Bordeaux : le tourisme en chute libre en 2020, les professionnels s'impatientent

On s’y attendait : le secteur touristique a été durement touché en 2020. Des baisses record dans tous les secteurs, qui enregistrent jusqu'à de 80 % d’activité en moins. 

Depuis la Flèche Saint-Michel, une vue magnifique sur le Port de la Lune.
Depuis la Flèche Saint-Michel, une vue magnifique sur le Port de la Lune. © A. Lopez - France 3 Aquitaine

Aucun secteur n’a été épargné. En 2020, le tourisme en Gironde et particulièrement à Bordeaux a dégringolé. Dans Bordeaux Métropole, seuls 172 000 visiteurs ont été recensés, contre 642 000 en 2019. “Le tourisme urbain, partout en France a été sévèrement touché”, précise Olivier Occelli, directeur de l'office de tourisme de Bordeaux Métropole.

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Hôtels et restaurants au point mort

Fermés depuis près d’un an, les restaurants sont les plus touchés par la crise du Covid. “On ne va pas parler de catastrophe, mais la situation est très difficile, surtout, car il y a beaucoup d’inquiétudes et d’incertitude. Ca fait un an qu’on est fermé”, précise Jean-Philippe Burgeat, représentant de l’UMIH de Gironde. Pour lui, la vente à emporter, dernier lien pour de nombreux restaurants, est anecdotique sur le plan financier. 

Les hôtels, restés ouverts, ont eux aussi subi la crise sanitaire. La majorité d’entre eux affichait des baisses de 41 % des taux de réservations, pour au total 3,74 millions de touristes. Des changements qui ont poussé les hôteliers à repenser leur activité. “On a découvert le service de restauration en chambre, le partage d’espace en coworking. C’est peut-être aussi l’opportunité de se remettre en question”, tente de positiver Jean-Philippe Burgeat.

L'année 2020 est une année noire pour le tourisme urbain, comme à Bordeaux Métropole.
L'année 2020 est une année noire pour le tourisme urbain, comme à Bordeaux Métropole. © J. Chapman / France 3 Aquitaine

Il s’agit principalement de voyageurs d’affaires, d’origine française. Un véritable coup dur pour ceux dont l’activité reposait sur les vacanciers : ils n’ont travaillé que durant été, seule bouffée d’air pour beaucoup de professionnels. “Le tourisme d’agrément a été impacté par la fermeture des restaurants, et les couvre-feux, qui ont limité les activités”, explique Olivier Occelli.

Tourisme local

Si certains hôtels continuent de tourner grâce aux déplacements professionnels, ce n’est pas le cas de nombreux professionnels du tourisme. L’office de tourisme de Bordeaux Métropole a ainsi enregistré une baisse de 73 % de touristes. En 2020, ils n’étaient que 172 000 contre 642 000 en 2019.

Une fréquentation majoritairement française (83 %) et particulièrement locale, avec près de 23 % de Girondins. Les touristes étrangers n’ont représenté que 26 % des visites dans la région. 
 

On attend avec impatience la sortie de cette crise sanitaire. On prépare déjà des actions à destination de l’hôtellerie proposant des prix doux. Mais on cible aussi le tourisme d’affaires, qui représente d’ordinaire la moitié des flux de voyageurs.

Olivier Occelli, directeur de l'office de tourisme de Bordeaux Métropole

L’aéroport de Bordeaux a été particulièrement touché par cette baisse de touristes étrangers : seuls 2,3 millions de passagers ont transité par Bordeaux, soit moins 70 % de fréquentation. La gare de Bordeaux, plus axée sur des trajets de proximité et nationaux a été moins touchée, avec une baisse de 24 % du trafic de voyageurs.

Moins de touristes étrangers et donc moins de visites. C’est le constat de l’office de tourisme. Les musées ont vu leur fréquentation chuter de 57 %, soit plus de 800 000 entrées en moins, malgré la gratuité des musées l'été dernier. Elle a tout de même permis un rebond des fréquentations, sur ces mois estivaux. 

Même constat du côté des châteaux viticoles, qui ont vu leur fréquentation chuter de 70 % et des monuments fermés depuis mars dernier, qui affichent des baisses de 74 %.

Deux événements organisés sur onze

Moins de touristes, mais aussi moins d'événements. Congrès et expositions de Bordeaux organisent en moyenne une dizaine d’événements dans la métropole. Cette année, ils n’ont pu en réaliser que deux. “Dans notre métier d'organisateur d’événements, notre activité a chuté de 80 %. Ce sont les mêmes chiffres pour celui d’accueil d’événements, la majorité ayant été reportée ou annulée”, analyse Stéphane Kintzic, directeur général de la structure. 

Aujourd’hui, l’entreprise ne tient que grâce au chômage partiel. Coupe du monde de rugby en 2023 et Jeux olympiques en 2024 : les gros événements sont désormais en ligne de mire des professionnels, pour définitivement oublier si possible cette mauvaise année.

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