Feu de forêt : lancement d'une nouvelle météo pour évaluer les périodes à risque

À partir de ce 2 juin, une nouvelle météo pourra être consultée : celle des forêts. On connait les alertes d'orages et de tempêtes de Météo France. Désormais, il y aura donc les risques d'incendies de forêts avec un nouvel outil consultable région par région. Comment ça marche ?

Les étés sont désormais plus chauds et plus secs. Le traumatisme des feux, notamment dans les Landes pendant l'été 2022, est encore dans tous les esprits et tous les acteurs de la prévention ont dû en retirer un enseignement. Pour la lutte, comme pour la prévention et l'information.

Une nouvelle météo pour le risque-feu

Pour prévenir et informer sur le niveau de risque d'incendies région par région, Météo France lance donc un outil qui sera porté à la connaissance de tous, ce vendredi 2 juin. Le Président de la République le présentera lors de son déplacement sur la base aérienne de Nîmes Garon.

Cette météo des forêts sera disponible sur meteofrance.com et l’application mobile de Météo-France, avec l'appui du ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, 

À partir de cet été, la météo des forêts sera une double carte indiquant le niveau de danger de feu par département, pour le lendemain et le surlendemain. Une information à partir des prévisions de plusieurs paramètres météorologiques : pluie, humidité de l’air, température, force du vent et état de sécheresse de la végétation

La Météo des forêts sera disponible chaque jour en fin d’après-midi sur meteofrance.com et  indiquera le niveau de danger de feu avec une échelle de quatre couleurs, compréhensible par tous :

  • vert : risque faible ;
  • jaune : risque modéré ;
  • orange : risque élevé ;
  • rouge : risque très élevé.

Le but est d'adopter les bons réflexes pour éviter les départs de feux dans nos départements.

Cette météo des forêts n'informera pas cependant sur les incendies en cours. 

Tout témoin d'un début d'incendie doit appeler aussitôt le 18 (sapeurs-pompiers), le 112 (numéro d'appel européen) ou le 114 (numéro d'urgence pour les personnes sourdes ou malentendantes) et localisez le départ de feu en indiquant l'adresse (ou si possible, utilisez la géolocalisation au moyen d'un téléphone portable.

Neuf feux sur dix sont d’origine humaine.

Le changement de climat rend vulnérables les territoires. Des forêts, bois et végétation peuvent être la proie des flammes en quelques minutes par grande chaleur et par sécheresse. Neuf départs de feux sur 10 sont d’origine humaine. Certains sont criminels, avec une intention, mais pour la plupart, c'est l'imprudence qui en est à l'origine : un mégot lancé par la fenêtre depuis sa voiture en circulant, un barbecue mal éteint, l'étincelle d'un feu d'artifice et ce sont les images traumatisantes de ces feux qui progressent pendant des jours qui reviennent en tête.

Huit feux sur dix partent à moins de 50 mètres des habitations.

Les arrêtés préfectoraux

Les préfectures départementales ont pour mission d'aviser la population des alertes de Météo-France. Ainsi, orages, tempêtes, canicule et sécheresse font l'objet régulièrement d'arrêtés préfectoraux pour informer les personnes des mesures à prendre ou à respecter.

Il s'agit d'une obligation pour les alertes orange et plus, une possibilité selon l'appréciation qui en est faite pour les alertes jaunes. Avis relayés également par les départements et les mairies.

En toute logique, la météo des forêts devrait faire l'objet aussi de ces relais de prévention et d'information auprès de la population.

Les préfectures peuvent ainsi restreindre, voire interdire l’accès aux zones exposées aux véhicules et aux piétons. Peuvent être interdits barbecues et autre usage du feu, comme des feux d’artifices dans les activités estivales. Les travaux agricoles et forestiers générant des étincelles peuvent être aussi réglementés, voire interdits.

Un plan de prévention des risques naturels prévisibles peut aussi être mis à disposition dans les mairies et transmis au préfet.

Des conditions de débroussaillement de parcelles peut ainsi être conseillées, voire rendue obligatoires selon la nature des risques, notamment en zone rurale pour des habitations proches d'une zone boisée. C'est en hiver que ce débroussaillement doit être pratiqué, quand la végétation est moins dense et les animaux en hibernation ou hivernation.

En cas d'obligation, une mise en demeure peut être adressée par le maire, avec astreinte comminatoire de 100€ par jour de retard. Le montant total des sommes exigées est d'au maximum 5 000 €.

La commune peut également prononcer une amende administrative pouvant aller jusqu'à 30 € par m² non débroussaillé. Une amende pénale est par ailleurs prévue par la loi jusqu'à 750 € (1 500 € dans un lotissement). Un incendie propagé à cause de l'absence d'un débroussaillement peut exposer le propriétaire de la parcelle à une peine allant jusqu'à 1 an d'emprisonnement et 15 000 € d'amende.

La lutte contre les feux de forêt par les SDIS

Les sapeurs-pompiers se forment régulièrement à la lutte contre les feux de forêt.

Leurs moyens sont financés notamment par les subventions du département dont dépendent les casernes. Les budgets sont conséquents et sont en augmentation chaque année.

À titre d'exemple, le SDIS 87 bénéficie de subventions du département de la Haute-Vienne pour rénover les casernes, mais aussi pour leur permettre de fonctionner.

Pour les investissements, c'est un programme de 8 800 000 € qui a été voté en 2018 pour les travaux dans les casernes de Limoges et 1 200 000 € pour ceux des casernes de Bessines, Nantiat et Saint-Léonard de Noblat.

À ce budget, s'ajoute celui de fonctionnement, chaque année en augmentation, de plus de 10 millions d'euros, à savoir : 

  • 10.236.000 en 2021
  • 10.441.000 en 2022
  • 10.476.000 en 2023.