"Ça m’a permis de me remettre sur pied, c’était plutôt mal barré" : des logements adaptés pour combattre l'exclusion

L'association Habitat et Humanisme propose des logements adaptés pour lutter contre l’exclusion et l’isolement des personnes en difficulté. Fondée à Limoges, il y a une dizaine d’années, elle a développé soixante antennes dans toute la France et recherche des bénévoles.

C'est un petit havre de paix. Le quartier de la cité à Limoges abrite, en son cœur, vingt logements solidaires appelés "maison relais". Ces logements sont attribués à des personnes en difficulté en fonction de certains critères socio-économiques. Les locataires doivent pouvoir "être autonome, avoir un revenu correspondant au logement social, et l'envie d'avoir une vie collective", détaille Charlotte Dussoulier coordinatrice du Limousin d'Habitat et Humanisme.

Frédéric Gauthier est l'un de ses résidents. Il y habite depuis six ans et a été aiguillé par le SIAO, le service de veille sociale.

"Ça m’a permis de me remettre sur pied, sur le droit chemin. C’était plutôt mal barré. J’avais des problèmes d’alcool, j’ai arrêté, un peu, grâce à ça, aussi. Ça fait six ans que je ne bois plus", explique-t-il.

Des habitants accompagnés au quotidien

Le loyer est peu élevé, les habitants sont accompagnés de deux travailleurs sociaux. Ils passent une partie de leur temps avec des bénévoles. Cinquante se relaient. Parmi eux, sœur Marie-Simone Ball qui se rend chaque matin dans ces appartements.
"Pour moi, c’est une présence pour les soutenir, les encourager dans leurs démarches. On a vécu pas mal d’expériences, douloureuses et moins douloureuses, et on s’est bien soutenus pour pouvoir avancer ensemble", avance-t-elle. 

"Ça permet d’évacuer les pensées"

Les bénévoles proposent des sorties au cinéma, à la natation, mais aussi des ateliers comme l’équithérapie ou encore le jardinage. C'est un lieu sécurisant où les hôtes peuvent rester autant qu'ils le souhaitent. 

Ça permet d’évacuer les pensées qui ne sont pas très bonnes.

Roman Rouges

Habitant chez Habitat et Humanisme

"Il y a plein d’activités organisées, témoigne Roman Rouges, résident. Moi, j’ai une maladie qui s'appelle la schizophrénie. Je suis venu ici en me sentant en sécurité, en continuant mes soins et en travaillant sur cette autonomie."

Habitat et Humanisme possède également des logements d'intermédiations locatifs. Des propriétaires solidaires se mettent en lien avec l'association afin de proposer des logements. Elle joue alors un rôle de garant et les résidents sont accompagnés d'une aide au logement. La durée d'habitation est de trois ans maximum. Il existe cinquante-et-un logements de ce type en Haute-Vienne et une dizaine en Corrèze.

Crée en 2002 à Limoges, Habitat et Humanisme souhaiterait intégrer de nouveaux bénévoles pour envisager son prochain projet : une résidence similaire d'une vingtaine d'appartements.