Face à la crise liée à la Covid-19, le département de la Gironde élargit son aide pour les jeunes en précarité

Le Département de la Gironde a voté un nouveau dispositif d'aides pour les jeunes en précarité. Montant supérieur, durée allongée, il inclut désormais des jeunes de 18 à 29 ans, y compris les étudiants. Baptisé Cap'J Crise, il sera expérimenté à partir du 1er mai, en réponse à la crise sanitaire.

Rassemblement à Bordeaux 25 janvier 2021 à l'Université Bordeaux Montaigne contre  une "rentrée fantôme" (25/01/2021).
Rassemblement à Bordeaux 25 janvier 2021 à l'Université Bordeaux Montaigne contre une "rentrée fantôme" (25/01/2021). © David Thierry/MaxPPP

CAP’J, le contrat d’Accompagnement Personnalisé pour les Jeunes n'est pas une nouveauté. Il a été créé en 2010. A l'époque, il s'agissait pour le département socialiste, d'accompagner les jeunes dans leur démarche d’insertion sociale et professionnelle. Mais, face à la crise sanitaire engendrée par la Covid-19, ce dispositif a été élargi et simplifié sous le nom de CAP'J crise.   

Un public cible élargi 

A partir du 1er mai, pourront en faire la demande tous les jeunes en situation de précarité, âgés de 18 à 29 ans (et plus seulement jusqu'à 24 ans) et quelque soit leur statut :  en formation ou sans diplôme mais également les étudiants à qui le dispositif a été ouvert. Le 16 mars dernier, ces derniers, en colère,  manifestaient à Bordeaux. 

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La crise sanitaire a aggravé la précarité financière, le décrochage et la détresse psychologique qui s'installe chez les jeunes. Ecoutez Amandine Baesel, Représentante UNEF Bordeaux et Solën Jouin, Coordinatrice des jeunes communistes de Gironde

Amandine Baesel, Représentante UNEF Bordeaux s'alarmait sur le nombre d'étudiants et de jeunes ayant du mal à se nourrir et réclamait un plan d'urgence. Solën Jouin, Coordinatrice des jeunes communistes de Gironde de son côté demandait pour le jeunes travailleurs l'ouverture au RSC pour les moins de 25 ans. 

Le département leur apporte un début de solution. Elle est jugée originale, par l'Assemblée des départements de France, face à la crise que traverse les jeunes alors que le RSA n'est pas possible avant l'âge de 25 ans et n'est pas accessible aux étudiants. 

Des étudiants et des jeunes en colère manifestent à Bordeaux le 16 mars 2021.
Des étudiants et des jeunes en colère manifestent à Bordeaux le 16 mars 2021. © F3 Aquitaine

Jean-Luc Gleyze, Président  PS du Département explique : « Dans la continuité de notre travail sur l’expérimentation du revenu de base, nous élargissons ce dispositif pour répondre à une situation d’urgence. Un test grandeur nature. Il prendra la forme d’une allocation versée mensuellement, en fonction des ressources, avec un accompagnement global pour assurer l’insertion sociale et professionnelle des jeunes. »

Une aide d'un montant supérieur et sur une durée plus longue

L’aide sera versée pour une durée de 3 à 12 mois. Elle ne pourra excéder 3 000 € au total par jeune. Lors de sa séance plénière du lundi 12 avril, le département a voté une enveloppe de 820 000 euros. Le dispositif expérimental sera maintenu pendant dix-huit mois. "Une demande de soutien de l’Union Européenne est en cours" indique le Conseil départemental sur son site.

Pour en bénéficier, les jeunes devront en faire la demande auprès

Ces structures examineront leur situation financière, économique, professionnelle et psychologique au cas par cas. 

Parmi les trois plateformes de repérage et d'accompagnement que compte la Gironde, celle de la Haute-Gironde Libournais intervient exclusivement en milieu rural auprès de jeunes de moins de 30 ans sans emploi, ni formation. Beaucoup sont en rupture ou leurs familles sont elles-mêmes en précarité. Avec la crise saniaire leur situation s'est aggravée constate Delphine Creste, la référente des quatre intervenants dans ce secteur : 

"On voit de plus en plus de jeunes en très grande précarité dans une situation d'expulsion de leur logement, qui rencontrent des difficultés à se maintenir dans un emploi ou un stage" ... "Ils sont très démunis, très inquiets pour leur futur et se posent beaucoup de questions : vont-ils réussir à reprendre une formation ? Accéder à l’emploi ?  CAP'J Crise, C'est une très bonne nouvelle pour ces jeunes"

Pour Delphine Creste, ce contrat, passé avec le jeune, l'engage dans un parcours global visant à lever tous les freins à son insertion et le sécurise dans son projet professionnel. "CAP'J Crise va lui permettre d’avoir une projection de parcours d’insertion sur le long terme, de passer le permis, mettre de l’essence dans le scooter..."

Ne reste par à l'écart. #Réa'J
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Thiphaine Goron, elle, travaille à la mission locale de Saint-Denis de Pile, autre structure partenaire de CAP'J Crise. Elle aussi applaudit au dispositif et fait le même constat, la crise sanitaire a accentué la précarité des jeunes : 

"Beaucoup travaillent dans la restauration. Avec la covid-19, leur contrat a été rompu ou n'a pas été renouvelé. D'autres travaillent en saisonnier".  Leur santé mentale aussi s'est dégradée "certains peuvent avoir peur de se retrouver en groupe, de prendre les transports en commun. C'est compliqué aussi de ne penser que sur du court terme."

300 à 500 jeunes pourront bénéficier du dispositif CAP'J Crise en Gironde. Le dispositif antérieur avait aidé une centaine de jeunes, soit 239 allocations mensuelles versées en 2020.

Selon la Commission d’enquête de l’Assemblée Nationale pour mesurer et prévenir les effets de la crise de la Covid-19 sur les enfants et la jeunesse, 22,6 % des moins de 30 ans sont en situation de pauvreté et 29,4% des moins de 26 ans sont au chômage en Gironde. 30 % des étudiantes et étudiants ont renoncé à l’accès aux soins, plus de 50 % sont inquiets pour leur santé mentale depuis le début de l’épidémie.

A Bordeaux, une entreprise anti gaspi, spécialisée dans la revalorisation des invendus alimentaires, distribue des paniers de fruits et légumes aux étudiants les plus précaires depuis plusieurs semaines

La précarité des jeunes de Gironde en chiffres

 

29,4% des moins de 26 ans sont au chomage en Gironde

 30 % des étudiant-e-s ont renoncé à l'accés aux soins 

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