Orage de grêle en Médoc : dégâts importants dans la vigne

La grêle a frappé une cinquantaine de propriétés viticoles médocaines des appellations Listrac et Moulis, selon les premières estimations réalisées ce matin. L'orage s'est abattu hier en milieu d'après-midi, dans une zone jusque-là épargnée par les intempéries. 

Grêle au Château La Mouline
Grêle au Château La Mouline © Cédric Coubris

Honnêtement, j'ai l'impression d'avoir pris un coup sur la tête. J'ai beau me dire que ça fait partie du métier, c'est vraiment dur, surtout dans le contexte actuel.

Cédric Coubris, le propriétaire du Château La Mouline, est abasourdi. La vigne a été touchée à 80%. L'appellation Moulis a été impactée sur une surface plus restreinte que l'appellation Listrac mais apparemment plus violemment. 

L'orage, qui s'est produit hier en milieu d'après-midi, était formé de grêlons mais aussi de fortes pluies. Dans le couloir où il s'est engouffré, les précipitations ont atteint les 22 ml, soit le double des zones périphériques.
 
Cédric Coubris décrit la rapidité du phénomène. Certes, il y a les feuilles arrachées, les débris végétaux sur le sol mais il y a aussi, et c'est plus grave encore, les baies ouvertes qui vont faciliter l'offensive du mildiou. Certaines sont déjà noircies.
 

Les techniciens avaient observé une forte sensibilité à la maladie cette année. Ces conditions vont aggraver la vulnérabilité de la vigne, fortement stressée.

L'urgence est donc de traiter le plus vite possible pour éviter les effets secondaires, surtout qu'une période de pluie est annoncée.

C'est une année vraiment difficile, on a eu la tax Trump, le Brexit, la Chine, le Covid et maintenant... la grêle, juste au moment où on s'apprêtait à repartir.

Le moral est au plus bas, confirme Pierre Chenin, le Directeur de la cave coopérative Grand Listrac. Selon ses informations, les dégats sont assez largement répandus sur l'appellation Listrac et plus localisés sur l'appellation Moulis qui comptent respectivement cinquante et quarante-quatre vignerons.

L'estimation est en cours dans ces propriétées morcelées et imbriquées couvrant 450 hectares.

La vigne était en avance, elle avait échappé au gel... La grêle, ce n'est pas un problème que l'on connait, elle passe plus à l'est, jusque-là nous avions été épargnés. Les parcelles ont été inégalement touchées, il faut maintenant réaliser l'inventaire pour faire les déclarations aux assurances...

Pierre Chenin fait un triste constat :

Depuis 2012, on peut considérer que nous avons enregistré l'équivalent de deux années de perte. Autrefois, on comptait une mauvaise année sur quatre, aujourd'hui c'est le contraire, on serait plutôt à une bonne année sur quatre.

Il faudra une semaine ou deux pour quantifier les dégats avec précision alors que le traitement contre le mildiou va redoubler d'intensité dans les jours qui viennent pour sauver ce qui peut encore l'être.

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