"Il ne faut oublier personne sur le chemin", face à la suppression des distributeurs de billets, les petites communes font de la résistance

Pas assez "rentables", les distributeurs automatiques de billets se font de plus en plus rares. Leurs suppressions régulières inquiètent les petites communes. Pour lutter contre la disparition de ce service, les mairies s'organisent pour proposer des alternatives.

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Sur la place de Sadirac, une petite commune de 6 000 habitants située en Gironde, on peut apercevoir un distributeur automatique de billets (DAB). Sa présence est loin d’être une évidence : deux ans auparavant, le distributeur historique du village était supprimé par la banque, car jugé pas rentable. "Il leur fallait un seuil de rentabilité, un DAB ça coûte 250 000 euros et il y avait un problème de rentabilité", explique Patrick Gomez, le maire de la ville. Comme ce distributeur, plus de 13 000 ont été supprimés depuis 2010 en France pour passer d’environ 60 000 à 46 250 aujourd’hui.

"La majorité des gens paye en espèces"

Ces suppressions, qui mettent en danger les petites communes rurales, sont à l'origine de l'initiative de la mairie de Sadirac. Depuis quelques mois, un distributeur d'un nouveau genre, a fait son apparition dans le village. "On est parti du constat que les distributeurs sont une nécessité chez nous, donc avec mon équipe, on a travaillé pour parvenir à tout mettre en place en un an", indique le maire de la commune.

Une opération gagnante pour cette commune. "En 2022, il y avait 84 000 euros de sortie sur ce DAB, aujourd’hui, on a 118 000 euros et ça va crescendo, ça permet d’amener un dynamisme au niveau des commerces et de toute la population locale", se réjouit Patrick Gomez.

L'autre distributeur le plus proche est à 10 minutes en voiture donc c’est un peu compliqué.

Flora Duconseil

Gérante Novana Beauty

À quelques kilomètres, à Sainte-Eulalie, le distributeur de la commune va, lui aussi, être supprimé. Cette fois immédiatement remplacé, l'inquiétude n'a pas gagné les commerçants. "On ne capte rien ici, on n’a pas l’opportunité d’avoir des terminaux carte bleue, donc la majorité des gens paye en espèce", explique Flora Duconseil, gérante d’un magasin de cosmétiques.

La carte bancaire règne en maître

Ce nouveau (DAB) est un distributeur « Cash services », le distributeur commun de BNP Paribas, Société Générale et Crédit Mutuel Alliance fédérale. Mis en place depuis fin 2023, ce partenariat vise à optimiser les comptes des banques malgré la baisse de fréquentation des distributeurs. Il concerne aujourd'hui plus de 15 000 automates et devrait provoquer la fermeture de 3 000 points de retrait d'ici à 2026.

Malgré la fidélité des petites communes aux distributeurs de billets, au niveau national, les usages semblent changer. Selon une étude Poll & Roll réalisée pour le comparateur de services bancaires Panorabanques, 7 % des Français ne font plus de retrait en liquide au distributeur. L’utilisation de la carte bancaire, du paiement par téléphone ou encore sur internet s’est glissée dans notre quotidien et surtout celui des jeunes. 80 % des Français utilisent la carte bancaire au quotidien.

Des évolutions qui ne justifient pas, selon le maire de Sadirac, des changements aussi drastiques. "Il ne faut oublier personne sur le chemin. On n’est pas forcément tous au numérique, il y a des gens et notamment les personnes âgées qui ont besoin de ça", rappelle Patrick Gomez.

Malgré toutes ces suppressions, selon la Banque de France, près de 80 % de la population se trouve à moins de cinq minutes en voiture d'un distributeur automatique de billets.