​​​​​​​Déconfinement et retour aux plages le 11 mai dans les Landes, en Gironde et au Pays basque sous conditions

Tous voulaient récupérer leurs plages pour le 11 mai : ce jeudi après-midi 7 mai, dans son allocution, Christophe Castaner a commencé à lâcher du lest en direction des élus. " Le préfet pourra autoriser l'accès aux plages, lacs et centres nautiques sur demandes des maires". annonce le ministre.

Une lueur d'espoir pour l'accès aux plages dès le 11 mai après les déclarations du ministre de l'intérieur ce jeudi 7 mai
Une lueur d'espoir pour l'accès aux plages dès le 11 mai après les déclarations du ministre de l'intérieur ce jeudi 7 mai © Pixabay
Le tonnerre grondait sur les communes du littoral. La raison de cette colère un choix gouvernemental. Le 11 Mai : citadins, ruraux, montagnards, tous vont commencer à retrouver leur écosystème habituel, les habitants du littoral aquitain craignaient de ne pas pouvoir retrouver leur espace de vie avant le 2 Juin.
Pays basque, Landes, Gironde, partout les populations locales parlaient d’imposture, l’interdiction est-elle en passe d’être levée ?
" Après l’emprisonnement collectif, nous voilà maintenant victime d’une injustice collective." s’offusque cette villageoise des Landes.



Ce jeudi 7 mai, une lueur d'espoir est arrivée. Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a annoncé en conférence de presse au côté du Premier ministre que  " Le préfet pourra autoriser l'accès aux plages, lacs et centres nautiques sur demandes des maires". 
Une position totalement distincte de ce qui prévalait jusqu'à présent. Edouard Philippe ayant encore mardi 5 mai annoncé qu'il n'y aurait aucun accès avant au moins le 2 juin.
 


La mobilisation des maires pour faire entendre la voix des habitants du littoral


Des photos prises il y a trois jours au Pays basque, sont plus que jamais dans les esprits : des plages vides d’un côté de la frontière et dans le prolongement espagnol une conche offerte à son public. Le maire d’Hendaye, Kote Ecenarro, est pour une cohérence des politiques. Le maire Kotte Ecenarro de Hendaye, joint au téléphone après la déclaration du ministre, prend acte de l’annonce de Christophe Castaner ce jeudi après-midi. 

C'est une annonce, nous attendons la concrétisation. Pour ma plage, je sais que je peux rouvrir dès le 11 mai.
Kote Ecenarro - maire d'Hendaye au Pays basque -

 
La plage de la concha à Saint-Sébastien, Pays basque espagnol le 3 mai, fin du confinement.
La plage de la concha à Saint-Sébastien, Pays basque espagnol le 3 mai, fin du confinement. © Jean-Daniel Chopin MAXPPP

Avec 150 000 mètres carré de plage, il a une capacité d’accueil de 50 000 personnes. " Je peux proposer une reprise parfaitement réglementée et raisonnée non exclusive au surfeurs sur 3 kms de plage et accueillir 15 000 habitants qui pourront en profiter, bord de mer pour les familles, sable pour les enfants, avec assez d’espace pour les gestes barrières."
Et la maire d’ajouter " Ce sera une excellente façon d’expérimenter pour l’été nos protocoles. " Il sait ce qu’il est parfaitement en mesure d’accepter du public qui sera limité puisque de toute façon les autorisations de déplacements sont de 100 kms. 
 
La plage d'Hendaye sans aucun surfeur à l'horizon
La plage d'Hendaye sans aucun surfeur à l'horizon © Emmanuel Clerc - France 3 Euskal Herri


Dans les Landes, les maires ont aussitôt réagi et demandé une réunion en urgence à la Préfète. Pierre Froustey, maire de Vieux Boucau, et président de Marenne Adour Côte Sud parle d’un combat qu’il ne faut pas lâcher :

On nous demande de gérer la rentrée des classes, le redémarrage des marchés, la reprise des services, et on nous prive de la gestion de nos espaces naturels, où est la logique ? Qui sont ces personnes enfermées dans leurs bureaux parisiens, qui ne connaissant rien à nos côtes océanes, voulaient nous imposer des choix aussi irrationnels ? 


Et de se demander si les mêmes se soucient de la santé des gens car pour lui la plage est indispensable au bien être de ses administrés. " Aujourd’hui nous pouvons proposer un cahier des charges respectueux des garanties sanitaires. "

Selon lui " les ports de plaisance vont pouvoir ouvrir, ce qui n’est pas sans avoir d’éventuelles conséquences dramatiques (accidents de certains qui pourraient être tenté de rejoindre l’océan en paddle ou à la nage),  il faut que nous aussi nous puissions avancer vite. "

" Il faut tester, tester, tester nos protocoles "


Le discours est le même pour Hervé Bouyrie son homologue de Messange, Président du syndicat mixte des baignades surveillées des Landes. Il regroupe une dizaine de plages. Il est convaincu que personne ici n’a envie de surfer sur une pandémie.

Nous ne voulons pas de seconde vague, nous voulons nos vagues et qu’elles soient accessibles avec la plus grande prudence sanitaire. MNS, ASVP,  police nous avons tous les moyens pour patrouiller, éduquer et prévenir les usagers des plages.  


Le maire revendique l’autorisation d’activités dynamiques sportives sans regroupement possible sur les plages océanes. " À nous, dans un second temps, d’organiser la baignade et d’être prêt pour le 15 juin. Cela aura été un parfait moyen d’évaluer et tester nos dispositifs. "

Du reste, le parlementaire Eric Kerrouche, sénateur socialiste des Landes, a fait partie de ceux qui ont porté un amendement en ce sens au sénat, lequel a été adopté cette semaine.

" Faites confiance aux élus "

300 kms au nord, sur la côte girondine, Lacanau. Là aussi, Laurent Peyrondet, le maire de la commune balnéaire, veut  démontrer que cette ouverture est jouable. A l'annonce du ministre de l'intérieur, il réagit. 

C'est ce que lon demandait, qu'il nous laisse finaliser nos protocoles avec la préfète et ouvrir.
Laurent Peyrondet, maire de Lacanau en Gironde

" Tout est prêt pour le 11, nous avons des protocoles sanitaires strictes, les volontaires et la police municipale sont là pour la surveillance. Nous avons fourni un important travail d’organisation des lieux à la préfète."
Et le maire girondin ajoute sans fard

Il faut maintenant qu’on nous fiche la paix. Pendant le confinement c’est la préfète qui a mis en place l’arrêté. Or, pour le déconfinement le gouvernement veut prendre la main. Ce que nous demandons, c’est un décret qui laisse le tandem maires-préfets qui fonctionne bien, travailler de concert et donner ainsi un accord sous conditions sanitaires pour l’ouverture des plages.

C'est donc sur cette voie précisément que le ministre de l'Intérieur veut s'engager. 

En Gironde, on sait que les enjeux sont majeurs tant sur le plan environnemental, sanitaire, qu’économique comme sur la côte landaise.  L’économie du surf, ce sont des milliers d’emplois.

Les députés qui ont pourtant voté le prolongement de l’état d’urgence apportent eux aussi leur soutien aux maires.

La voix du littoral a porté

De quoi rassurer peut-être désormais cette habitante d’Arcachon qui s’étonnait : "  Espaces verts, centres commerciaux, bibliothèques, musées dans les villes tout sera ouvert, or nous une balade sur nos plages en regardant un bateau, une mouette ou un coquillage c’est comme aller dans un musée à ciel ouvert..

C’est notre nourriture environnementale et culturelle.

Et cet habitant de Biscarosse de conclure " On va ouvrir les transports en commun à Paris, les entreprises à Lyon, les usines au Havre, les clubs de sports à Lille, laisser les mers fermées alors que nous sommes des usagers des plages, c’est indécent. Rendez-nous vite notre environnement, nous vivons ici pour cela " s’exclame t’il.

Des maires en ordre de bataille, prêts néanmoins à être des plus vigilants. La préfète de Région, Fabienne Buccio, donne une conférence de presse ce vendredi matin 8 mai qui devrait livrer quelques clés pour comprendre quelle commune pourra accéder à la demande de ses administrés. 
 
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