La vente de muguet donne le sourire aux fleuristes à Limoges

Après le confinement l’année dernière, le traditionnel muguet  a eu du succès ce 1er mai 2021 dans les rues de Limoges. Reportage chez une fleuriste et avec des vendeurs particuliers.

Du muguet produit à Cadaujac en Gironde.
Du muguet produit à Cadaujac en Gironde. © Fabien Cottereau/Maxppp

En ce 1er mai 2021, la vente de muguet, symbole de porte bonheur avait une tonalité particulière.  L’an dernier, en plein confinement de nombreux fleuristes étaient fermés. Certains avaient vendu les clochettes parfumées à la porte des boutiques, après commande.

Cette année, son retour sonne comme un renouveau. Un dispositif  pour encadrer cueillette et commerce a été annoncé par le gouvernement lundi 26 avril. Fleuristes, jardineries et enseignes de grande distribution pouvaient vendre les précieux brins.

A Limoges, chez les fleuristes, les fleurs sont de belle facture et proviennent de producteurs de Loire-Atlantique, de Gironde voire de Berlin. Le choix ne manque pas : en pot, pour le replanter ou en complément d'une composition. 

Vente par les particuliers

Et particularité française, les particuliers peuvent vendre du muguet sur un bout de trottoir. Alors que l'article R644-3 du Code pénal interdit la vente de fleurs sur la voie publique sans autorisation, la vente de muguet constitue une exception à la règle pendant toute la journée du 1er mai. Mais seule la vente de muguet de jardin ou de muguet sauvage est tolérée.

"La concurrence a toujours existé mais il faut une concurrence loyale" indique Patricia Racaud, fleuriste. C'est à dire pas trop proche d'un commerce. 

La famille Morange qui habite dans l'ouest de la Haute-Vienne est venue vendre près de 1200 brins de muguets ce samedi. Elle raconte être allée cueillir les fleurs dans des bois vers Cognac-la-Forêt au début de la semaine dernière. "A midi, tout est parti" précise le père. "La recette, ca sera pour l'été, pour partir en vacances.". 

La tradition de vente et d'achat semble bien ancrée dans le rituel des français. 

Selon la fédération des artisans fleuristes (FFAF), le premier-mai constitue la quatrième journée de l'année en termes de ventes pour les fleuristes, derrière la fête des mères, Noël et la Saint-Valentin.

 

 

   

Mais pourquoi du muguet en France ?

La tradition remonterait au XVIe siècle, à la Renaissance : le 1er mai, il était d’usage, dans les campagnes, d’offrir un branchage pour chasser la malédiction de l’hiver. En 1560, le jeune roi Charles IX visita la Drôme où on lui offrit un brin de muguet. L’année suivante il en offrit aux dames de la Cour en guise de porte-bonheur. 

Le muguet a gagné en popularité au fil des siècles, très présent dans les défilés de mode et les parfums. Ainsi, le 1er mai 1900, lors d’une fête organisée par les grands couturiers parisiens, clientes et employées reçoivent un brin de muguet. L’année suivante, les petites mains fleurissent les clientes et le muguet gagne en popularité.

La fleur ne deviendra que très tardivement le symbole de la fête du Travail sous le gouvernement de Vichy. Le 24 avril 1941, le maréchal Pétain imposera le 1er mai comme «la Fête du Travail et de la Concorde sociale». Exit l'églantine rouge, associée à la gauche et emblème de la journée internationale des travailleurs. Désormais, les Français fêteront le muguet.

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