Confinement : les dépanneurs en perte de vitesse

Le confinement a naturellement engendré une baisse exceptionnelle de la circulation sur le réseau routier. Conséquence logique : les dépanneurs voient le nombre de leurs interventions fortement diminuer. C’est le cas en Limousin sur l’A20 et les routes secondaires. 
Depuis le début du confinement, le nombre d'interventions de ces dépanneurs est en chute libre.
Depuis le début du confinement, le nombre d'interventions de ces dépanneurs est en chute libre. © Garage Valade
C’est mathématique. Depuis le début du confinement et sa forte restriction de circulation, il n’y a plus grand monde sur les routes.
Et si des professionnels sont bien placés pour s’en rendre compte, ce sont les dépanneurs. En première ligne lorsqu’ils sont appelés pour un accident ou une panne automobile. En ce moment, côté trafic, c’est plutôt calme. Presque au  point mort.

Xavier Valade le confirme. Installé à  Saint-Priest-Taurion en Haute-Vienne, le dépanneur a de l’expérience. Un « vieux » routier du secteur en quelque sorte.
Il intervient sur le terrain avec ses trois chauffeurs et ses deux camions.
Leur rayon d’action: une quarantaine de kilomètre sur l’A20 entre Bessines-sur-Gartempe et Bonnac-la-Côte.

D’emblée, il fait les comptes : 

Le nombre d’interventions est en chute libre. En temps normal, nous nous déplaçons entre 10 et 15 fois en moyenne par semaine. Actuellement c’est plutôt deux. Moins d’accidents, ça c’est plutôt bien, mais aussi pratiquement pas de dépannages.


Une tendance valable aussi pour le réseau routier secondaire où sa société intervient également.
Conséquence économique : il a dû mettre ses chauffeurs en chômage partiel et sous courant alternatif. Autrement dit, ils se relaient tour à tour  au volant.

Et puis il a fallu changer les habitudes.

Sur le terrain, nous mettons des masques et des gants. Pour le retour au garage, les clients doivent rester dans leur voiture. Voyons le côté positif, leur véhicule ayant été chargé sur le plateau du camion, ils économisent de l’essence.


Témoins de certains déplacements illicites


Depuis le début du confinement, il est évident que la plupart des automobilistes respectent les restrictions kilométriques.
Le dépanneur haut-viennois y va tout de même de son anecdote :

« Début avril, vers trois heures du matin, j’ai été appelé pour un dépannage sur l’A20, à hauteur de Bessines. Un problème de boîte de vitesses. Il s’agissait de Hollandais qui remontaient d’Espagne, en plein confinement comme en France. Ils m’ont dit posséder une maison là-bas et ils rentraient dans leur pays».

Un périple de nuit évidemment illicite. Les voyageurs en question ont été logés dans un hôtel de Limoges. Pas sûr, du coup, que leur assurance couvre les frais.
Ils ont cependant évité l’amende, les gendarmes ne se déplaçant pas pour une panne sans danger pour la circulation.
« Ils doivent revenir chercher leur véhicule au garage. Nous n’y avons pas touché. Beaucoup de Hollandais préfèrent ne pas faire réparer sur place et ramener leur voiture chez eux », constate Xavier Valade.
 

Et après ?


Notre homme se projette au 11 mai.  Pour lui c’est logique, le trafic va immédiatement s’intensifier. Et les interventions avec.
Même si les déplacements ne pourront pas excéder les 100 kilomètres en dehors des motifs familiaux ou professionnels impérieux.

C’est évident, après ce confinement, les gens vont avoir envie de bouger, de s’évader. L’A20 mais aussi les routes secondaires vont être beaucoup plus  fréquentées.


Même constat de la part de Sébastien Pécout. Le jeune homme est dépanneur en Haute-Vienne et il intervient sur l’A20, entre Boisseuil et Bonnac- la-Côte.
Du coup, il a donné le nom d’ « Auto 20 » à son garage.
 
Des dépanneuses presque au point mort.
Des dépanneuses presque au point mort. © Auto 20 Dépannage


Le confinement est pour lui-aussi synonyme de fort ralentissement de son activité.

Je suis passé d’une quinzaine d’interventions par semaine à deux ou trois. J’ai dépanné quelques Parisiens et des Françaises de retour d’Australie. Le début du confinement couvrait une période où notre activité n’est pas habituellement au plus haut. Mais les ponts du mois de mai sont traditionnellement les moments où les dépannages montent en puissance. Ce ne sera pas le cas cette année.


Et l’après 11 mai ? Il envisage effectivement une reprise, mais timide.

Il y aura des départs en week-end. Et puis comme je couvre la traversée de l’agglomération de Limoges, il devrait y avoir plus d’automobilistes locaux.


Une perspective qui forcément va se concrétiser. Cette nouvelle liberté de circuler, même si elle ne sera pas totale, aura un rôle de déclencheur.
Des embouteillages en perspective ? Peu probable. D’autant plus que pour fêter ça, rien de tel que faire sauter les bouchons...Avec modération bien sûr. 


 
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