L214 réclame le contrôle de tous les élevages reproducteurs de canards après l'affaire de Lichos

Les autorités ont mis en demeure vendredi soir l'exploitant de Lichos de suspendre toutes ses activités sur 3 sites, dans les Pyrénées-Atlantiques et dans les Landes. Après la diffusion de la vidéo montrant les conditions de vie excécrables des canards. L214 approuve mais veut aller plus loin.

L214 a photographié ces canards morts dans l'élevage de Lichos, il y a quelques jours (août 2020)
L214 a photographié ces canards morts dans l'élevage de Lichos, il y a quelques jours (août 2020) © L214
"Nous sommes satisfaits mais ils auraient pu réagir dès mercredi quand ils ont fait les premières constatations" regrette Sébastien Arsac, le directeur des enquêtes et co-fondateur de l'association L214.
 

Trois sites fermés après enquête des services vétérinaires

Jeudi dernier, la préfecture des Pyrénées-Atlantiques mettait en demeure un éleveur de Lichos d'évacuer les canards d'un batiment insalubre pour les mettre à l’abri dans un autre batiment. Et prononçait "l’interdiction totale et immédiate d’exploiter ce bâtiment jusqu’à sa remise aux normes".

Vendredi soir, "après la poursuite des investigations" et suite au rapport d'enquête des inspecteurs sanitaires, c'est finalement l'ensemble du site de Lichos que le préfet a décidé de fermer, comme le réclamait L214. Les canards ont été "pris en charge par les services vétérinaires compétents" précise la préfecture sans donner plus de précision sur le sort des quelques centaines de canes reproductrices présentes dans l'élevage.

Deux autres sites, appartenant au même éleveur et situés dans le département voisin des Landes, ont également été inspectés. L'un était non déclaré. La préfecture ne précise pas s'il était en activité. L'autre était à l'abandon et son état fait "peser des risques sanitaires et pour l'environnement" selon les autorités. Leur fermeture administrative immédiate a été prononcée. Et des suites judiciaires ne sont pas exclues. "Ce n'est pas normal que ces atrocités n'aient pas été détectées plus tôt alors qu'une inspection avait été menée en septembre 2019" dénonce Sébastien Arsac. Cette visite, menée lors d'un épisode d'influenza aviaire n'avait rien révélé affirme la préfecture. Or, selon L214, leur lanceur d'alerte leur avait fait part de maltraitances dès janvier 2019. "Il nous avait décrit une situation similaire à ce qu'on a filmé il y a quelques jours, avec des cadavres de canards pas ramassés, des asticots, des rats, du lisier sur le sol..."
   

Un audit sur l'ensemble des élevages

Pour L214, il est aujourd'hui urgent de mener des contrôles dans l'ensemble des élevages reproducteurs. "Quand le ministre affirme que ce cas de Lichos n'est pas représentatif de l'élevage français, on n'en sait rien! même si on imagine bien qu'ils ne sont pas tous dans cet état...".

Selon l'association, il n'y aurait qu'une vingtaine d'élevages reproducteurs en France. "Ce n'est pas un travail impossible à effectuer". 

L214 a déposé plainte pour cruauté, délit d'abandon et atteinte à l'environnement. Elle va confier les originaux des vidéos aux enquêteurs de la gendarmerie qui vont vérifier qu'il ne s'agit pas d'un montage. "Nous avons les preuves de date, de lieu, nous filmons en continu, ce n'est pas un montage" affirme Sébastien Arsac.



     
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
pays basque agriculture économie