Confinement : nombreuses demandes de dérogations pour les marchés du Limousin

La Ville de Brive demande une dérogation pour le maintien de ses trois marchés. / © F3 - Pierre Gauthier
La Ville de Brive demande une dérogation pour le maintien de ses trois marchés. / © F3 - Pierre Gauthier

Au lendemain de l'annonce par Edouard Philippe de la fermeture des marchés pour respecter des conditions plus strictes de confinement, les mairies sont nombreuses à faire des demandes de dérogations. Le Premier ministre a évoqué la possibilité de déroger à la règle, sur autorisation des préfectures.

Par Gwenola Bériou

Ce mardi matin, 24 mars 2020, il règne un certain flou dans les communes ou quartiers censés accueillir leur marché hebdomadaire.
La veille, à 20h, le premier ministre a annoncé de nouvelles mesures de confinement, incluant la fermeture des marchés ouverts, hors possibilité de dérogation lorsque le marché est "le seul moyen d'avoir accès à des produits frais", dans les villages notamment.

Le décret publié au Journal Officiel précise : 
"La tenue des marchés, couverts ou non et quel qu'en soit l'objet, est interdite. Toutefois, le représentant de l'Etat dans le département peut, après avis du maire, accorder une autorisation d'ouverture des marchés alimentaires qui répondent à un besoin d'approvisionnement de la population si les conditions de leur organisation ainsi que les contrôles mis en place sont propres à garantir le respect des dispositions de l'article 1er et de l'article 7."

Ce mardi matin, faute d'anticipation, les marchés se sont tenus comme d'habitude dans de nombreuses communes.
C'était le cas notamment à Brive, place de la Guierle, où plusieurs stands étaient installés, certes moins nombreux que d'habitude.

Pour l'instant, on a pu déballer, mais on ne sait pas si on pourra continuer cette semaine. On est vraiment en attente des réponses de la mairie, de la préfecture, pour pouvoir commander la marchandise, savoir comment organiser le travail, le repos des ouvriers... De semaine en semaine, c'est compliqué à gérer. Certains marchés sont maintenus, d'autres fermés. En tant que chef d'entreprise, ce n'est pas simple. - Marie-Laure Bach, bouchère

 
Ce mardi 24 mars, le marché de Brive s'est tenu normalement, malgré l'interdiction annoncée hier soir par le Premier Ministre. / © F3 - Pierre Gauthier
Ce mardi 24 mars, le marché de Brive s'est tenu normalement, malgré l'interdiction annoncée hier soir par le Premier Ministre. / © F3 - Pierre Gauthier


En Corrèze


A Brive, une demande de dérogation a été déposée en préfecture dès ce matin. Jean-Luc Souquières, adjoint au maire en charge des foires et marchés, affirme que la Ville est déterminée à faire tout son possible pour que ses trois marchés soient maintenus : 

Samedi, tout s'est bien passé lors du marché. Les étals ont été éloignés les uns des autres. Les distances de sécurité et les mesures barrière ont été respectées par les clients et les commerçants. Il est indispensable de maintenir nos marchés, pour le lien social et pour la survie de nos petits producteurs.

À Objat, le maire Philippe Vidau souhaite également maintenir son marché très fréquenté du dimanche matin, "par solidarité avec les agriculteurs et les petits producteurs". Il a également déposé une demande de dérogation et affirme :

Le marché sera ouvert dimanche. C'est au maire de décider, en concertation avec le Préfet.


En fin d'après-midi, la mairie de Tulle faisait savoir qu'elle avait reçu une réponse positive à sa demande de dérogation, uniquement pour l'instant pour le marché qui doit se tenir demain matin.

La Préfecture de la Corrèze a décidé d'accorder des dérogations au cas par cas. Les communes doivent renouveler leur demande de dérogation avant chaque marché.


En Haute-Vienne

A Limoges, Les Halles restent ouvertes. 
 
Les Halles centrales de Limoges ont ouvert ce mardi 24 mars, malgré l'interdiction. / © F3 - Margaux Blanloeil
Les Halles centrales de Limoges ont ouvert ce mardi 24 mars, malgré l'interdiction. / © F3 - Margaux Blanloeil

Les deux petits marchés de la Bastide et de la place des Bancs ne se sont pas tenus. La mairie a contacté les commerçants hier soir pour leur demander de ne pas installer leurs stands.

En fin de matinée ce 24 mars, après quelques heures de réflexion, la Ville de Limoges a décidé de faire des demandes de dérogation pour 4 de ses 18 marchés : les halles centrales et les halles Carnot, où la ville s'engage à redéployer son personnel pour assurer les conditions de sécurité (affluence, distances, mesures barrière...), et les marchés de La Bastide et du Vigenal, deux quartiers dépourvus d'une offre alternative de produits frais.

La Préfecture de la haute-Vienne fait savoir qu'elle instruira les demandes de dérogation le plus rapidement possible en fonction des dates de marché, et que trois critères seront pris en compte : 
- la vente uniquement de denrées alimentaires
- la présence de producteurs locaux
- l'absence d'autres sources d'approvisionnement à proximité

Pour les dérogations acceptées, il sera demandé à la commune de faire respecter les règles sanitaires : 2 mètres entre chaque étal, un mètre entre deux personnes.

À noter en date du 30 mars 2020 que la Ville de Limoges a sollicité une dérogation d’ouverture de deux marchés supplémentaires auprès du Préfet de la Haute-Vienne, qui l’a acceptée : il s'agit des marchés de la place Marceau chaque samedi de 8h à 13h, et de la place des Bancs chaque jeudi de 8h à 13h qui demeureront ouverts durant la période d’état d’urgence sanitaire. Ces marchés disposent d’un dispositif de lavage et de désinfection des mains. Les mesures sanitaires sont également renforcées par la pose de
barrières.

Consultez la liste réactualisée des marchés autorisés à rester ouverts sur le site de la Préfecture de la Haute-Vienne.

En Creuse

A Dun-le-Palestel, une demande de dérogation a été déposée dès les premières heures ce matin pour maintenir le marché du jeudi. Le maire, Laurent Daulny, estime qu' "il n'y a pas plus de risques de faire ses courses en plein air que dans un supermarché".

A Guéret également, une demande de dérogation a été déposée. Mais le marché n'accueillera que les commerçants habituels, pour éviter une multiplication des stands liée aux fermetures dans le département.

A 16h, la Préfecture de la Creuse faisait savoir qu'elle avait accordé des dérogations pour les marchés de Chénérailles, Boussac, Chambon-sur-Voueize, Champagnat, Jarnages, Genouillac, Le Grand Bourg, Dun-le-Palestel et Châlelus-Malvaleix, valables pour l'instant uniquement pour cette semaine, et que d'autres demandes étaient en cours d'instruction.

Consultez la liste réactualisée des marchés autorisés à rester ouverts sur le site de la Préfecture de la Creuse.
 

Déjà fermés


Dès la semaine dernière, certaines communes avaient déjà fait le choix le fermer leur marché, notamment : 
- en Haute-Vienne : Panazol
- en Creuse : Felletin, Ahun, Bourganeuf
 

"Une catastrophe économique"


Pour Monique Rubin, présidente de la Fédération nationale des marchés de France", l'annonce de la fermeture des marchés en plein air est un véritale "coup de massue". Elle considère que cette décision est "une catastrophe économique pour l'ensemble des commerçants, artisans, propducteurs et agriculteurs".
Pour en limiter les conséquences, le gouvernement enjoint les grandes surfaces à se fournir en priorité chez les producteurs locaux, qui vont avoir besoin d'écouler leur stock.
 

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