"Je vous demande de m'accorder le droit de vivre en sécurité en Creuse", écrit Yolande menacée d'expulsion

Visée par une obligation de quitter le territoire français, Yolande, migrante congolaise de 39 ans, fait face au tribunal administratif de Limoges ce jeudi 14 janvier. Elle espère l’annulation de son OQTF pour se reconstruire en Creuse.

L'audience a débuté à 9h30 ce jeudi 14 janvier 2021.
L'audience a débuté à 9h30 ce jeudi 14 janvier 2021. © France Télévisions

"Craignant pour ma vie et ma sécurité, je m’adresse à vous et seulement à vous, de femme à femme pour vous demander de m’accorder le droit de vivre en Creuse". C’est par ces mots que débute la lettre de Yolande, adressée à la préfète de Creuse, Virginie Darpheuille. Venue en France en 2016 pour gagner de l’argent et élever ses enfants, cette infirmière à Kinshasa, accorde sa confiance à la mauvaise personne. Elle est séquestrée et violenté pendant quatre mois. Elle trouve alors refuge en Creuse.

Depuis, elle est hébergée par un couple, devenu sa famille et construit sa vie professionnelle. "Elle a un projet professionnel sérieux, qui tient la route. Elle veut monter une table d’hôte en Creuse", témoigne Karine, membre du collectif de soutien à Yolande, qui réunit aujourd’hui 160 personnes. Formé à la suite de l’envoi d’une OQTF par la préfecture de la Creuse en octobre dernier, le collectif, Yolande et son avocate, ont demandé un recours au tribunal admnistratif de Limoges. Débuté à 9h30 ce jeudi 14 janvier, le délibéré sera connu dans 15 jours.

L'espoir d'une annulation de l'OQTF

"On espère que le magistrat ou la magistrate décidera d’une annulation de l’OQTF et que la préfète elle-même lui accorde de vivre paisiblement en Creuse", souligne Karine.

Je suis une victime, je ne suis pas opportuniste. Je vis simplement ici avec les gens qui m’aiment et que j’aime aussi. J’ai de vrais projets professionnels et je veux travailler.

Yolande

"Je vous demande de cesser les poursuites et de m’accorder le droit de vivre en paix et en sécurité en Creuse", conclue ainsi Yolande dans sa lettre à la préfète.

La délibéré du tribunal administratif sera connu dans 15 jours.

Reportage : En Creuse, l'enfer d'une migrante congolaise tombée dans la prostitution - 7 octobre 2020

En Creuse, l'enfer d'une migrante congolaise tombée dans la prostitution ©France Télévisions

 

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