Aéroport Limoges-Bellegarde : quelques retards en raison d'une grève

Depuis mardi 11 et jusqu’à jeudi 13 octobre 2022, le personnel du centre de contrôle de l’aéroport de Limoges-Bellegarde est en grève. Équipe de maintenance envoyée à Bordeaux, manque d'effectifs. Les revendications sont nombreuses. Conséquence de cette mobilisation, le trafic aérien est légèrement perturbé depuis mardi soir.

Depuis mardi 11 octobre 2022, 20 heures, le trafic aérien limousin et charentais est perturbé. En cause, le préavis de grève déposé par l'USACcgt, l'Union Syndicale de l'Aviation Civile-CGT. En effet, les agents en poste à Limoges réclament une nouvelle fois de pouvoir bénéficier d'une Maintenance Locale renforcée. Explication.

Un système de maintenance compromis ?

Le brouillard est épais ce matin sur les pistes d’atterrissage de l’aéroport Limoges-Bellegarde. Une météo qui n’empêche pourtant pas aux avions d’arriver à bon port grâce à un système de catégorie 3 qui permet un « atterrissage au centimètre près et même dans le noir » précise Joël Giunta, ingénieur électronicien des systèmes et de la sécurité aérienne. Mais ce système ne peut fonctionner sans l’aide de ces ingénieurs électroniciens. Sur le site de Limoges, ils sont deux et assurent l’ensemble du travail.

À Limoges, même en juillet-août nous avons du brouillard, nous ne pouvons pas laisser un terrain sans maintenance immédiate.

Joël Giunta, ingénieur électronicien des systèmes et de la sécurité aérienne

Problème, alors qu’ils dénoncent déjà le fait d’être en sous-effectif, l’équipe vient d’apprendre qu’elle serait bientôt transférée sur le site de Bordeaux d'une part, puis sur le site de Châteauroux. En bref, plus de présence humaine pour assurer la maintenance des équipements de l'aéroport à Limoges. « Être envoyés sur Bordeaux, c’est inconcevable. Nous ne pouvons pas être à trois heures de voiture quand nous devons aider un avion à se poser », confie Joël Giunta, « si on ne fait pas ce contrôle dans les quelques minutes qui suivent, c’est du matériel réparé le lendemain et qui engendre donc des annulations de vols, des vols déroutés ou pire, un manque de fiabilité des équipements d’atterrissage ».

Préavis de grève

Alors qu'ils ont déposé plusieurs motions, laissées sans réponse ces dernières années, le personnel réagit. Un préavis de grève a été déposé à l'appel de l'Union syndical de l'aviation civile-CGT (USAC-CGT) du mardi 11 octobre, 20 heures au jeudi 13 octobre, 8 heures du matin. Le premier syndicat de la direction générale de l'aviation civile dénonce la fermeture des centres de maintenance comme celui de Limoges pour être délocalisé et critique la politique d'économie sur les frais de personnel menée par l'administration.

« Nous n'avons que deux ingénieurs électroniciens actuellement alors que le besoin est d'au minimum trois et nous venons d'apprendre que la maintenance opérationnelle de Limoges allait être fermée pour la déplacer à Bordeaux et Châteauroux", confie Olivier Catus, ingénieur du contrôle de la navigation aérienne sur le site SNA de Limoges-Bellegarde.

Pour ce membre de l'USACcgt (l’Union Syndicale de l’Aviation Civile-CGT), une telle délocalisation pourrait engendrer de "nombreux problèmes". Notre équipe de France 3 Limousin n'a pour le moment pas réussi à joindre la direction de la Direction Générale de l'Aviation civile (DGAC).

Conséquence de cette mobilisation, le trafic aérien risque d'être perturbé jusqu'à jeudi en Limousin et en Charente, notamment au départ et à l'arrivée des aéroports de Limoges-Bellegarde, Brive-Souillac et Angoulême-Cognac. Pour l'heure, les passagers n'ont subi que quelques retards au départ et à l'arrivée de certains avions.

"Actuellement, nous demandons un renforcement à trois, voire à quatre, pour avoir un soutien de nos matériels sur des plages horaires plus importantes toute l'année", ajoute-t-il.

Des moyens constats pour un nombre de vols en hausse

Olivier Catus rassure, "le site n'est pas menacé" mais la problématique est bien réelle. En effet, le site enregistrerait une augmentation de 34 % du nombre d'avions en circulation par rapport à la période d'avant-covid. Un nombre de voyages exponentiel dû notamment à la création de la Airbus Flight Academy, basée à Champniers, près d'Angoulême.

"Pour nous, c'est une très bonne nouvelle cette création d'école, mais par contre, cela va forcément nécessiter l'implantation de nouveaux systèmes car nos systèmes actuels sont relativement fiables mais vieillissants".

En France, moins de 1 000 personnes assurent la maintenance de tous les équipements aéroportuaires. « Tout cela, ça ne se voit pas. Nous faisons un métier vaste qui va de l'électronique à l'informatique, via des systèmes très pointus, mais nous, nous sommes transparents. », regrette Joël Giunta.

La grève devrait durer jusqu'à jeudi 13 octobre, 8 heures. Les agents de l'aviation civile eux, espèrent être doublement entendus pour à la fois que leur centre de maintenance soit maintenu à Limoges et que leurs effectifs soient augmentés.