Sécurité : une nette augmentation des violences en Gironde en 2020

Les violences intra-familiales et les vols avec violence ont progressé de façon très marquée en 2020 en Gironde. 40% des actes délinquants les plus violents sont le fait de mineurs non accompagnés. Les forces de l'ordre ont constaté une banalisation de la violence dans les cités notamment.

La préfecture de la Gironde a dévoilé ce vendredi 29 janvier le bilan de la sécurité pour l'année 2020. Les chiffres révèlent une baisse générale de la délinquance mais une hausse très nette des actes violents, notamment dans l'agglomération de Bordeaux.

Ainsi en premier lieu, les homicides sont en recul de 20%, les vols sans violence diminuent fortement (- 23,96%) et les vols violents sans arme sont en baisse : -13,48%. 

En revanche, on constate une importante augmentation des vols avec armes : + 46,7 %  et de manière plus modérée des coups et blessures volontaires (+3,40%) et des cambriolages de logements (+4,35%).

La Gironde a été longtemps préservée des violences et insécurité, ce temps là n'est plus.

Fabienne Buccio - Préfète de la Gironde

Les violences intra-familiales 

Elles ont augmenté d'un peu plus de 10%, essentiellement en zone gendarmerie, hors agglomération. Un chiffre similaire à la hausse constatée au niveau national.

La recrudescence de ces violences a été particulièrement marquée pendant le premier confinement : + 31,49% au 1er semestre 2020. "Les personnes étaient moins occupées, elles n'allaient pas au travail et l'alcool était très présent" analyse la préfète.

Fabienne Buccio a annoncé la prolongation du dispositif d'accueil et d'écoute mis en place dans les grandes surfaces qui ont permis "une libération de la parole" a t-elle affirmé.

 

Les vols avec violence

L'augmentation des faits de délinquance violente est impressionnante : + 46% en Gironde alors que les chiffres sont en légère baisse en France sur l'année 2020. Concrètement, cela représente 223 vols avec arme à feu ou arme blanche contre 152 en 2019. Les trois-quarts ont eu lieu en zone police, c'est-à-dire dans les plus grosses villes.

Les forces de l'ordre ont constaté une banalisation de la violence dans les cités notamment. "Là où il y avait des rixes à coups de batons auparavant, on est monté en gamme avec les armes à feu jusqu'au drame des Aubiers début janvier quand un jeune adolescent a été tué" fait observer Patrick Mairesse, le directeur départemental de la sécurité publique. 

"Le climat s'est dégradé ces deux dernières années" ajoute t-il et la lutte contre les trafics et la consommation de stupéfiant ainsi que le travail de proximité avec les élus, l'Education Nationale et les associations de quartier seront, selon lui, une réponse efficace à ce problème.

Les mineurs non-accompagnés

Les mineurs non accompagnés représentent 40% des mis en cause dans les actes de vol avec violence, contre 36% en 2019. Le confinement a entraîné une intensification de leurs actions. Ils ont notamment contribué à l'augmentation du nombre de cambriolages dans l'agglomération de Bordeaux : 5198 effractions dans les logements en 2020 contre 4 313 en 2019. 

"Ils sont 80 à 150, essentiellement originaires d'Afrique du Nord, Algérie et Maroc, à commettre ces actes dans le secteur de l'hypercentre de Bordeaux et dans le secteur de Bègles même s'ils commencent à investir d'autres cités comme Arcachon, Angoulême, Poitiers ou des villes du Lot-et-Garonne" explique Patrick Mairesse. 

Un problème très complexe selon Fabienne Buccio qui souligne que ces jeunes, "extrêmement dangereux et violents", sont la plupart du temps drogués et "ne mesurent pas la gravité de leurs actes". 

La délinquance en provenance de groupes organisés d'Europe de l'Est en revanche a disparu avec le confinement. "Ces groupes, des réseaux très professionnels, sont repartis" assure la colonel Olivia Poupot, commandant du groupement de gendarmerie de la Gironde, "mais ils vont revenir" assure t-elle.