Fin des reports de charges, remboursement des prêts... les entreprises girondines appréhendent les mois à venir

Les conséquences économiques de la crise sanitaire se font lourdement ressentir chez les entrepreneurs. Les commerces du centre de Bordeaux sont les plus lourdement impactés, mais le remboursement des aides publiques s'annonce comme une étape cruciale pour de nombreuses entreprises du département.

Une terrasse vide à Bordeaux (image illustration)
Une terrasse vide à Bordeaux (image illustration) © PHOTOPQR/SUD OUEST
Vont-ils devoir mettre la clé sous la porte? Combien de temps encore sera-t-il possible de tenir? Pour beaucoup d'entrepreneurs, ces questions sont omniprésentes depuis le mois de mars. En Gironde, comme dans l'ensemble du territoire français, difficile pour les entreprises de garder une once d'optimisme pour les mois à venir.

Certes, la métropole bordelaise a réussi à éviter le couvre-feu. Mercredi soir, Emmanuel Macron annonçait l'interdiction des déplacements entre 21 heures et 6 heures en Ile-de-France et huit métropoles. Bordeaux n'est pas concerné, au grand soulagement des restaurateurs et cafetiers, déjà concernés par la fermeture des bars dès 22 heures. 

Hôtellerie et restauration dans le rouge

C'est sans doute à Bordeaux que le secteur touristique est le plus impacté par la crise. L'immense majorité (94%) des commerces de la métropole bordelaise compte moins de 10 salariés. Près de 20% de ces commerces sont des cafés, hôtels ou restaurants. Le taux d'occupation des hôtels de la métropole était en moyenne de 23,6% entre les mois de mars et août, soit en recul de 67,5% par rapport à l'an dernier.

Le centre-ville de Bordeaux "à l'agonie"

Mais c'est l'ensemble des commerces du centre-ville qui trinque. Et pour cause: la fréquentation piétonne dans le centre de Bordeaux a chuté de 45%. D'autant que les commerçants de La Ronde des Quartiers ont annoncé ce jeudi soir l'annulation du marché de Noël à cause de la jauge à 1000 personnes. Une situation devenue trop compliquée économiquement. 

"C'est dramatique, se désole Christian Baulme, président de la Ronde des quartiers, association de commerçants du centre-ville. On sortait de la crise des Gilets jaunes, on a connu des mouvements sociaux et maintenant le Covid. C'est la succession de ces crises qui fait que le centre-ville est à l'agonie".
 

Il suffit de se promener dans le centre-ville de Bordeaux pour voir tous les commerces qui sont à vendre. On en voit même cours de l'Intendance. En plus, ils ont du mal à trouver preneur. C'est la première fois que je vois ça.

Christian Baulme, président de la Ronde des quartiers



Le centre de Bordeaux n'est pas le seul à souffrir. Partout en Gironde, le moral est en berne. Les aides de l'Etat ont pourtant joué leur rôle : le nombre de cessation d'activité n'a pas augmenté depuis le confinement. Au contraire même : depuis le mois de mars, 188 liquidations judiciaires ont été prononcées en Gironde. "On n'a pas vu une explosion des cessations d'activité. Nous sommes même sur un niveau inférieur aux années précédentes", confirme la CCI.

Economie sous perfusion ?

Mais pour combien de temps ? L'économie placée sous perfusion pourrait bien accuser le coup d'ici le printemps, quand les prêts consentis par l'Etat devront être remboursés, ou que le report des charges arrivera à échéance.  Avec des conséquences potentiellement très importantes pour l'économie locale. Ce jeudi, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a annoncé un renforcement des mesures d'aide en vigueur, et notamment une prolongation des Prêts garantis par l'Etat (PGE) au 30 juin 2021. 


Carnets de commandes et chiffres d'affaires en baisse, pas ou peu d'investissements… Selon une enquête de la CCI, 40% des entreprises du département connaissent un niveau d'activité très inférieur depuis la fin du confinement, le commerce, les activités de service étant les plus touchées.

Quelles conséquences sur l'emploi ? Les chiffres du chômage du troisième trimestre ne sont pas encore connus. Sondés par la Chambre de commerce de la Gironde, les entrepreneurs indiquaient à 70% envisager de maintenir leurs effectifs dans les six prochains mois. Près de 20% réfléchissent à des suppressions d'emplois, et 11% à des recrutements.
En juillet, le nombre de demandeurs d'emplois était en hausse de 12% en Gironde par rapport à juillet 2019,
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