Disparition d'Arlette Téphany, ancienne directrice du Centre dramatique national de Limoges

Arlette Téphany, dans la pièce "La Cerisaie", d'après Anton Tchekhov et mise en scène par Pierre Meyrand
Arlette Téphany, dans la pièce "La Cerisaie", d'après Anton Tchekhov et mise en scène par Pierre Meyrand

Pendant 10 ans, Arlette Téphany aura dirigé avec Pierre Meyrand le Centre dramatique national de Limoges. Première femme à occuper de ce type de poste, elle aura clamé toute sa vie son amour pour le théâtre et grandement participé à son développement. 

Par Thibault Marotte

C'est une grande figure du théâtre qui s'en est allée. Arlette Téphany s'est éteinte à l'âge de 82 ans, mardi 31 juillet 2018, des suites d'une longue maladie. Durant tout sa vie, elle aura oeuvré sur et en dehors des planches pour un art qui l'a tenue en haleine jusqu'à ses derniers jours. Pendant 10 ans, elle aura dirigé le Centre dramatique national de Limoges.

Arlette Téphany est née le 9 août 1935 à Marseille dans une famille où la comédie et le théâtre étaient déjà bien installés. Un père acteur et metteur en scène, un frère, Jacques Téphany, connu lui aussi plus tard dans le monde du théâtre et spécialiste de Jean Vilar. Elle était donc prédisposée à faire ses premières gammes sur scène.
 

Débuts à Paris, au Théâtre de l'Est Parisien


Ce qu'elle a fait à Paris, très jeune, en intégrant la Guilde de Ménilmontant, une troupe amateur de théâtre fondée par Guy Rétoré en 1951. Elle se frotte alors à plusieurs classiques de Molière à Shakespeare.

Une aventure qui lui ouvre les portes du Théâtre de l'Est Parisien (TEP), nouveau nom de l'ancienne salle de cinéma "le Zénith" de la rue Malte-Brun, dans le 20e arrondissement de Paris, une décennie plus tard. La troupe y devient permanente après que le ministère des Affaires culturelles y ait installé la première Maison de la culture. Le TEP devient ensuite Centre dramatique national en 1966, puis Théâtre national en 1972. 

La comédienne interprète au TEP  "L’Opéra de quat’sous" ou encore "Major Barbara", avant de se tourner vers d'autres horizons. Dans les années 70, elle rencontre Pierre Meyrand. Ensemble, ils fondent la compagnie "Théâtre en liberté". 


Un couple de théâtre


Au fil des années, les deux comédiens se rapprochent et démarrent plusieurs projets. Ils prennent notamment la tête du Théâtre de Chelles en Seine-et-Marne et y lancent plus d'une trentaine de pièces en 10 ans. 

Arlette Téphany s'essaye à la mise en scène. Victor Hugo, Eugène Ionesco, Corneille, Beaumarchais, elle revisite à sa façon des grandes pièces de l'histoire du théâtre. Son profil et sa complémentarité avec Pierre Meyrand, leur offre le poste de directeur du Centre dramatique national de Limoges (CDN) en 1985.
 

Les années à Limoges


Ensemble, à leur arrivée, ils prennent la décision de renommer le CDN de Limoges en La Limousine. Arlette Téphany poursuit sa carrière de metteur-en-scène et continue de donner de la voix sur les planches. Le couple participe grandement à la mise en valeur du théâtre en Limousin.

Son plus grand succès restera l'obtention de trois molières en 1999, pour la pièce "Les Affaires sont les affaires" d'Octave Mirbeau, dans une mise en scène de Régis Santon. Son époux remporte d'ailleurs la statuette du meilleur comédien, en plus de celles du meilleur film subventionné et du meilleur décor. 
 

Enseignante et chanteuse


Touche à tout, Arlette Téphany s'est même fendue d'un disque de reprises de Boris Vian. Avec sa voix particulière, c'est surtout sur scène qu'elle aura fait preuve de son talent. Mais aussi hors des planches. 

Son savoir et son expérience, elle s'en est servis pour enseigner et transmettre sa passion. Au Cours Périmony, elle enseigne la tragédie classique à la mort de Pierre Meyrand. Une personnalité qui restera unique pour de nombreux étudiants. Le théâtre comme premier et dernier refuge. 

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