"Une fois de plus, on décide de cliver le public et le privé" : les raisons de la colère des cliniques

Un important mouvement de protestation monte dans les cliniques et les hôpitaux privés français, qui menacent de fermer leurs portes à partir du 3 juin. Ils comptent dénoncer une différence de traitement avec les établissements publics dans les choix budgétaires du gouvernement.

C'est peu dire qu'ils sont en colère. À l'initiative de la Fédération de l'hospitalisation privée, les cliniques et hôpitaux privés se mettront en grève à partir du 3 juin.

Le gouvernement a accordé aux hôpitaux une rallonge budgétaire en 2024 de trois milliards d'euros. Ce qui coince, c'est que cette enveloppe est presque exclusivement consacrée aux hôpitaux publics qui voient leurs tarifs augmenter de 4,3 %, contre 0,3% pour les établissements privés.

Des cliniques qui tirent la langue

En Limousin, l'inquiétude domine, car ces établissements font face à une importante augmentation de leurs charges. Comme la clinique des Cèdres à Brive, qui a connu l'année dernière un important déficit. Les soins se font aujourd'hui à perte, selon la directrice. "Les groupes, ça nous permet de nous maintenir à flot, c'est clair," concède Isabelle Bielli-Nadeau. Pour elle, le statut privé ne peut pas justifier cette différence de traitement.

Le ministre délégué à la Santé, Frédéric Valletoux, justifie cet écart par le dynamisme des cliniques et leur volume d'activité qui augmente. Côté soignant, on regrette la création d'un nouveau conflit entre les acteurs de la santé. "Au lieu de mettre le paquet sur l'hospitalisation globale, on décide de cliver le public et le privé, une fois de plus," soutient le Dr David Péan, le président de la commission médicale de l'établissement.

On a envoyé des personnels faire fonctionner les réas [services de réanimation, NDLR] d'Henri-Mondor [à Créteil, NDLR] au pire moment de la crise Covid, on a envoyé des personnels à l'hôpital de Brive pour que la réa ne ferme pas, en Martinique, en Guadeloupe... Je pense que je ne le referai plus.

Isabelle Bielli-Nadeau

directrice de la clinique des Cèdres de Brive

"En 2023, il y a eu quand même 23 000 passages dans nos locaux. Je pense que c'est très utile," confie le Dr. Étienne Cappelle, médecin à la maison d'aide au diagnostic, qui prend en charge des patients non programmés, comme un service d’urgence. 15 000 hospitalisations par an, 35% de la chirurgie en Corrèze... la clinique s'est fait sa place dans le département et compte bien défendre son activité après les annonces du gouvernement.

Sur le site de Chénieux à Limoges, le budget est à l'équilibre, mais il subsiste des craintes pour l'avenir et les salaires. Ces deux cliniques participeront au mouvement du 3 juin, dont le mode de mobilisation reste encore flou. Les établissements devront respecter une fermeture totale.

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Un important mouvement de protestation monte dans les cliniques et les hopitaux privés français, qui menacent de fermer leurs portes à partir du 3 juin. Ils comptent dénoncer une différence de traitement avec les établissements publics dans les choix budgétaire du gouvernement. ©Reportage : François Clapeau et Valérie Agut. Montage : Elsa Bouyeron.

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