Puisseguin : les familles des victimes de l'accident ne veulent pas d'un non-lieu

Au petit matin le 23 octobre 2015, 43 personnes avaient perdu la vie dans cet accident d'autocar sur une petite route de campagne, près de Libourne en Gironde. Les avocats des familles des victimes demandent aujourd'hui que des responsabilités soient établies. 
Reconstitution de l'accident
Reconstitution de l'accident © ftv
Les avocats s'appuient sur le dernier rapport réalisé par un cabinet d'expertises pour éviter que l'affaire ne soit close sans qu'un ou des responsables de l'accident ne soient désignés.
 L"instruction sur la collision entre un camion et un car,  l'un des accidents les plus meurtriers d'Europe avec 43 morts en 2015, s'est achevée, a annoncé la semaine dernière aux parties le magistrat instructeur, qui n'a pas prononcé de mises en examen, selon le parquet de Libourne.

 "S'il n'y a pas de mise en examen c'est qu'on s'achemine vers un non-lieu", a réagi Marie Mescam, avocate de victimes et de leurs proches. "On n'est pas allé au fond des choses, on est en train de nous dire, 43 personnes sont mortes et "c'est la faute à pas de chance"
 

Contre-attaque

D'où la contre-attaque des familles des victimes et de leurs avocats qui mettent en lumière un rapport démontrant l'insuffisance des normes de sécurité dans les cars de voyageurs en matière d'incendie. Les matériaux utilisés dégageraient notamment du cyanure à la combustion...

Selon Antoine Chambolle, avocat des victimes de Puisseguin :
 

Nous demandons aux dirigeants et aux responsables de la société Mercédes qu'ils viennent s'expliquer sur leurs obligations de prudence et de sécurité qui sont à leur charge...
Antoine Chambolle

 

Les avocats des familles de victimes de l'accident de Puisseguin s'appuient sur le dernier rapport d'experts pour éviter la clôture de l'instruction et le non-lieu.
Les avocats des familles de victimes de l'accident de Puisseguin s'appuient sur le dernier rapport d'experts pour éviter la clôture de l'instruction et le non-lieu.



Un embrasement en moins de trois minutes


Le 23 octobre 2015, une collision entre un camion et un autocar avait fait 43 morts à Puisseguin, l'accident routier le plus meurtrier en France depuis celui de Beaune (Côte-d'Or) en 1982 (53 morts, pour la plupart des enfants).  Ce jour-là, vers 07h30, un semi-remorque arrivant à 75 km/h s'était déporté sur la gauche au sortir du village, s'était mis en portefeuille avant de percuter un car de retraités partis en excursion, venant en sens inverse. Le car s'était embrasé "en moins de trois minutes".

La plupart des victimes étaient membres du club du troisième âge de Petit-Palais-et-Cornemps, une petite commune voisine de Puisseguin, près de Saint-Emilion.
Très peu mobiles, les victimes, âgées, avaient été piégées dans le car et avaient péri brûlées vives ou asphyxiées.
 


En 2017, le bureau d'enquêtes sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT) avait préconisé de renforcer les normes de construction des autocars, notamment la tenue des matériaux au feu. Dans son rapport, il attribuait la cause directe de l'accident à une perte de contrôle du poids-lourd entré en collision avec l'autocar. 

Il soulignait que le camion était équipé d'un réservoir supplémentaire de gazole non homologué et que les dispositifs de sortie de secours et de désenfumage du car étaient difficiles à actionner.
 

"Nous comptions sur une dernière expertise, celle du réservoir additionnel" du camion, mais celui-ci n'a pas été mis en cause, a dit à l'AFP Michel Vigier, président du Collectif des victimes de Puisseguin.



Marie Mescam, spécialiste en droit du dommage corporel, avocate des victimes de Puisseguin et Antoine Chambolle, avocat des victimes de Puisseguin font part de leurs craintes dans ce reportage de Marie Neuville et Sébastien Delalot ►
 
Accident de Puisseguin: les avocats des familles des victimes ne veulent pas de non-lieu


Les familles n'abandonnent pas


Dans un mois, les avocats saisiront la Chambre de l'instruction si le juge de Libourne n'a pas relancé l'enquête. Cette étape procédurale ouvre un délai de 3 mois durant lequel les parties et le parquet peuvent faire des observations, avant les réquisitions du ministère public puis la décision finale du juge d'instruction. Elle "ne préjuge pas" de la teneur des réquisitions que prendra le parquet, avant la décision finale du juge d'instruction, a toutefois ajouté le procureur de la République de Libourne, Olivier Kern.


 
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