulièrement envasée, naturellement.
La zone de mouillages à Arès est particulièrement envasée, naturellement. © M.S.

Au 15 avril, cette pétition en ligne n'a été signée que par une soixantaine de personnes mais pourrait faire son chemin tout autour du bassin d'Arcachon.

C'est dans un courrier du Syndicat mixte des ports du bassin d’Arcachon que les plaisanciers ayant eu recours à un corps-mort en 2020, ont appris la mauvaise nouvelle : la redevance fixée par le SMPBA.

En effet, alors que le club nautique se chargeait de cette tâche, il incombe désormais au syndicat de gérer ces emplacements obligatoires ainsi que de fixer la redevance.

Dans ce courrier, le syndicat indique que le montant est de 60 euros du mètre linéaire. Et l'auteur de la pétition, Philippe Desseaux rappelle le montant des redevances précédentes (2018 à 2020)

"Nous demandons à la mairie d'Arès de négocier cette redevance avec le SMPDA. Le montant qui nous semblerait opportun serait de 35.00€ du mètre linéaire".

Par exemple, il est lui-même plaisancier à bord d'un 5'90 (le bateau créé en Gironde et souvent associé au bassin d'Arcachon), soit 5,90 mètres fois 60 euros : il devra payer cette saison (du 1er mars au 31 octobre) 354 euros ! Une "augmentation surréaliste" car il payait, auprès des affaires maritimes d'Arcachon, 144 euros en 2018.

Dans la vase

A Arès, nous sommes au fond du bassin d'Arcachon. Contrairement à d'autres emplacements en bordure d'un chenal, les sorties en mer sont encore plus conditionnées par la marée. "La situation de ces mouillages se situe pour la plupart dans la vase. Les mouillages des 2 premières lignes ne flotteront que par des coefficients de marée supérieurs à 50. Ces emplacements ne bénéficieront que de peu de temps de navigation".

En plus, nous raconte-t-il, le club nautique, qui s'occupait de ça avant, avait instauré une navette officieuse qui permettait à chacun de rejoindre son embarcation.

Un peu plus d'équité

Pour Philippe Desseaux, comme cet autre plaisancier Michel Sailhan, il ne s'agit pas de critiquer le fait que cette gestion soit faite par ce syndicat mixte, permettant d'organiser et de faire payer les emplacements. Et c'est souvent pour les municipalités devenu un casse-tête entre une augmentation des demandes et des poses sauvages de corps-morts venant perturber ces zones de mouillages légales."On a bien compris que la mairie souhaitait s'en décharger".

"Mais nous sommes dans la vase !" Philippe et Michel souhaitent avant tout que la configuration du site arésien soit prise en compte. "Attention, ça a toujours été comme ça et je m'en arrange très bien," mais ils trouvent un peu fort de café de payer le même prix que les plaisanciers d'Andernos, par exemple, qui ont plus d'eau.

Par ailleurs, ce syndicat n'englobe que quelques ports du bassin d'Arcachon. Lège-Cap-Ferret et Arcachon n'en font pas partie, par exemple. "A Lège, c'est géré par la mairie, je connais quelqu'un qui paiera environ 150 euros cette année..."

Par ailleurs, lors de rencontres, avec le maire notamment, on parle de frais déployés pour cette gestion des corps- morts, près de 125000 euros d'après ce que Philippe Desseaux a pu consulter : "mais on ne va pas tout payer en une fois cette année !"

Un nouveau Syndicat Mixte des Ports du Bassin d'Arcachon (SMPBA)

Pour Cyril Clément, Directeur du Syndicat mixte du bassin d'Arcachon, cette tarificaction a été votée en décembre par le syndicat. Il explique qu'il existe un zonage sur Arès dont la zone du Tracas (club nautique) qui fait l'objet d'une autorisation d'occupation temporaire AOT" où pour certains, ils payaient déjà 300 euros l'an dernier", "or maintenant, la tarification est liée à la taille du bateau".

Il explique que cette tarification prend en compte un certain service, d'entretien, de matériels et de gestion.

150 000€ de dépollution

Le directeur du syndicat explique qu'il a fallu, au niveau du port d'Arès, effectuer des travaux de dépollution qui ont coûté "150 000 euros". "On a dû retirer près de 25 tonnes de déchets !". Car ici, certains plaisanciers jusque-là pouvaient installer leur propres mouillages artisanaux "et certains étaient mêmes illicites"...

Il faut croire que bon nombre de ces anciens mouillages ont fini au fond de l'eau, mélangés à la vase et au varech : "des chaînes, des bidons de toutes sortes jusqu'au tambour de machine à laver "!

Cyril Clément assure que la tarification est en rapport avec le service rendu. 140 nouveaux mouillages neufs et innovants avec "un câble et un jeu de flotteurs" plus "bénéfique pour l'environnement car il n'y a pas d'effet de trainée de la chaine", qui ont été approuvés par un bureau d'études... Pour les emplacements, il s'agit d'une organisation dans l'espace "qui n'est que la zone établie par l'Etat".

Quant à l'envasement ? "il ne faut pas croire, il est le même à Lanton ou Andernos..."

Il estime également "qu'un geste a été fait" et qu'un distinguo a déjà été consenti entre ceux plus près de la berge, "plus envasés" (30 euros le m/linéaire) et les autres zones (jusqu'à 60 euros m/l).

Les protagonistes se sont rencontrés et ont exposé semble-t-il leur désaccord. Apparemment, la messe semble dite pour cette année... Mais le propre d'un syndicat est sans doute de rassembler tous les acteurs de ces activités de plaisance, en bonne intelligence et équité. 

Car on le sait, avec les modes, la flambée immobilière et le tourisme bienvenu, il ne faudrait pas que les "locaux" se sentent dépossédés de leurs amarres et que le bassin devienne une aire de jeu du plus offrant.

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