Noyade : “j’ai déjà sauvé six personnes depuis le début de la saison”, sur la côte Atlantique, le danger est permanent

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Écrit par J.Chapman et H. Chauwin

Le mois de main loin d’être achevé, les plages de Gironde sont déjà prises d’assaut par les vacanciers. Locaux ou touristes, ils sont nombreux à se jeter à l’eau, quitte à prendre des risques importants. Encore aujourd’hui, un jeune homme a été sauvé, in extremis.

Sur la plage, Stéphane Galissaire a les lieux rivés vers les vagues. Depuis deux jours, il scrute les baigneurs, prêt à partir en cas de noyade. “J’ai déjà sauvé six personnes depuis le début”, précise le surfeur du Cap-Ferret.

Aujourd’hui, il a de nouveau dû affronter les vagues pour venir en aide à un jeune, âgé de 21 ans. “Il avait perdu connaissance, et il était quasi-parti. Il a fallu que je le ranime sur la place”, explique Stéphane Galissaire.

Les pompiers ont également été mobilisés pour transporter le jeune homme. Seul solution pour le transporter : utiliser l'hélicoptère Dragon 33.

Prévenir des dangers

Pourtant, aujourd’hui, un panneau dès l’entrée de la plage prévenait les potentiels baigneurs : les courants importants rendaient leur baignade extrêmement risquée.

C’est une houle très puissante qui arrive de l’autre côté de l’océan, avec beaucoup plus d’énergie que d’habitude. Vous vous faites emporter comme un fétu de paille, dans des endroits que vous ne soupçonniez pas.

Stéphane Galissaire, vice-président du Surf Club de la presqu'ile

En plus d’un panneau, des bénévoles sont postés à l’entrée de la plage pour sensibiliser les touristes. Mais cette année, les fortes chaleurs ont attiré de nouveaux adeptes, bien plus tôt dans l’année.

“Même en semaine, nous constatons qu’il y a beaucoup de monde”, détaille Philippe de Gonneville, maire (DVD) de Lège-Cap-Ferret. Problème, les sauveteurs eux, ne sont pas encore arrivés. Ils seront une trentaine mi-juin, cinquante au cœur de l’été. Mais pour l’heure, la commune de Lège-Cap-Ferret ne peut surveiller ses 25 km de plage.

► Reportage d'H. Chauwin et I. Carpentier

Plage : baignade dangereuse ©France 3 Nouvelle-Aquitaine

Même constat à Lacanau où la plage centrale a encore accueilli plus de 6 000 personnes aujourd'hui. "A trois communes, cela nous coûte 1,1 million d'euros uniquement pour les salaires des moniteurs. Il faut ensuite rajouter l'investissement dans les infrastructures et les dépenses de fonctionnement", détaille Laurent Peyrondet, le maire de Lacanau. "Ce sont des sommes considérables pour nos petites communes. On essaie de faire plus chaque année mais on appelle à la solidarité."

La solidarité évoquée, c'est celle de Bordeaux Métropole, à qui ces communes balnéaires demandent un coup de pouce financier. La raison : les habitants de la Métropole constituent les principaux touristes sur ces plages.

Extrait Thalassa : exercice de sauvetage côtier à Lacanau

Vivre avec le littoral, c’est le quotidien de l’équipage de Dragon 33 qui vole au secours des populations tout au long de l’été.
Un reportage de Bertrand Bolzinger - Production Upside/ FTV.