Coronavirus : le «ventre» de Limoges fait face !

Des dizaines de commandes passées aux commerçants des Halles Centrales de Limoges, prêtes à être livrées. / © Jérôme Piperaud/France Télévisions
Des dizaines de commandes passées aux commerçants des Halles Centrales de Limoges, prêtes à être livrées. / © Jérôme Piperaud/France Télévisions

Depuis le début du confinement, le 17 mars dernier, les Halles Centrales de Limoges, et bon nombre de commerces alimentaires alentour, se sont organisés pour maintenir leurs activités et continuer leurs services, tout en changeant leurs habitudes.

Par Jérôme Piperaud (avec JMJ)

Halles Centrales de Limoges, samedi 4 avril 2020, 11h45...

Les clients patientent à l'extérieur avant de pouvoir rentrer (le marché est ouvert sous dérogation depuis le 25 mars du mardi au samedi, et sous réserve du respect de plusieurs règles comme celle qui impose qu'il ne peut y avoir, commerçants compris, plus de cent personnes en même temps à l'intérieur), tout en respectant la distanciation sociale requise.

Épidémie de Covid-19 ou pas, le samedi reste la plus grosse journée du «ventre» de Limoges, d'autant plus depuis la réouverture du 16 novembre dernier, après les travaux qui ont remis le marché couvert à neuf.
D'ailleurs ce 4 avril, ce sont près de six cent clients qui auront fréquenté les Halles !

Les Halles s'organisent et évoluent

Pour autant, certains n'osent ou ne peuvent venir. Alors dès les premiers jours du confinement, sous l’impulsion de Sylvie Coudray-Beyrand, la présidente de l’Association des commerçants du quartier des Halles, une organisation s'est mise en place.

Il y avait d'une part une demande de nos clients fidèles, et puis d'autre part, nous, avec les travaux, qui avions tout réinvesti dans nos nouveaux étals. Nous ne pouvions pas abandonner, il fallait limiter la casse en continuant un minimum d’activité.

Très vite donc, en plus de l'ouverture, un système de livraisons s'est organisé.

Le client commande par téléphone, un numéro unique, le 06 50 79 01 82. Si c'est occupé, il laisse un message et on le rappelle.
On veut privilégier les commandes d'un minimum de 40€, avec si possible, une variété de différents produits, fruits, viandes, poissons par exemple, afin que tous nos commerces puissent en profiter.
Ensuite, nous assurons la livraison, gratuite (Sylvie Coudray-Beyrand insiste sur ce point), les après-midi.

Et cela fonctionne très bien, notamment grâce au bouche-à-oreille, ou aux réseaux sociaux, puisque jusqu’à soixante commandes sont livrées chaque jour à des particuliers, sur Limoges et les communes environnantes.
À tel point que la formule a vite atteint ses limites, la logistique été dépassée, et qu'un drive a du être installé !

Si nos clients, notamment les plus jeunes, peuvent venir chercher leurs courses commandées, cela nous aide. Un espace pour les voitures a donc été réservé devant l’entrée des Halles. Nous venons alors avec les courses, l’appareil à Carte Bleue et c’est bon !

Et voilà les Halles qui concurrencent les grandes surfaces…

Avec cette épidémie, cet événement, les habitants apprécient le service de livraisons, la proximité, les produits frais... C’est finalement peut-être une chance pour nous, ou en tout cas, une opportunité à saisir pour faire évoluer les modes de consommations alimentaires. [une commerçante des Halles]

D'autres commerçants du quartier font de même

Parallèlement, et dans le même temps, d'autres commerces alimentaires du quartier, le caviste Vinoble, la boulangerie Chez Renard, la Fabrique du Café, l’Épicerie des Halles, la fromagerie Lachaise et le chocolatier de Neuville, ont fait pareil. « Restez confinés, curieux et gourmands », telle est leur devise ! Et plutôt que d'agir seuls dans leur coin, l'union faisant la force, ils se sont associés.

Un client peut dès lors commander dans chacun des commerces, ou pour une commande groupée, soit par téléphone, soit en allant sur le site Internet, pour là encore, soit venir récupérer sur place et sur rendez-vous, soit pour être livré .
Un « kit apéro » à l’Épicerie, deux ou trois pains bio à la boulangerie, du comté chez le fromager, une bouteille chez le caviste, un sachet de café de la Fabrique, le tout accompagné de chocolats, voilà un panier garni !
Et hop, l’après-midi, Marion Lachaise, la fromagère, enfourche son vélo, ou monte dans sa voiture, et va porter les commandes. Ce vendredi après-midi dernier, il y en avait une vingtaine à livrer.

Ce système, c’est certes quatre fois plus de travail qu'habituellement dans mon magasin, pour un chiffre d'affaire, lui, d'à peine 40%, mais au moins, on continue de travailler. Comme la clientèle ne vient plus à nous, on va à elle !

 Même constat pour Nicolas Marchand, le caviste.

Avec tous ces copains commerçants, on s’est retroussé les manches ! Moi, ça me permet de faire au moins 50% de mes ventes classiques .

Et cela marche de mieux en mieux, du coup maintenant, il faut même compter un délai entre la commande et la livraison ! [Marion Lachaise]


Comme pour leurs collègues des Halles, cette épidémie va sans doute modifier les habitudes de leurs consommateurs. Ce système de livraison pourrait donc perdurer, une fois la crise passée, même si, au final, rien ne remplacera une visite en magasin, pour le contact, le conseil et la rencontre et, parfois aussi, une dégustation de tel ou tel autre produit !
 

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