Bordeaux : un homme frappe sa compagne, puis sort dans la rue une hache à la main

Un homme de 40 ans est jugé ce lundi après-midi 6 avril en comparution immédiate. Il a été interpellé dimanche 5 avril par la BAC cours de l’Yser après avoir frappé sa compagne et tenté de défoncer une porte à coup de hache.
Voiture de police nationale en intervention. Photo d'illustration.
Voiture de police nationale en intervention. Photo d'illustration. © Christine Le Hesran
Les interventions pour violences intrafamiliales sont en augmentation d'après le parquet.

C’est la Brigade anti-criminalité qui l’a arrêté hier peu àprès 15 heures en plein centre ville de Bordeaux, une hache à la main. La victime, âgée de 33 ans, avait donné l’alerte. Selon France Bleu Gironde, cette femme aurait expliqué à la police avoir reçu des coups avant de s’enfermer dans la salle de bain pour se protéger. C’est à ce moment que son conjoint aurait pris une hache pour tenter de défoncer la porte.
 

L’homme, qui n’était jusque là pas connu des services de police selon la DDSP, a été placé en garde à vue puis déféré au parquet ce matin.
Il doit être jugé en comparution immédiate lundi après-midi, précise le parquet.

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Selon la police judiciaire, une douzaine de cas de violences intrafamiliales aurait été enregistrée durant le week-end sur la Métropole bordelaise, « représentant la moitié des faits commis ».
De son côté, le parquet de Bordeaux confirme en effet « avoir eu plusieurs affaires de violences intrafamiliales ce week-end ».

Alors assiste-t-on à une hausse des violences conjugales en cette période de confinement ? Selon le parquet, entre le 17 mars et le 31 mars l’augmentation des interventions pour violences intrafamiliales serait de 25 % sur la même période l’an dernier en zone police, et de 28% en zone gendarmerie. Cela n’a « pas pour autant entraîné une hausse de l’activité judiciaire» liée aux violences intrafamiliales car toutes ces affaires n’ont pas entraîné de déferrement. C’est-à-dire que les faits constatés « ne relevaient pas forcément d’infractions ». Pour autant l’analyse de ces chiffres est « difficile », explique-t-on au parquet, « on manque encore de recul ».

La police judiciaire parle d'une « montée » de ce type de violences depuis le début du confinement. Elle a été saisie de plusieurs affaires ces trois dernières semaines dans notre région. Il s’agit des plus graves, notamment celle survenue le 31 mars dernier à Saint-Paul-les-Dax. Trois corps sans vie avaient été retrouvés dans une maison fermée de l’intérieur. Il s’agissait d’un père, d’une mère et de leur fils âgé de 13 ans. La piste du drame familiale avait rapidement été privilégiée par les enquêteurs.

Qui appeler pour donner l'alerte ?

Le 3919 est toujours opérationnel, en ces temps de confinement, pour les femmes battues, ainsi que le 119 pour les enfants en danger.
Des points d'alerte ont été créés pour que les personnes victimes de violences puissent se déclarer et être aidées. Ils ont été mis en place dans certaines pharmacies et supermarchés.
Le 31 mars, à l'Assemblée nationale, Christophe Castaner a annoncé que les victimes de violences intrafamiliales pouvaient désormais envoyer un SMS au 114.

Par ailleurs, un nouveau numéro de téléphone a été mis en place ce lundi. Celui-ci s'adresse aux auteurs de violences conjugales. Le 08 019 019 11, "ne frappez pas", est dédié aux hommes violents. Marlène Schiappa avait annoncé son lancement sur twitter.
 
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