Village martyr d'Oradour-sur-Glane : une souscription lancée pour sauver l'intégralité des ruines

La Fondation du patrimoine a lancé un appel aux dons pour sauver le village martyr d'Oradour-Sur-Glane, et on connaît désormais la doctrine de conservation de l'État : l'intégralité des ruines sera préservée.

Les belles histoires du dimanche
Découvrez des récits inspirants de solidarité et d'altruisme, et partez à la rencontre de la générosité. Émotions garanties chaque dimanche !
France Télévisions utilise votre adresse e-mail afin de vous envoyer la newsletter "Les belles histoires du dimanche". Vous pouvez vous désinscrire à tout moment via le lien en bas de cette newsletter. Notre politique de confidentialité

L'an passé, d'importants travaux de consolidation ont été entrepris sur l'église du village martyr d'Oradour-Sur-Glane. 500 000 euros ont été investis par l'État, en plus du budget annuel de 300 000 € pour l'entretien courant des ruines.

L'objectif de la fondation du patrimoine est de récolter 2 millions d'euros supplémentaires. C'est un premier seuil, car selon Benoît Sadry, président de l'association nationale des familles de martyrs, "il y a 10 hectares de ruines à rénover, et les travaux de l'église coûtent à eux seuls un demi-million d'euros."

En faisant un don, vous recevrez un reçu fiscal qui vous permettra de déduire 66 % de la somme versée de votre impôt sur le revenu. Vous participerez ainsi à la conservation d'un site qui est cher au cœur de tous les limousins, et bien au-delà.

Urgence absolue

Le village martyr d'Oradour-Sur-Glane a été déclaré monument historique à la demande du Général de Gaulle, par une loi du 10 mai 1946. C'est ici que 643 martyrs, dont 246 femmes et 207 enfants, ont péri le 10 juin 1944, victimes de la barbarie nazie. 

Selon Benoît Sadry, "toutes les façades qui entourent la voiture, sur le champ de foire, vont tomber si l'on n'intervient pas dans les 10 ou 15 mois. Nous avons dû récemment effectuer des travaux autour de la grange Laudy (NDLR : où ont été fusillés des hommes), sans quoi on aurait plus compris le parcours des victimes"

Le ministère de la Culture a fini par entendre les appels au secours de l'association des familles des martyrs. Des réunions sont prévues dès ce mois de juillet pour envisager de nouveaux travaux.

Le rapport "secret" officiellement présenté

Lundi 13 mars 2023, Benoît Sadry et Philippe Lacroix, maire d'Oradour-Sur-Glane, se sont rendus à l'Élysée pour y rencontrer trois conseillers du président de la République. Au menu des discussions, un rapport du ministère de la Culture sur l'état dans lequel se trouvent les ruines. 

À Oradour, ils sont nombreux à avoir participé à l'élaboration de ce rapport sans en connaître les conclusions finales. Benoît Sadry nous indiquait le 15 mars 2023 : " on n'a plus aucune nouvelle. On sait qu’il passe de mains en mains au ministère. Et à plusieurs reprises, on nous a demandé s’il serait acceptable de conserver juste le parcours principal de la visite, et pas trop le reste".

Une idée totalement inaudible pour les familles de martyrs. 

Ce rapport dit "secret" a fini par être présenté par le directeur général du patrimoine, le 10 mai 2023, aux acteurs locaux en Haute-Vienne.

L'État conservera finalement l'intégralité du site de 10 hectares, avec des degrés de protection différents selon les lieux. 

Benoît Sadry, président de l'association des familles de martyrs d'Oradour-Sur-Glane

Le village martyr d'Oradour a beaucoup changé depuis le 11 juin 1944 : "il ne faut pas mentir aux visiteurs, mais au contraire leur dire toute la vérité sur ce symbole". On expliquera donc aux 300 000 visiteurs annuels comment les ruines ont évolué et comment on fait pour les conserver. Cet aspect dit de "médiation" est complètement nouveau.

Pascal Plas, historien spécialiste de la seconde guerre mondiale à l'université de Limoges, est très favorable à une telle médiation : "ça se fait un peu partout en Europe. Si l'on veut donner du sens à Oradour, il faut expliquer le lieu, le drame, et ce qui a changé depuis". 

Le rapport du ministère met aussi en avant des choix techniques de conservations improbables dans les ruines ces dernières années. Une structure en béton a par exemple été posée dans la poste du village pour maintenir le bâtiment. On évitera désormais de tels travaux, qui dénaturent les ruines.