Lot-et-Garonne : quel sera le montant des aides accordées aux agriculteurs par le département après le gel ?

Le département du Lot-et-Garonne, lors de sa session budgétaire a entériné le principe d’une aide directe aux agriculteurs touchés par le gel. Dès qu’un bilan chiffré sera fait, le département votera une enveloppe exceptionnelle en soutien aux viticulteurs et aux arboriculteurs.

Une enveloppe exceptionnelle a été votée le vendredi 16 avril par le conseil départemental du Lot-et-Garonne pour venir en aide aux agriculteurs touchés par les épisodes de gel.
Une enveloppe exceptionnelle a été votée le vendredi 16 avril par le conseil départemental du Lot-et-Garonne pour venir en aide aux agriculteurs touchés par les épisodes de gel. © Jose Sousa - France 3 Aquitaine

Dans le nord du département, les épisodes de gel début avril ont été particulièrement marqués.

Serges Serres est arboriculteur bio à Monségur. Son exploitation compte 180 hectares de pommiers, 14 hectares de pruniers et 24 hectares de vigne. 

Ce matin avec les élus et les services de l’Etat, il a fait le tour de son exploitation. L’état des lieux est catastrophique.
Les pruniers sont touchés à 90 %, les pommiers à 70 % et la vigne à 50 %. Une perte sèche évaluée à 1,4 millions d’euros. Serge Serres ne s’en sortira pas seul.
 

J’espère que l’Etat va penser à l’arboriculture. Pour l’instant j’ai l’impression qu’il pense surtout à la viticulture. Il faut que les aides arrivent vite et qu'elles soient importantes

Serge Serres, arboriculteur

D’autant que 60 à 70 % des frais ont d'ores et déjà été engagés sur la nouvelle récolte.
"Les coopératives, Groupama, le Crédit Agricole, on les fait vivre, je veux que ces gens-là pensent aussi à nous" réclame l’arboriculteur.

L’exploitation emploie 20 ouvriers à l’année et jusqu’à 100 en été. Il y aura du travail. 

Dans quelles proportions ? Difficile à dire. Quel statut pour les saisonniers qui continuent d’arriver en Lot-et-Garonne ? Pourront-ils bénéficier du chômage partiel ? Autant de questions sans réponse pour l’instant.

Pour un agriculteur, il est impossible de s’assurer contre le gel. Les températures sont descendues à -4, -5 degrés. Les quelques ballots de paille allumés n’ont pas permis de sauver grand chose.
 

Mon père, qui a 90 ans, n’avait pas vu ça depuis 1977 


150 à 200 millions de pertes

L’agriculture, c’est 800 M€ de chiffre d’affaires par an pour le Lot-et-Garonne. Les pertes dues au gel sont évaluées entre 20 et 25 % soit l’équivalent de 150 à 200 M€.
 

«Ce qu’attentent les agriculteurs, ce sont les aides de l’Etat pour compenser les 150 à 200 millions de pertes. Le milliard d’euros promis par Castex ce n'est pas assez. C’est 2 à 3 milliards !

Raymond Girardi, vice-président du conseil départemental de Lot-et-Garonne en charge de l'agriculture



Dans un courrier du 19 avril, adressé à Sophie Borderie, la présidente du département, Serge Bousquet Cassagne, le président de la chambre d’agriculture du Lot-et-Garonne, dit regretter  "que vous n’ayez pas pris la mesure de la détresse de nos arboriculteurs et viticulteurs".

Pour les arboriculteurs, les pertes s'élèvent souvent à plus de 80% de leur production
Pour les arboriculteurs, les pertes s'élèvent souvent à plus de 80% de leur production © José Sousa - France 3 Aquitaine


Serge Bousquet Cassagne estime peut-être que l’enveloppe, qui n’est pas encore votée (sans doute de l’ordre de 2 à 300 000 euros) est d'ores et déjà insuffisante.

"Que le président de la chambre d’agriculture soit rassuré, le département a pris la mesure de la situation. On ne peut pas lui faire de procès d’intention" rétorque Raymond Girardi.

Le département, via la compétence social, versera une aide directe aux agriculteurs touchés par le gel une fois l’état des lieux effectué dans chaque exploitation.

Cellule de crise à la préfecture


La préfecture du Lot-et-Garonne a mis en place une cellule de crise, là aussi sur les conseils du président de la chambre d’agriculture,  afin de coordonner les aides de l’Etat.

« Une première réunion va avoir lieu rapidement. Dès que la DDT (Direction Départementale des Territoires) aura fait un premier travail de recensement, des dégâts » confirme Morgan Tanguy, le secrétaire général de la préfecture.

Le département se dit plutôt favorable à une indemnité de l’Etat à l’hectare en fonction du pourcentage de perte. 

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