Distillation face à la crise du coronavirus : Bruxelles augmente sa contribution pour les viticulteurs français

La Commission européenne a augmenté sa contribution financière pour aider les viticulteurs français à faire face à la crise du coronavirus et donné jeudi son aval aux nouvelles aides annoncées la semaine passée par le gouvernement français.

Le montant total de la contribution de l'Union européenne en soutien aux producteurs de vin français afin qu'ils puissent distiller ou stocker leurs excédents de vin hérités de la crise sanitaire, augmente ainsi à 127 millions d'euros, a indiqué une porte-parole de la Commission à Paris.

La fermeture quasi simultanée des bars et restaurants dans le monde entier durant le confinement lié à l'épidémie de coronavirus a engendré une crise chez tous les viticulteurs européens. En France, la filière estime son manque à gagner à 1,5 milliard d'euros. Pour éviter l'effondrement du marché en raison des excédents constitués, des mesures exceptionnelles ont été permises par Bruxelles dès le 7 juillet, soit en finançant du stockage temporaire pour les crus, soit par une destruction de récolte sur pied, soit encore par le biais d'une distillation de crise en transformant le vin excédentaire en éthanol pour l'industrie, la pharmacie, l'énergie, ou en gel hydroalcoolique.

En France, ces mesures ont été jugées insuffisantes, permettant de financer la distillation d'un million d'hectolitres de vin seulement alors que le pays estimait devoir en retirer 3,3 millions d'hectolitres du marché.
Le 5 août, le Premier ministre français Jean Castex a pris les devants en annonçant de nouvelles aides aux viticulteurs français, pour permettre de faire gonfler le volume des distillations à 2,6 millions d'hectolitres. Ces aides, venant du budget national, prenaient aussi en compte une augmentation de l'aide européenne.
 
Au total, les viticulteurs français auront donc reçu 246 millions d'aide, 127 provenant du budget viticole européen (qui s'élève à 800 millions d'euros au total), et 119 M EUR de l'Etat français.
Les viticulteurs devraient être indemnisés "à hauteur de 83 euros par hectolitre de vin portant une appellation d'origine protégée ou indication géographique protégée" et 63 euros par hl de vin sans appellation ni indication, a précisé la Commission dans un communiqué.
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