VIDÉO. Le Landais Yon Lamothe devient officiellement torero à la première corrida des fêtes de la Madeleine à Mont-de Marsan

Originaire de Tartas (40), Yon Lamothe a pris son alternative, ce passage du statut de "novillero" à celui de "matador de toros". Il va désormais affronter des bêtes de quatre à cinq ans, plus âgées et plus grosses que celles toréées jusqu'ici.

C'est un "moment sacré" pour ce défenseur de traditions locales fustigées par les mouvements anti-taurins : le Landais Yon Lamothe est devenu officiellement torero mercredi lors de la première corrida des fêtes de la Madeleine (19-23 juillet) à Mont-de Marsan (40) où il s'est distingué.

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Le Landais Yon Lamothe devient officiellement torero à la première corrida des fêtes de la Madeleine à Mont-de Marsan ©Maria Laforcade et Alexis Dumoulin - France Télévisions

Comme seulement quelque 70 Français avant lui en un siècle et demi, le jeune de Tartas a pris son alternative, ce passage du statut de "novillero" à celui de "matador de toros", affrontant désormais des bêtes de quatre à cinq ans, plus âgées et plus grosses que celles toréées jusqu'ici.

Aux arènes de Plumaçon de Mont-de-Marsan, la ville où il est né et où il a passé ses années lycée, Yon Lamothe a reçu en fin de journée l'accolade en piste de son parrain, le Péruvien Andrés Roca Rey, un des patrons de la tauromachie actuelle. Dans cette cérémonie immuable, le plus ancien a offert à l'impétrant son épée, sa muleta (tissu rouge) et son premier taureau qui fut assez faible.

Personne ne m'enlèvera jamais les émotions que j'ai vécues ici aujourd'hui !

Yon Lamothe

Matador de toros

Mais devant le dernier animal de l'élevage espagnol Garcigrande, Lamothe a enchaîné en soirée les jolies passes, s'offrant le tout premier trophée (une oreille du taureau) de sa nouvelle carrière : "Personne ne m'enlèvera jamais les émotions que j'ai vécues ici aujourd'hui !", a-t-il réagi dans la foulée, se disant "heureux après toute cette pression".

"Mordu" vers 11 ans

Une belle performance devant Roca Rey, "quelqu'un que j'admire et un exemple à suivre", avait déclaré à l'AFP le Landais qui a fini sa préparation entre Le Plumaçon et Madrid où il vit désormais.

Né dans une famille d'aficionados — son grand-père maternel fut mandataire des spectacles taurins de Bayonne —, il commence à "être mordu" vers 11 ans, en voyant des corridas avec ses parents à Bayonne et à Mont-de-Marsan où son grand-père paternel invitait chaque jour de la Madeleine un de ses petits-enfants.  

Il finit par intégrer, à 13 ans, l'école taurine Adour Aficion à Cauna (Landes).    

En 2019 à Soustons, cet ex-joueur de rugby est pourtant à deux doigts de tout plaquer après avoir été mis K.-O. par un taureau.

"Mais quelque chose te rattrape... confie-t-il. Sentir la bête me frôler avec toute sa force, me fait me sentir vivant. J'aime jouer avec cette limite et faire passer ces émotions démultipliées, propres à la rencontre entre l'homme et le taureau."

Désigné meilleur "novillero" de la saison 2021 dans le Sud-Ouest, le jeune de 22 ans est bien conscient qu'il lui reste "encore un long chemin pour arriver à maturité". "Le plus dur est à venir après l'alternative", ajoute-t-il. 

Longtemps, sans sang espagnol dans les veines, on ne pouvait pas être digne d'être torero. Aujourd'hui, les jeunes Français dans les écoles taurines bénéficient d'un terrain favorable.

André Viard

Ex-matador et président de l'Observatoire national des cultures taurines (ONCT)

"Conquérir Madrid"

Des contrats ont déjà été signés dans les arènes de Villeneuve-de-Marsan (8 août) et Mimizan (19 août). Avec l'espoir de réussir à s'ouvrir des portes espagnoles et un jour "conquérir Madrid, cette arène qui te donne tout dans ce monde-là", rêve-t-il, aspirant à suivre les pas du Biterrois Sébastien Castella.

"Longtemps, sans sang espagnol dans les veines, on ne pouvait pas être digne d'être torero, c'était le postulat de base d'aficionados qui n'avaient rien compris au sujet ! Aujourd'hui, les jeunes Français dans les écoles taurines bénéficient d'un terrain favorable avec une concurrence moins féroce qu'en Espagne pour obtenir des contrats ici", souligne André Viard, ex-matador et président de l'Observatoire national des cultures taurines (ONCT).

Au-delà de ses performances, Yon Lamothe se félicite aussi que "beaucoup de jeunes s'intéressent à nouveau à la tauromachie", avec des réservations en hausse dans la plupart des arènes cette année, selon l'ONCT.

"Malgré eux, les anti-taurins et la proposition de loi d'Aymeric Caron avortée à l'Assemblée nationale cet automne nous ont fait du bien, dit-il. Il y a un engouement, car beaucoup ont compris qu'on n'était pas des gens bizarres restés à une autre époque et qu'ils n'attaquaient pas là que la tauromachie, mais une manière de vivre et de penser."

En novembre, le député LFI de Paris Aymeric Caron avait retiré son texte visant à interdire la corrida en dénonçant des centaines d'amendements d'obstruction.

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