Limousin : les routes en bon état sont les plus dangereuses

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La Ligue contre la violence routière révèle, dans une étude sur les routes accidentogènes en France, que la vitesse est la principale cause de la mortalité au volant, et non pas l’état de la chaussée.

Par Audrey Paillasse

Visibilité, chaussée entretenue et marquage sans défaut ne riment pas avec sécurité. C’est ce que nous apprend la dernière étude de La Ligue contre la violence routière, publiée hier en pleine polémique sur l’abaissement de la vitesse de 90 à 80kms/h sur les voies à double-sens sans séparateur central, hors agglomération et réseau autoroutier.

Les analystes se sont appuyés sur les données de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR) pour identifier les routes accidentogènes de chaque département, les représenter sur une carte, et calculer le pourcentage qu’elles représentent par rapport à l’ensemble du réseau concerné sur le département.

Le constat est sans appel : en France, seules 15% des routes à double-sens sans séparateur central regroupent 50% des tués. Les voies concernées sont en bon état, très fréquentées, généralement aux abords des villes.

24 routes accidentogènes en Limousin

En Limousin aussi, ce sont les voies où le trafic est le plus dense qui comptabilisent le plus grand nombre de tués. Leur proportion est faible : 11% de la longueur totale des routes en Creuse et en Haute-Vienne, et moins de 7% pour la Corrèze.


En Creuse

Dans le détail, 8 routes en Creuse concentrent 50% des tués. Entre 2006 et 2015, six personnes ont par exemple trouvé la mort sur la départementale 942 entre Guéret et Aubusson, et six autres sur la 941, qui relie Aubusson, Pontarion et Bourganeuf.
 
CREUSE - Analyse de la mortalité sur les voies hors agglomération et hors réseau autoroutier pendant 10 années (2006/2015) / © Ligue contre la violence routière
CREUSE - Analyse de la mortalité sur les voies hors agglomération et hors réseau autoroutier pendant 10 années (2006/2015) / © Ligue contre la violence routière


En Haute-Vienne

Ce sont 9 routes hors agglomération et réseau autoroutier qui concentrent 49% des tués, avec un maximum de 21 tués sur la nationale 147, entre Limoges et Bellac.

HAUTE-VIENNE. Analyse de la mortalité sur les voies hors agglomération et hors réseau autoroutier pendant 10 années (2006/2015) / © Ligue contre la violence routière
HAUTE-VIENNE. Analyse de la mortalité sur les voies hors agglomération et hors réseau autoroutier pendant 10 années (2006/2015) / © Ligue contre la violence routière

En Corrèze

Seulement 6 voies concentrent la moitié des accidents mortels. On comptabilise 21 morts en dix ans sur la départementale 1089, qui longe l’autoroute A89, et 20 pour l’axe central D1120.

CORREZE. Analyse de la mortalité sur les voies hors agglomération et hors réseau autoroutier pendant 10 années (2006/2015) / © Ligue contre la violence routière
CORREZE. Analyse de la mortalité sur les voies hors agglomération et hors réseau autoroutier pendant 10 années (2006/2015) / © Ligue contre la violence routière

La limitation à 80kms/h au cœur des débats

Pour la Ligue contre la violence routière, ces résultats prouvent que la vitesse est en cause dans la mortalité sur les routes en France, et non pas l’état de la chaussée, comme cela avait été dénoncé par plusieurs élus. Les voies identifiées sont en effet de qualité, et empruntées très régulièrement. Une manière de répondre aux détracteurs de la réforme gouvernementale, qui voient en l’abaissement de la vitesse à 80kms/h une mesure injustifiée, et donc inutile. Selon un récent sondage, 71% des Français se disent opposés à la nouvelle règlementation, qui doit entrer en vigueur le 1er juillet prochain.

En Limousin comme dans la plupart des autres régions, la réforme ne passe toujours pas. Fin mai, le Président du Conseil départemental de la Corrèze, Pascal Coste, avait une nouvelle fois exprimé son vif désaccord avec le gouvernement en refusant de déjeuner avec Emmanuel Barbe, le Délégué interministériel à la sécurité routière, venu défendre la mesure. Pascal Coste continue d’affirmer que l’Elysée ne tient pas compte des spécificités liées aux territoires ruraux, et que la décision a été prise unilatéralement depuis Paris, sans consultation des élus locaux.


 

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