Bronchiolite : l’épidémie arrive en Limousin

Santé publique France alerte aujourd’hui sur la recrudescence des bronchiolites. La région a été classée en situation pré épidémique. Les autorités de santé appellent à ne pas laisser tomber les gestes barrières.

Santé publique France a classé la région Nouvelle Aquitaine en seuil pré épidémique. Plus spécifiquement en Limousin, les chiffres ne sont, pour le moment, pas alarmants mais progressent rapidement.

15 passages aux urgences enregistrés soit 8 % de l’activité chez les moins de 2 ans dont 4 ont été suivis d’une hospitalisation. Une progression du nombre de prélèvements positifs pour VRS parmi les prélèvements testés par les laboratoires de virologie du CHU de Limoges qui reste faible.

« C’est un virus qui circule traditionnellement du nord vers le sud et des villes vers la campagne. Le Limousin est traditionnellement touché 8 à 10 semaines après la région parisienne » précise Jean-Denis Canard, président du KRB (Kiné Respi bébé) 87 qui assure les gardes pour les maladies respiratoires en Haute-Vienne.

Facteur aggravant cette année, la plupart des bébés nés en 2020 n’ont pas encore été confrontés au virus.

« Pendant 2 ans il y a eu très peu de stimulation immunitaire. Les enfants vont donc être plus fragiles » confirme Jean-Denis Canard. Avec l’application stricte des gestes barrières il y a eu très peu de grippe de gastros et de bronchiolites. Revers de la médaille, l’épidémie risque d’être plus forte cette année. Les indicateurs sont déjà un tiers plus élevés qu’avant le Covid.

« Si on se base sur l’exemple de l’Australie qui vient de sortir de sa période hivernale, il y a eu une flambée des bronchiolites. Des niveaux records ont été atteints » explique Marik Fetouh, directeur du réseau AquiRespi qui gère le service de gardes concernant les maladies respiratoire dans une grande partie de la région Nouvelle Aquitaine.

« Les autorités de santé nous annoncent une épidémie multipliée par 10 » abonde Jean-Denis Canard.

La bronchiolite affiche un démarrage rapide dans l’hexagone en particulier dans les régions Île de France et Grand Est, déjà passées en seuil épidémique.

Santé publique France adresse donc ce rappel :

« Le virus responsable de la bronchiolite (VRS, virus respiratoire syncytial) se transmet facilement d’une personne à une autre par la salive, la toux et les éternuements. Il peut aussi rester sur les mains et les objets. Les adultes porteurs du VRS n’ont habituellement aucun signe ou ont un simple rhume. Ainsi, beaucoup de personnes sont contagieuses sans le savoir ». Le rhume et la bronchiolite sont causés par le même virus mais la forme qui touche les bébés est plus aigüe. Leur système immunitaire n’est pas encore armé et ils ne peuvent pas se moucher.

Les autorités de santé appellent donc à ne pas se relâcher sur les gestes barrières.

« Il faut vraiment que les parents enrhumés prennent le réflexe de se laver systématiquement les mains et de porter un masque avant de toucher leur enfant. A éviter : l’échange d’objets entre enfants qui peuvent atterrir dans leur bouche. Mieux vaut aussi s’abstenir leur toucher le visage et surtout il faut éviter de fumer ! Les fines particules de tabac collés sur les vêtements des parents ont un impact très négatif sur les enfants » explique Jean-Denis Canard.

Pas de médicament miracle

Le virus les touche particulièrement. Et soyons honnêtes, personne n’a envie de faire subir les séances de kiné pour vider les bronches à son enfant.

« Il n’y a pas de médicament miracle. L’infection dure trois semaines avec 5 jours de crise aigüe. Il faut que les parents contactent un médecin et mettent en place une surveillance. Pour les cas bénins, une kiné peut, sur prescription médicale, dégager les voies respiratoires pour redonner un peu de confort à l’enfant. Si l’état se dégrade, il faut hospitaliser. C’est nécessaire dans 5% des cas » précise encore Marik Fetouh.

En Haute-Vienne, le service de garde doit être activé le dernier week-end d’octobre jusqu’au mois de mars. Sur sollicitation du 15, le soir et les week-ends, une quarantaine de kinés ouvrent leurs cabinets aux enfants malades. « Si c’est nécessaire, nous pourrons même commencer les gardes plus tôt » précise Jean-Denis Canard.

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