"On va leur dire qu'ils n'ont rien à faire ici", au Salon de l'agriculture, les politiques, cible principale des agriculteurs

À six jours du Salon de l’agriculture, les syndicats ne relâchent pas la pression. En Lot-et-Garonne, la coordination rurale appelle à un rassemblement à Paris. La FNSEA de son côté maintient les actions en attendant de pouvoir “aborder les politiques”.

La colère gronde toujours. Un mois après le début des actions, les agriculteurs continuent de maintenir la pression pour obtenir des mesures. En ligne de mire, leur rémunération qu’ils considèrent écartée des propositions faites par les ministres et le président. “On a espoir qu’il se passe quand même quelque chose d’ici au salon de l’agriculture”, indique José Perez, le président de la coordination rurale du Lot-et-Garonne. Son syndicat a prévu de “bousculer” les visites du Président et des ministres. “On veut leur dire qu’ils n’ont rien à faire ici”, martèle-t-il.

"On ne veut pas d'eux"

Le 24 février s’ouvre le salon de l’agriculture à Paris dans un contexte qui s'annonce déjà tendu. Figure de proue en Aquitaine d’une contestation musclée, la Coordination rurale du Lot-et-Garonne a demandé à ses adhérents de se réunir pour “monter au salon de l’agriculture”. “On va voir nos politiques pour leur expliquer qu’on ne veut pas d’eux au salon parce qu’ils n’en ont rien à faire du monde agricole”, lâche, excédé José Perez.

On cible surtout le président, le premier ministre et le ministre de l’Agriculture, mais ils sont tous un peu les mêmes. On a eu très peu de soutien politique concret.

José Perez

Co-président de la Coordination Rurale du Lot-et-Garonne

Lassés d’attendre des mesures qu’ils jugent “tardives” ou “insuffisantes”, le syndicat promet cependant de ne pas perturber le salon. “On ne va pas bloquer le salon parce que nos agriculteurs vont y porter production et la vendre, mais on va interpeller les politiques qui seront présents”, précise le co-président du syndicat agricole lot-et-garonnais.

Autre cible du syndicat, la MSA ou encore les banques. “Tous les jours, ils tirent les agriculteurs avec lesquels ils travaillent vers le bas. Ils n’ont pas intérêt à sortir les petits fours et le champagne”, prévient José Perez.

Ne pas "gâcher la fête"

De son côté, la FNSEA ne considère par le Salon de l'agriculture comme le lieu pour réaliser des actions. “C’est une vitrine pour nos agriculteurs, on ne va pas détruire leur travail”, avance Marie Griffaton, présidente de la FNSEA de Dordogne. Mais ils ne resteront pour autant pas silencieux. “Nous allons en profiter pour échanger avec les politiques et leur rappeler nos messages et nos revendications”, explique-t-elle.

Au-delà des agriculteurs, la FNSEA ne veut pas “dépasser les limites”. “On a eu un très bon accueil dans la société, il ne faudrait pas gâcher la fête”, indique Jean-Samuel Eynard, le président de la FNSEA de Gironde.

La FNSEA a cependant annoncé qu’au moins “un représentant de chaque département se rendra au Salon de l’agriculture vendredi et samedi”. “J’ai déjà mes billets”, glisse Jean-Samuel Eynard, le président de la FNSEA de Gironde. Une opération pourrait tout de même être organisée, en cas d’absence d’annonce en amont du salon. “C’est au cas où il n’y aurait pas de propositions concrètes ou suffisantes”, explique Jean-Samuel Eynard, notamment sur la reprise du plan Ecophyto.

Concernant la rémunération, le syndicat mise sur la “lucidité”. “Ce sont des mesures qui vont s’inscrire dans le temps. Il faut déjà faire fonctionner réellement Egalim”, insiste Jean-Samuel Eynard.

L’État ne décrète pas les prix seuls, ce n’est pas une économie soviétique. Ce sont des mesures qui vont prendre du temps.

Jean-Samuel Eynard

Président de la FNSEA de Gironde

Pression maintenue

En amont du salon de l’agriculture, les agriculteurs continuent leurs actions, plus éparses, dans les départements. “On va se réunir pour organiser des opérations, particulièrement dans les grandes surfaces du département”, précise Marie Griffaton, président de la FNSEA de Dordogne.

En Gironde, une opération est prévue vendredi 23 février, place des Quinconces. La FNSEA de Gironde y organisera une opération “barbecue” pour sensibiliser les bordelais aux produits locaux et promouvoir l’agriculture locale.

En parallèle, dans le département très viticole, le syndicat assure mettre en place une vigilance accrue sur les contrats de négoce. “Si on voit passer un bordereau qui ne respecte pas le seuil de 1 000 € proposé par le CIVB, il aura une petite visite”, met en garde Jean-Samuel Eynard, président de la FNSEA de Gironde.

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